‹ Le médecin de bataillon d'infanterie en campagneChapitre 46 sur 51 · CANTONNEMENT DU PERSONNEL. — SON INSTRUCTION · texte numérisé non relu

CANTONNEMENT DU PERSONNEL. — SON INSTRUCTION

La visite élant fixée, le service de ramassage se faisant régulièrement, nous avons loujours eu pour habitude de cantonner nos brancardiers ensemble, ne laissant dans les compagnies que l'infirmier pour parer aux éventualités et prévenir en cas d'accidents.

Celle mise à part des brancardiers a de gros avantages : reprise en main des hommes, leur utilisation facile pour les corvées de proprelé, leur rassemble. ment commode pour leur instruction technique, et aussi pour les mieux connaître el pour mieux s'occuper d'eux.

Le travail de nos brancardiers au repos était réglé comme celui des compagnies, par un tableau de service pour la semaine. Le malin, corvées d’assainissement (entretien des feuillées el trous à ordures). Le soir, instruction technique au sujet des pansements et premiers soins, el aussi exercices de transport réel de blessés, avec le masque sur la figure, donc accoutumance respiratoire progressive à l’effort demandé qui allait croissant pendant toute la période du repos.

Nous profitions également de cette période pour prendre successivement, à la visite du matin, un brancardier par compagnie, afin d’avoir, dans chaque compagnie, des hommes qui fussent capables de remplacer l’infirmier en cas de besoin.

| HyGiène Nous passerons sur les corvées d'assainissement, les eaux potables, étudiées fort complètement dans d’auires ouvrages, pour nous arrêter uñ peu à l'hygiène des soldats eux-mêmes, puisque c’est dans cette période que l’on peut agir au maximum : |

a) Hygiène individuelle. — Les douches, autrefois

réduites à l’appareil régimentaire que l’on envoyait successivement à chaque bataillon, sont devenues parfaites grâce aux sections d'hygiène dont nous avons parlé au chapitre IL Cependant, l'appareil régimentaire nous est toujours resté d’une grande utilité dans les cantonnements dépourvus de section d'hygiène. En outre, les deux seaux en toile (Touring) que chaque bataillon possédait, permettaient, en {out lieu, tranchée ou repos, de doucher quelques hommes qui réclamaient de par leur état des soins de propreté constante.

L'épouillage fut surtout réalisé par des formations spécialisées.

Pour le lavage du linge, le médecin demandait au commandement de laisser chaque semaine un temps suffisant de repos, afin que les hommes y pourvoient plus volontiers, sans prendre sur leurs heures de tranquillité.

Des bains de rivière, pendant l'été, furent organisés, tout comme en temps de paix, avec l’assistance

des infirmiers,

Re

b) Hygiène collective. — Le couchage des hommes au moyen de fils de fer et de treïllages tendus sur un châlit isolé du sol donna d'excellents résultats.

La visite de santé était passée le moins rapidement possible, surtout dans les cantonnements où les maladies vénériennes avaient beaucoup de chance de sévir.

Quant aux permissionnaires parlants ou rentrants, nous les voyions à la visite médicale journalière, une colonne spéciale leur étant réservée sur le cahier de visite.

VAGCINATIONS

Le repos était souvent consacré aux vaccinations Jenneriennes et antityphoïdiques. Ce ‘ne fut pas là une des moindres difficultés que rencontra le médecin de bataillon.

Au point:de vue vaccin, avec: le F.A°°B,nous avons eu très peu de grosses réactions anaphylactiques.

Bien que les hommes se soïent habitués peu à peu à cette pratique en en comprenant l'utilité, il fallait une discipline rigoureuse et une surveillance active pour que ceux qui étarent désignés n'échapassent pas à l'opération.

Le défaut que nous avons relevé à ce sujet fut la difficulté de retrouver trace de vaccination chez les hommes qui avaient perdu leur fiche. Bien que cela puisse paraître paradoxal, les renseignements sur un homme changé de corps ou passant d’un bataillon à un autre, étaient parfois d’un mutisme absolu au

Des Jet sujet des injections qu'il avait pu recevoir. La fiche verte était, en effet, facile à perdre. Mais il était si simple cependant de tenir à jour un dossier dès hommes du bataillon avec le nombre et la date des injections reçues ou des contre-indications présentées. Le

médecin-chef ayant un double des listes de chaque

bataillon, et chaque compagnie possédant le même élat, l’on pouvait retrouver tous les renseignements utiles à n'importe quelle date, même pour un homme muté depuis longtemps.

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