SCÈNE XIII
M. DE RAMSAY, aux genoux de Lolotte ; ROSELYN, arrivant par le fond.
roselyjv , du fond du théâtre.
Qu’est-ce que je vois là ?
lolotte, qui a donné un coup d'œil de son côté, prenant sur-le-champ un air troublé. Mais, colonel, que me demandez-vous?
et comment puis-je vous répondre ?
COMÉDIE-VAUDEVILLE. 5q
M. DE RA.MSAY.
Qu’est-ce qu’elle a donc ?
loeottf. , de même.
Ce n’est pas bien à vous d’insister «ainsi.... ( bas ) mais allez donc {haut) car vous sa-
vez bien que je dépends de toute ma famille ( avec intention) de madame V ermont ,
ma tante , de madame de Limeuil , ma cousine.
M. DE HAMSAY.
N’importe; et quoi qu’il arrive, je vous jure je vous atteste.... ( lui baisant la main.)
loeotte, à part, pendant qu’il lui baise la main.
Par exemple , je n’avais pas dit de me baiser la main. (Se retournant , apercevant le docteur et poussant un grand cri.) Ab! qu’ai-je vu!.... (Au colonel.) Monsieur, au nom du ciel!... mais levez-vous donc.... on ne compromet pas ainsi quelqu’un.
ROSELYN.
Pardon, pardon de mon indiscrétion....
Ab , mademoiselle Lolotte!...
M. DE R ams a Y, fièrement.
Oui , monsieur vous savez tout ; le ha-
sard vous a appris plus que je ne voulais vous en dire.... mais si vous profitez de cet avantage pour divulguer mon secret....
( pendant ce temps , Lolottc l’encourage par ses gestes ) ou pour me nuire auprès des parens de mademoiselle ...
ROSEEYN.
Moi, colonel! vous pouvez penser!... vous ne me connaissez pas — si vous lisiez au fond de mon cœur, vous verriez que je suis enchanté , ravi de cette circonstance , et que je serai trop heureux de vous servir.
lolotte , bas au colonel.
C’est bien.... partez maintenant , et laissezmoi faire.
M. DE RAMSAY
Il suffit , docteur... tenez vos promesses.... ( Prenant la main de Lolotte et la baisant encore. ) Adieu , Lolotte , adieu ; je compte sur vous.
COMEDIE-VAUDEVILLE