I II II II
FiG. 5. — Tracé de G. hypnotisée et anesthésiée. — A. Émotion gj
B. Elle dit : Ah !
Il I
« Ah ? » simplement (fig. 5, B), et le rythme respi toire continue sans présenter la moindre modificalio Ln moment après, je lui dis brusquement: « Tamè vient de mourir. » Il y a quelques ondulations dans tracé qui est actuellement ascendant (fig. 6, A
Fkj. 0. — Suite du tracé précédent. — A. Émotion triste.
J'insiste : « Oui, bon », nie dit-elle d'un ton absolumer" indifférent, et sa respiration reprend son rythme ans calme qu'auparavant.
Ramenée à son état de sensibilité, je lui demande elle n'a rien éprouvé du tout à l'annonce de la mort sa mère, a Non, me répond-olle, je ne l'aimais plus. D. Alors, quand je t'enlève ta sensibilité, tu n'ailï*-^-^^ plus personne? — R. Non, pas même moi, puisque J * ne sens plus rion. »
EFFETS MOHALIX DE L'ANESTHÈSIE i7S
J'ai voulu faire la contre-épreuve en lui procurant les mômes idées dans son ét:it d'insensibilité et de sensibilité. Le résultat a élé des plus ncis.
Étant anesthésiée complètement, je lui demande : « Aimes-tu bien M. X... (c'est son amant) ? — R. Je ne sais pas. — D. Lui, ne l'aime plus, est-ce que cela te fait quelque chose? — fî. Non. — O. Je croyais qne tu tenais à lui. Ça ne te fait rien '! — li. Non, ça m'est égal. — D. C'est pour t'éprouver, je sais qu'il t'adore. Ça te fait plaisir? — R. Non, ça me flatte. »
Je rappelle alors sa sensibilité périphérique el viscérale, et, pour comparer, je repose les mômes questions : t( D. X... ne t'aime plus, tu sais. Ça t'est égal?. — R. Oh ! non, ça me fait de la peine, hnaucoup (en même temps grandes oscillations du tracé avec irrégularités). — D. Non, je te taquine. Il t'aime bien au contraire ; es-tu contente? — R. Oh ! oui, rien ne peut me faire plus de plaisir (la respiration s'accélère), n
J'ai enfin examiné ce que M... éprouverait si, après l'avoir anesthésiéc, je la réveillais. J'ai déjà dit quels sont les phénomènes somatiques qu'elle présentait. Quoique l'insensibilité soit moins complète que pendant l'hypnose, puisque la vue entre en jeu d'une part, et que, d'autre part, la conscience de l'ancsthésie est plus marquée, puisque le sujet fait la différence entre son état de sommeil el son éiat actuel, les phénomènes du cûté moral ont été analogues : n D. Si je vous disais que M"" X... (qu'elle aime beaucoup el dont elle suit aveuglément les conseilsl ne vous aime plus, est-ce que ça vous ferait de la peine ? ^ li. Je ne sais pas. — D. Vous ne l'aimez donc plus ? — B. Je ne sais pas. — D. y a-t-il quelqu'un que vous aimiez? — R. Je ne sais ^>'AS (iiprOs avoir réflécJii), je crois tout de mf'me que ça
178 SENSiniLITI> ET fcMOTlOK
me ferait de la peine. — D. Et si je vous annonçais quel voire ptre est mort ? — B. Je sais bien qu'il n'est pas mort. — D. Je crois qup si (son visage se contracte légèrement). Qu'est-ce que ça vous fait ? — /{.Je ne sais pas dire. Ça me fait mal dans la If^te. — />. Vous l'aimez bien, lui ? — fl. Je ne sais pas. — D. Cependant, vous vous rappelez que vous l'aimiez bien? — R. Oui. — D. Et maintenant? — li. Maintenant je ne saispas, puisque je ne seiisrien. — D. Alors tout vous est égal en ce moment ? — R. Bien sûr. — D. Est-ce que ça ' vous fait de la peine que votre père aoit mort? — fl. Je crois que oui, je ne sais pas. — D. Qu'avez-vous-l pensé, quand je vous l'ai annoncé? — li. ^^■ ne sais ] plus, je ne pense pas. »
J'ai répété ces expériences à plusieurs reprises, à des] dates diverses, en les variant le plus possible, commen^l çant par déterminer, tantôt les émotions tristes, tantdi'a les émotions gaies, interrogeanl le sujet sur ses impressions, soit immMîatement, soit apr^s l'avoir i mené à son état d'hypnose avec conservation de saf sensibilité, soit en observant ce qui se passe qnand t lo réveille apr&s l'avoir anesthésié.
