‹ Le massif du Mont BlancChapitre 11 sur 79 · Mode de glissement des neiges · texte numérisé non relu

Mode de glissement des neiges

un abaissement du point I en F. Cet abaissement, résultat de la poussée qui s'est exercée de a en h, ne peut se faire qu'en gerçant toute la surface ID, ainsi qu'on le voit en K, L, M, N, 0, etc., avec renversement des faces externes, ce qui, à chaque crevasse, produit un dénivellement, une faille. Dès lors les aspérités I, K, L, M, etc., sont autant de causes nouvelles d'amoncellement des neiges par le trouble que ces dénivellements apportent dans la direction du courant d'air chargé de cristaux glacés ; de telle

(1) On donne à ces failles des névés le nom de rimayés, quand elles se présentent le long des escarpements.

sorte (voir en P) qu'il se forme des amas en g, lesquels chargent les parallélipipèdes du côté d'amont, tendent à les faire basculer, à leur faire faire quartier (comme disent les carriers) et à amener leurs diagonales parallèlement au plan d'assiette ; d'oii une action de poussée d'autant plus active, qui se traduit par des plis, des dénivellements, des boursouflures dans les parties inférieures. Nous avons eu l'occasion d'observer ce phénomène sur les champs de neige presque plats, au mont Rose et notamment au Weissthor (1).

Ainsi, en basculant, en produisant des soulèvements résultats d'une poussée, les neiges arrêtent d'autant mieux les cristaux de glace chassés par le vent, et en se déposant sur un plan suivant une épaisseur inégale, en raison des obstacles, ceux-ci provoquent encore le mouvement de bascule des masses disjointes et par suite leur action de poussée. Peut-être y a-t-il contraction d'une part et dilatation d'autre part, aussi bien sur les champs de neige que sur les névés proprement dits.

Si par exemple les névés se sont accumulés dans un cirque, ils présentent une section plus épaisse au milieu que sur les bords, par conséquent, une pression beaucoup plus forte vers ce centre et une action de tirage sur les bords qui se traduit par ces rimayes que l'on observe toujours à la jonction des névés avec les roches des cirques ou des ouïes.

Il ne faut pas oublier cependant un point important. Les roches sur lesquelles sont assis les névés sont gelées à la surface, et ces névés paraissent y adhérer fortement. L'action de poussée rencontre donc, de ce fait, une résistance puissante; aussi, même sur des pentes assez abruptes, voit-on parfois des plaques de neige qui semblent immobiles et ne se pas prêter au mouvement, si par exemple elles sont solidement arc-boutées par une contre-pente. Alors, il se produit un phénomène de même ordre que le précédent, mais qui, quoique étant circonscrit, n'en a pas moins pour

(1) Au point dit : le Passage, on suit pendant près d'une demi-heure une arête A bordée d'une grande rimaye F. De cette arête, on distingue les marches séparées par des crevasses, que les parallélipipèdes du névé ont fait en basculant. On peut observer le même phénomène au mont Maudit du Mont Blanc, au dôme du Goûté.

conséquence la marche des neiges supérieures par voie d'éboulement

Sur le flanc gauche du col du Weissthor, en regardant du côté suisse, s'élève une rampe rocheuse qui donne le profil suivant,

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