Écoulement de torrents
lement de pierres en g sur la digue, souvent un deuxième réservoir A, résultant de la chute que produit cette digue, avec amoncellement secondaire de cailloux i. Le torrent trouve alors un repos, un élargissement entre les parois / L, m L. Il amoncelle les cailloux n au centre de cet élargissement, se divise habituellement
(1) La craie pure conserve encore cette structure.
en deux bras au cours relativement tranquille, puis il retrouve en L une chute, et ainsi, dans la longueur de son cours. Ce fait peut s'observer dans un grand nombre de vallons étroits parcourus par des torrents.
Nous citerons, entre autres, les cascades au-dessus de Yal- Tornanche qui coulent sur des schistes verts et des serpentines et qui montrent aussi, creusées dans cette dernière roche, ces Marmites de Géants dont il a été question plus haut.
Les Pyrénées présentent, à cause de la nature des soulèvements, un très-grand nombre de ces torrents à étranglements suivis de repos. Le phénomène peut s'observer en petit, dans les craies. Des ruisseaux, qui débitent deux ou trois centimètres d'eau en temps ordinaire, se comportent exactement comme ces puissants torrents des hautes vallées, figure 82 (1).
Maintenant, il s'agit de prendre le torrent à son lit de déjection, et de voir comment il se comporte dans les larges vallées qu'il a remblayées et nivelées.
(1) Craies des falaises de Dieppe,
Les torrents et les lacs des vallées.
Les grandes débâcles de l'époque glaciaire entraînaient dans les vallées, dont les glaces avaient déjà érosé les bords, rompu les barrières sur beaucoup de points, les énormes débris morainiques.
Ces torrents fangeux, visqueux, roulant du sable et des cailloux de toutes grosseurs, trouvant un obstacle, une digue, — car il s'en fallait de beaucoup que les glaces eussent régularisé les thalwegs, — ralentis par cet obstacle, déposaient les matériaux les plus lourds dans les creux, s'épuraient jusqu'à un certain point, et, trouvant ou se faisant une issue, descendaient plus bas, oii ils rencontraient encore des débris morainiques laissés par les étapes de retrait des glaciers, débris qu'ils détrempaient, entraînaient dans leur course, déposaient encore, et ainsi, jusqu'aux grands réservoirs de recueillement ou jusqu'aux vallées les plus basses.
Si l'on jette les yeux sur les figures 31, 32, 33, on voit que les fonds des vallées, ou, pour parler plus correctement, des dépressions destinées à former les vallées, présentaient, en bien des cas, des ressauts, des reliefs transversaux sur les pentes desquels étaient restées des moraines frontales laissées par des glaciers qui descendaient ces vallées. Ces reliefs transversaux n'avaient pas été supprimés par les glaces, qui, pour passer, n'avaient pas à les détruire et s'étaient contentées de les polir, d'arrondir leurs arêtes et de remplir de débris les anfractuosités. Les débâcles, conséquence du retrait des glaciers, remplissaient d'eau boueuse
ces intervalles, formaient des lacs temporaires qui se comblaient rapidement par l'apport des cailloux et présentaient alors un palier. Le torrent coulait en nappe sur ce palier dont il augmentait
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