Il ressort de ces expériences que, lorsqu'on supprime j la sensibilité complète d'un sujet, ce sujet n'est plus J capable d'éprouver d'émotion. Tel est le cas de C; Dans celui de M..., où l'anesthésie est beaucoup moins! profonde, il se produi t quelques réactions dans le domaine-] viscéral et dans le domaine moteur de la face, où dttï reste l'anesthésie n'est pas aussi complète que dans leS^ membres, puisqu'il faut conserver l'ouïe et les mouve ments des muscles qui servent à l'émission des sons e à l'articulalion du langage. Si l'anesthésie y était to*, taie, ces mouvements ne pourraient plus se produire.]
PHEHIËttES CONCLUSIONS
Il n'est dont' pas surprenant que certaines réactions s'y constatent, au prorata de la sensibilité qui y per-
La réponse à la première question est donc celle-ci : La suppression de la sensibilité générale et sensorielle entraîne l'abolition de l'éraotion au prorata de l'intensité de l'anesthésie. Lorsque celle-ci n'est pas complète, il se produit encore un choc, un ébranlement, plus ou moins circonscrit dans la sphère viscérale — l'anesthésie du domaine vaso-moteur ne pouvant pas être aussi profonde que celle du domaine moteur — mais qui n'est perçu qu'en tant que sensation brute, de mêmequel'idée,dépouiiléede tout élément émotionnel, est réduite à l'état d'idée pure.
(Ces premières expériences viendraient absolument confirmer la thèse périphérique de l'émotion, si, comme on le croyait alors, l'anesthésie était périphérique, le cerveau conservant son intégrité fonctionnelle, et l'e^prit seul étant altéré dans son fonctionnement. Mais l'esprit n'est que la fonction du cerveau, et c'est cet organe lui-même qui est modifié dans les cas que je viens de rapporter. C'est lui qui fait l'anesthésie péripliérique par suite de l'inhibition de ses divers centres. Dès lors, cette aneslhésie, périphéri(]ue en apparence, est en réalité centrale, et n'a pluj* aucune valeur pour la théorie de James. C'est le cerveau seul qui est en cause, c'est lui qui n'a plus l'excitabilité, l'émotivité suffisantes pour que, sous l'influence des excitations ordinairement émotionnelles, les réactions périphériques, viscérales, motrices, vaso-motrices, se produisent, ce qui nous démontre encore que l'émotion n'est qu'un phénomène essentiellement cérébral, et pour mieux dire cortical. Elle nous apparaît dès lors, non comme
ITS SKNSIBn.!TÉ ET ÉMOTION
la canscience des modincations périphériques, mais comnae la conscience des modiFications centrales, corticales, dont les modifications périphériques ne sont que la conséquence, l'effet, la traduction extérieure et objective.)
Deusiëme question. — L'émotion étant liée à l'état de la sensiôililé, quelle est la part qui revient à la sensibilité périphérique et à la SPiisibilité vixcèralp dims la constitution de l'émotion ?
On peut présumer a priori, que la sensibilité organique, viscérale, y entre pour beaucoup plus que celle de la peau et des orgamîs des sens .spéciaux. Les sensibilités générale et spéciales nous donnent avant tout la notion du monde extérieur, et nous permettent de nous différencier des objets qui nous entourent. C'est en quelque sorte la partie objective de noire sensibilité. La sensibilité musculaire et viscérale nous donne au contraire la notion de ce qui se passe en nous-mêmes. Elle est ditTuse et vague, et ces deux caractères sont aussi ceux de l'émotion. Celte diffusion nous permet d'avoir la notion complète de tout notre être en m(^me temps.
