CHAPITRE I
Des sciences positives dans leur rapport avec la métaphysique. — L'école expérimentale et l'école positiviste comparées.
Quand on parle des sciences positives* et de ceux qui les cultivent, il faut bien se garder de confondre l'école expérimentale avec le positivisme. Il y a quelque chose de commun
1. J'entends par science positive l'étude expérimentale de la nature, et -^av métaphysique, la science rationnelle des picmiers principes et des premières causes, laquelle n'est pas positive et ne peut pas l'être, au sens propre du mot, n'étant pas susceptible de vérifications expérimentales.
entre ces deux écoles, comme nous le montrerons aisément; mais par beaucoup de traits essentiels elles diffèrent. C'est ce que je voudrais établir par quelques exemples analysés avec précision. La conséquence de cette distinction n'est pas médiocre. Il s'agit du sort même et de l'avenir de la métaphysique; il s'agit de savoir si elle peut vivre, si elle doit vivre, dans une paix honorable, dans une indépendance respectée, sous la condition de ménagements réciproques, à côté des sciences de la nature, ou si elle doit être définitivement supprimée par elles.
Nous n'aurons garde de refaire ici incidemment l'exposition ou la critique du positivisme. Il a été dans ces derniers temps l'objet de travaux si nombreux que nous nous croyons dispensé de revenir avec détails sur les principes, l'origine et le développement organique de cette école. Tout récemment encore, à l'occasion d'un livre de M. Stuart MilP, un savant distingué qui a