‹ Le méchantChapitre 45 sur 46 · GÉRONTE, ARISTE, VALERE CHLOÉ, FLORISE, CLËON · texte numérisé non relu

GÉRONTE, ARISTE, VALERE CHLOÉ, FLORISE, CLËON

GÉRONTE

£h bien, qu'eft-ce, ma fœur? Pourquoi tout ce

tapage?

FLORISE

Je ne puis point ici demeurer davantage,

Si Monfieur qu'il falloit n'y recevoir jamais...

CLÉON

L'iloge n'eft pas fade.

GÉRONTE

Oh, qu'on me laide en paix, Ou, fi vous me pouffez, tel ici qui m'écoute...

ARISTE

Valere ne craint rien : pour moi, je ne redoute Nulle explication : Voyons, éclaircilTez...

Je m'entends; il fuffit.

COMÉDIE. i5g

Non, ce n'eft point affez :

Ainfi que l'amitié, la vérité m'engage...

GÉRONTE

Et moi, je n'en veux point entendre davantage : Dans ces miféres là je n'ai plus rien à voir, Et je fçais là-deffus tout ce qu'on peut fçavoir.

ARISTE

Sçachez donc avec moi confondre l'Impofture; De la lettre fur vous, connoiffez l'écriture... C'eft Frontin, le valet de Monfieur que voilà...

GERONTE

Vraiment oui c'eft Frontin, je fçavois tout cela, Belle nouvelle!

ARISTE

Eh quoi! votre raifon balance ?

Et vous ne voyez pas avec trop d'évidence...

(JÉROMTE

Un valet, un coquin!...

VALERE

Connoiffez mieux les gens, Vous accufez Frontin, & moi je le défens.

GÉRONTE

Parbleu, je le crois bien, c'eft votre fecretaire.

VALERE

Que dites-vous, Monfieur? et quel nouveau miflere... Pour vous en éclaircir interrogeons Frontin.

Il eft parti, je l'ai renvoyé ce matin.

iùo LE MÉCHANT.

VALERE

Vous l'avez renvoyé? moi je l'ai pris : Qu'il vienne.

à un Laquais.

Qu'on appelle Lifette, & qu'elle nous l'aménî.

GÉRONTE

à Valere. à Cléon,

Frontin vous appartient? Autre preuve pour nous! H étoit à Monfieur, même en fervant chez vous, Et je ne doute pas qu'on ne le juftifie.

CLÉON

Valere, quelle eft donc cette plaifanterie?

VALERE

Je ne plaifante plus & ne vous connois point. Dans tous les lieux, au refle, obfervez bien ce point, Refpeclez ce qu'ici je refpefte & que j'aime, Songez que Poffenfer, c"eft m'offenfer moi-même.

GÉRONTE

Mais vraiment il eft brave! on me mandoit que non. SCENE IX

LIbETTE, GÉRONTE, AR ISTE, C LÉON, VALERE, FLORISE, CHLOÉ

^^^ a ri s te, à Lifette.

V«Aj'as-tu fait de Frontin? Et par quelle raifon...

Il eft parti.

AlilSTE

Non, non : ce n'eft plus un miftcre.

LISETTE

II eft allé porter la lettre de Valere : Vous ne m'aviez pas dit...

ARISTE

Quel contre-tems fâcheux i

CLÉON

Comment malgré mon ordre, il étoit en ces lieux V Je veux de ce fripon...

LISETTE

Un peu de patience Et moins de complimens, Frontin vous en difpenfe. Il peut bien par hazard avoir l'air d'un fripon, Mais dans le fond il eft tort honnête garçon : Montrant Valere.

Il vous quitte d'ailleurs, & Monsieur en ordonne Mais comme il ne prétend rien avoir à perfonne, J'aurois bien 'à vous rendre un paquet, qu'à Paris A votre Procureur vous auriez crû remis, Mais...

florise, fefaifijfant du paquet.

Donne cet écrit; j'en fçais tout le miftére. cléon, très-vivement.

Mais, Madame, c'eft vous... Songez...

FLOPISE

Lifez, mon frère.

Vous connoiffez la main de Monfieur, apprenez Les dons que fon bon cœur vous avoit deftinez, Et jugez, par ce trait, des indignes manœuvres...

géronte en fureur après avoir là.

M'interdire ! corbleu !... voilà donc de vos œuvres I

Ah ! Monfieur l'honnête-homme, enfin je vous connais.

Remarquez ma maison pour n'y rentrer jamais.

CLÉON

C'eft à l'attachement de Madame FJorife. Que vous devez l'honneur de toute l'entreprife. Au refle. ferviteur. Si l'on parle de moi, Avec ce que j'ai vu je fuis en fond je croi Pour prendre ma revanche.

Il fort.

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