Tandis que [a sensibilité périphérique est sous l'empire de nerfs spéciaux, ayant des territoires dans lesquels ils peuvent ^tre atteints d'une manière isolée, le système qui commande la sensibilité organique est, au contraire, répandu dans tout l'organisme t c'est le système sympathique, auquel il faut ajouter le nerf pneumogastrique, dont la disposition anatomique et les fonctions, qui lui ont du reste valu le nom de nerf vague, l'en rapprochent singulièrement. La personnalité d'une Laura Bridgeman n'est pas on peu atteinte ; la personnalité d'un amputé des quatre membres, ou d'un homme
ANESTHl
tronc, comme celui qu'on exhibait il y a quelques années, ne l'est pas davantage. Le nombre des impressions capables de déterminer chez eux des émotions sera sans doute diminué, mais il n'y a aucune raison pour qu'une émotion morale n'ait pas chez eux la môme intensité que chez un individu normal. La source des émotions pourra Ctre diminuée sans que l'éiaotivité elle-même le soit.
D'un autre côté, j'ai déjà dit plus haut que l'apathie, l'inémotivité se montraient d'une façon souvent extrême chez des hystériques à manifestations viscérales, en particulier chez les anorexiques où l'estomac est plus ou moins anesthésique ainsi que le reste du tube digestif. Une d'elles qui était complètement anorexique, et dont l'anorexie s'était compliquée de vomissements, me disait: « Tout m'est absolument indifférent ; rien ne peut me faire de plaisir, ni de peine, « El un jour que je lui annonçais que sa grand'mère, qu'elle aimait beaucoup autrefois, était assez souffrante, elle me dit: « Oh ! vous pouvez me dire si elle est morte; ça me serait égal en ce moment. Autant me le dire maintenant que je ne sens rien, h
L'ne autre, anorexique depuis dix ans, complMement anesthésique de tous les viscères, de la peau et du sens musculaire, avec une diminution considérable des sensibilités spéciales, me parlait dans les mêmes termes; a Si je mourais, je n'éprouverais rien de plus que maintenant ; je ne souffrirais pas ; c'est pour cela que je dis qu'on devrait bien me laisser mourir. Rien ne me fait, — Si on m'annonçait la mort de mon frère, ça ne me ferait absolument rien. Je ne sais pas comment cela se fait que je sois devenue ainsi. Autrefois ga me faisait impression: aujourd'hui plus rien. Tout m'ennuie, ce
qui est triste comme w qui est gai. Je n'aime personne ; je ne déleste personne non plus. On dirait que je ne vis pas. u J'ai pu vérifier que cette indifférenee totale n'existait que depuis la perte de sa sensibilité^ viscfîrale, et qu'elle était encore parfaitement sujette à des émotions quand elle avait déjfi perdu sa sensibilité périphérique.
J'ai suivi pendant plusieurs mois une autre malade dont le cas constitue une véritable expérience. Celte malade, à la suite d'une très violente peur, a une hémiplégie hystérique avec anesthésie sensitîvo-sensorielle. Elle dort bien encore, a bon appétit, et conserve son état général et moral ordinaire. Soumise, malgré mon avis, à des pratiques hypnotiques mal Faites, elle tombe peu à peu dans un état plus grave, avec insomnie complète, perte d'appétit, anesthésie de l'estomac. Kn même temps, elle se plaint de ne plus bien respirer et son état général est mauvais. Elle ajoute qu'elle ne sait ce qu'elle devient, que tout lui est' indifférent, qu'elle s'ennuie constamment, n'a plus de goût à rien, que rien ne peut plus arriver à la distraire. J'entreprends alors de réveiller sa sensibilité. Le réveil de la sensibilité périphérique (c'est-à-dire des centres cérébraux la tenant sous leur dépendance) amène la disparition complète de l'hémiplégie. Mais l'apathie persiste en même temps que l'anorexie. La sensibilité viscérale (c'est-à-dire le réveil des centres viscéraux de l'écorce quej'ai indiquf'-s depuis lors) rappelée à soti tour, non sans grandes difficultés, fait disparaître cet état d'indifférence, et, à mesure que cette anesthésie viscérale diminue, la malade constate qu'elle reprend goût à ses affaires, à la vie, qu'elle éprouve de l'appétit, du plaisir, qu'elle a se sent revivre » en un mot. Son caractère, nalurelienieut
ANESTHÉSIES SUCCESSIVES 181
gai, revient graduellement, et au prorata du retour de la sensibilité viscérale, jusqu'à ce qu'enfin elle me déclare qu'elle se sent maintenant complètement revenue à son état normal.
