Mùller, Prolégomènes, trad. franc., p
par une réaction réciproque. » Cuvier fait l'application de cette définition à l'organisation des animaux carnivores : « Si les intestins d'un animal, dit-il, sont organisés de manière à digérer de la chair et de la chair récente, il faut aussi que ses mâchoires soient construites pour dévorer une proie ; ses griffes pour la saisir et la déchirer; ses dents pour la couper et la diviser; le système entier de ses organes de mouvement pour la poursuivre et pour l'atteindre, ses organes des sens pour l'apercevoir de loin; il faut même que la nature ait placé dans son cerveau l'instinct nécessaire pour savoir se cacher et tendre des pièges à ses victimes. Telles seraient les conditions générales du régime Carnivore ; tout animal destiné pour ce régime les réunira infailliblement : car sa race n'aurait pu subsister sans elles (1). » C'est cette loi que l'on a appelée la loi des corrélations organiques, loi exclusivement propre aux êtres organisés.
Ce premier caractère de l'être vivant est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'y insister ; on le comprendra mieux d'ailleurs en examinant les difficultés qu'il peut soulever. Il y en a deux principales. La première, c'est que dans certains cas les êtres inorganiques euxmêmes paraissent présenter un caractère semblable â celui que nous venons de signaler, et former des ensembles harmonieux , dans lesquels il y a corrélation des parties à la forme générale du tout. C'est ce qui a lieu dans les cristallisations lorsqu'un corps passe de l'état