‹ Le médecin de bataillon d'infanterie en campagneChapitre 19 sur 51 · PREPARATION D’ATTAQUE · texte numérisé non relu

PREPARATION D’ATTAQUE

Le bataillon doit attaquer. Que son action se réduise à un fort coup de main, qu’elle soit la première phase d’une extension à tout le front ou d’un essai de percée, la conduite à tenir dans la période préparatoire sera la même. Si l’action est prévue depuis longtemps, quelques jours viennent de s’écouler, que nous ne pouvons passer sous silence.

L'unité tactique qui nous, occupe à été, en vue de l'opération projetée, ramenée à l'arrière pour l’entraînement. Après l'installation dans le cantonnement, le chef de bataillon réunit ses commandants

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de-compagnie pour leur communiquer le plan d’attaque, leur en indiquer les objectifs, les mettre au courant des troupes et des moyens qui leur seront adjoints, leur donner enfin toutes les directives, tous les ordres utiles à l'entraînement de leurs compagnies et au rôle de leurs effectifs, suivant les différentes phases du combat. Là encore le médecin ne doit pas être oublié. On s’est figuré trop souvent que les évacuations n'avaient pas besoim d’être ordonnées, qu'il n'était pas nécessaire de faire exécuter aux brancardiers, dans ce qui est l’image de leur pénible champ d'action, les mêmes actes que ceux qu’ils vont accomplir dans quelques jours, et auxquels, à l'inverse de leurs camarades combattants, ils ne seront pas préparés. Erreur, qui peut entraîner parfois la perte de bien des vies humaines ! Notre expérience à tous nous à appris que là, comme en toutes les heures de la guerre, le médecin doit être en liaison intime avec le chef de bataillon et les commandants de compagnie.

Comme les capitaines pour leurs unités, le médecin de bataillon, après avoir assisté à la réunion dont nous parlions tout à l'heure, doit ne pas seulement être informé que son unité attaque, mais bfen connaître dans ses détails l’action qui doit se dérouler. Dans tous ses détails, et dans bien d’autres encore, car, tandis que les combattants tourneront leurs préoccupations surtout vers l’avant, lui, devra encore préparer une liaison intime avec les divers échelons de l'arrière,

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DisPosiTIONs PRÉPARATOIRES

Comme les commandants de compagnie, le médecin fera le projet du fonctionnement de ses évacualions, de la répartition de son effectif, des renforts qui lui semblent nécessaires, de l'emplacement qu'il croit le meilleur pour le P. S$. de relai, laissé à son médecin auxiliaire, et du P.S. avancé, sous son propre commandement.

Il'enverra ce projet au chef de bataillon et au médecin-chef, afin que ce dernier, l’ayant accepté et transformé en ordre, prenne dans sa zone toutes dispositions utiles et correspondantes. Ceci fait, nous avions pris comme habitude de réunir nos hommes et gradés, en les mettant tous au courant du rôle qu'ils devaient jouer. Nous leur montrions dans ses détails le terrain ennemi, presque inconnu pour eux, sur lequel ils allaient évoluer. Pour cela, nous leur expliquions, dans les grandes lignes, le plan de secteur, et les photos d'avions, leur désignant les différents écueils, les cheminements qu'ils auraient à suivre, les différents points où ils trouveraient relais ou P. S. Cette petite causerie les intéressait, et ïls n'avaient plus ainsi la détestable impression d'aller

ans l'inconnu. Ayant compris ce qu'on attendait d'eux, ils lexécutaient plus volontiers et beaucoup mieux, parce qu'on avait fait appel non seulement à leur esprit de discipline, mais à leur intelligence. Nous avons été amené à cette manière d'agir par le fait que cette catégorie de soldats, livrée la plupart

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du temps à elle-même et dans les moments les plus difficiles, a, plus que tout autre, besoin de directives, vu son infime encadrement. D'autre part, il est bien évident que ces hommes, à l'initiative desquels il faut constamment faire appel, doivent être choisis par leur chef, et celui-ci n'acceptera pas une nonvaleur dont parfois les compagnies cherchent à se débarrasser en la versant au Service de Santé du balaillon.

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