Mais venons-en à Texpérimentation. Elle corrobore pleinement cette opinion que la part de la sensibilité viscérale, organique, ou pour mieux dire de Tanosthésie, est prépondérante dans la production de Témotion. J'ai enlevé successivement la sensibilité périphérique, puis la sensibilité viscérale, et observé dans chaque cas ce qui se produisait sous l'influence d'une même id€»e, capable à Tétat normal d'émouvoir le sujet en expérience. J'ai fait en outre intervenir le sens de la vue, le plus capable de provoquer des impressions fortes, soit pénibles, soit agréables, d'abord pendant l'anesthésie périphérique, puis pendant l'anesthésie viscérale.
1**M... étantendormieaussi profondément que possible je lui enlève sa sensibilité périphérique et je lui annonce qu'elle doit quitter Paris de suite, idée qui lui est particulièrement désagréable dans son état ordinaire. Il se produit une chute brusque du tracé (fig. 7. A). Je lui dis alors qu'il n'en est rien et que j'ai même une bonne nouvelle à lui annoncer, que son père est décoré, chose qu'elle désire vivement. Le tracé montre des oscillations très amples et très fréquentes.
Je lui rends enfin sa sensibililé périphérique et lui demande ce qu'elle a éprouvé. A l'annonce de son départ elle n'a rien senti dans les membres, mais « <^^a lui a coupé la respiration », elle a ressenti un coup dans l'estomac et dans la tôte, qui a été en diminuant graduellement, mais dont l'impression pénible a duré beaucoup plus longtemps que dans les expériences que je l'apportais plus haut, où je lui avais annoncé la mort
ISÏ SEXSIBlLlTft ET ÉMOTION
de son père pendant, son anesthésie complète. Mais, outre celte impression do douleur physique, elle a eu une véritable peine morale. » Oli ! oui, s'écrie-t-elle lorsque je le lui demande, et c'est long à revenir. » Quand je l'ai détrompée, elle a éprouvé dans l'estomac J
anesUiésie péripUérii Émotion gaie.
une sensation douce, agréable, o comme <|uand oq aspire une odeur qui nous fait plaisir, quelque chose de fade et d'agréable à ta fois. Il m'a semblé qu'il y avait quelque chose qui m'emportait, qui m'enlevait ; je me sentais toute légère ; c'était très agréable ». A l'annonce que son père était décoré ; h Ça m'étouffait ; ça me sermit au cou, comme lorsqu'on a envie de pleurer et qu'on ne peut pas. » Elle n'a rien ressenti dans les membres.
En somme elle a eu, malgré son anesthésie périphérique, des émotions pénibles ou agréables avec tous leurs caractères physiques et moraux.
2° La sensibilité viscérale étant supprimée maintenant avec conservation de la sensibilité périphérique, je lui annonce les mêmes choses et procède de la même façon. « D. Qn'avez-vons ressenti quand je vous ai dit qu'il fallait quitter Paris ? — fl. Ça ne m'a rien fait. Je n'ai rien senti. — D. El quand je vous ai dit que c'était faux ? — fl. Ça m'était égal puisque je ne sentais pas. — D. Avez-voiis eu du plaisir à apprendre que voire père était décoré? — R. Non. — D. Vous ne l'aimiez donc
ANESTHESIES SL'CCESSIVKS IS3
plus?. — /f. Je ne savais pas, puisque je ne pensais pas. — D. Avez-vous éprouvé quelque chose dans les membres? — R. Un peu de tremblement et c'est tout, n J'ai répété la même expérience chez C... Profondément endormie, et sa sensibilité viscérale aussi supprimiîp que possible, je lui dis ii brûle-pourpoint qu'elle a ma petite fille fort jolie (c'est son plus vif désirqu'eile maçon fié souvent). Il ne se produit aucune modilicafion (la Iracé. e D. Ça ne te fait donc pas plaisir ? — R. Ça ne me fait rien. » Les traits n'expriment pas la moindre i^motion en effet, et elle ne faîl aucun niouvrmenl. Je supprime alors l'anesthésie viscérale, et lui annonce de nouveau rexisloncc de sa petite fille. II se produit aussitôt un brusque croehet , la respiration s'accélère, et elle s'écrie ; « Ohlque je suis contente! Où esl-elle? Quel bonlieur ! h
Cette demière expérience est encore plus démonstrative que la précédente, à cause de la contre-épreuve qui l'a accompagnée.
Il ressort de ces diverses expériences que la suppression de la sensibilité viscérale suffit pour abolir l'émolivilé, tandis que celle de la sensibilité périphérique ne la modifie pas, ou la modifie seulement dans des proportions presque négligeables.
J ai voulu enfin examiner l'apport que pouvait donner la mise en jeu d'un sens spécial dans la constitution de
» motion.
M... étant endormie comme d'habitude, je lui ordonne d'ouvrir les yeux et de voir tout ce que je lui montrerai. Je supprime alors la sensibilité périphérique, et lui présente im polit chien qu'elle aime beaucoup. Le regard devient plus brillant. Elle sourit légèrement. Le trace pneumograpfaique présente des oscilla-.
m SENSiBlUTK ET ÉMOTION
lions plus amples, plus irrépulières. Je supprime alorsa la sensibilité viscérale, el lui montre par hallucinations un rat (fig. 8, L), dont elle a ordinairomenl horreur. ElU a un l(?ger geste de surprise, qui se traduit par de lég^res'l oscillations du tracé qui reprend aussitôt son allure.
Fio, 8. — Siiile du Inioi? 7. - G. Hallucination cffrayanlp.
La sensibilité normale étant ramenée, je l'interroge sur ce qu'elle a éprouvé. A la vue de son petit chien elle a eu du plaisir, un sentiment de satisfaclion, de bien-être. Quand elle a aperçu le rat sur ma main, elle il été étonnée, a senti un coup dans la tête et a eu peur qu'il ne la morde. Elle n'a éprouvé nulle part ailleurs les phénomènes ordinaires de l'émotion, sauf dans la tète. H Je le sentais ilaiis ma tête, me dil-elle. Je le voyais, mais je ne pouvais pas bouger pour le renvoyer n, et à ma question sur ce quelle a éprouvé en elle: H Rien, je ne sentais plus ni mon estomac, ni mon ventre, ni rien; je ne sentais que ma tûte. »
Ayant cru remarquer Jans de précédentes expériences que, lorsque je supprimais successivement la sensibilité périphérique, puis la sensibilité viscérale, j'obtenais une abolition beaucoup moins complète de celle dernière, je refis l'expérience de la manif^re suivante :
M... étant simplement endormie les yeux ouverts, je fais reparaître le rat en lui disant qu'il est méchant, et le lui approche du visage. Elle recule et cherche k l'écarter (Hg, 9 A). Son visage exprime la peur et une répugnance extrême. Je le fais disparaître (lig. 9 B),
ANESTHÉSIES SUCCESSIVES
puis supprime d'emblée toute sensibilité (fig. 10 A). Je le lui remontre alors (fig. 1 1 B), et cette fois il ne se produit chez elle aucune réaction.
Sa sensibilité étant ramenée (fig. 11 C), je l'interroge
Fig. 9. — Tracé de M. hypnotisée et sensible. — A. Hallucination d'un rat. — B. Suppression de Thallucination.
sur ses impressions. « /). Quand je vous ai montré le rat, pendant que vous aviez toute votre sensibilité,
-I 1 1. I I ■■ i I L.: ' III.
Fig. 10. — Tracé de M. hypnotisée. — A. anesthésie totale.
qu'avez- vous éprouvé? — /?. Du dégoût et puis de la peur. J'ai toujours eu horreur de cette bôte-là. — D,
t . li