‹ Le médecin de la familleChapitre 36 sur 43 · Eau dentifrice. — Eau de Botot · texte numérisé non relu

Eau dentifrice. — Eau de Botot

Semences d’anis 8 grammes.

Girofle 8 grammes.

Cannelle concassée 1 gramme.

Huile volatile de menthe . . 30 centigrammes.

Faites infuser pendant 7 à 8 heures dans :

Eau-de-vie

120 grammes.

Filtrez et ajoutez :

Teinture d’ambre ..... XX gutt.

Détersifs. — On donne ce nom aux topiques pro près à nettoyer les plaies et les ulcères.

Diaphorétiques. — Médicaments qui ont la propriété de favoriser la transpiration, tels que la bourrache, la fleur de sureau, les boissons chaudes un peu aromatiques. (Voy. Sudorifiques.)

Drastiques. — Nom donné aux purgatifs les plus énergiques.

Diurétiques. — Médicaments ou boissons qui ont la propriété d’augmenter les sécrétions de l’urine. L’ache, l’asperge, l’aunée, le caille-lait, le carvi, le citronnier, le fraisier, l’hysope, l’origan, l’orge, l’oseille, la pariétaire, le pissenlit, la réglisse, la sauge sont des plantes diurétiques.

Electricité. — Il est aujourd’hui bien reconnu par tout le monde que l’électricité, et surtout l’électri cité en mouvement, joue le rôle le plus important dans les phénomènes de la nature. A voir même la facilité avec laquelle elle se manifeste au contact des corps, dans les plus légers frottements et dans les moindres actions chimiques, il faut nécessairement admettre qu’elle est accumulée dans l’intérieur ou à la surface des molécules, et qu’il est impossible de concevoir la matière, avec ses propriétés reconnues, sans le fluide électrique ; aussi, quand on a établi cet aphorisme : L’électricité, c’est la vie ; l’absence de l’électricité , c’est la mort , on aurait pu aller plus loin sans crainte de

s’égarer, et dire : L'absence de V électricité , c'est le néant. Cela posé, n’a-t-on pas grandement lieu de s'étonner qu’en présence d’une infinité de maladies aiguës et chroniques qui semblent se jouer des efforts le plus sagement combinés des médecins et de la patience du plus généreux des malades, l’on s’obstine encore opiniâtrément à soumettre, sans aucun résultat avantageux, à des traitements longs, dispendieux et trop souvent nuisibles, un grand nombre d’infortunés que l’on abandonne ensuite, sans scrupule, comme incurables? Pourquoi ne pas renoncer à toutes ces méthodes, aussi cruelles qu’infructueuses, afin de recourir aux admirables vertus de cette force mystérieuse qui régit la création ; de cet agent qui a tant fait dans la chimie, dans l’industrie et dans les arts ; de ce principe dont l’art de guérir n’en est déjà plus à soupçonner la portée des services qu’il est appelé à lui rendre?

Au moyen d’appareils convenables et sous la main d’un praticien instruit, prudent et exercé, l’électricité devient un agent de médication toujours inoffensif et tellement facile à manier, qu’on peut en calculer les effets avec une précision qu’on ne saurait obtenir de tout autre traitement. Restreindre son action à la peau, sans stimuler les tissus sous-jacents, et réciproquement; communiquer à chaque nerf, à chaque muscle et même à chaque faisceau musculaire le degré d’excitation qui leur convient, en proportionnant la dose à la sensibilité de la région du corps sur laquelle on opère, à l’état de force ou de faiblesse des organes ou de la constitution du malade , sont des faits que nous reconnaissons et que nous constatons journellement. L’électricité récèle

donc non-seulement une source de soulagement constamment assuré, mais aussi la vertu de guérir les • maladies qui ont résisté à tous les traitements ordinaires.

x Les gens du monde s’exagèrent outre mesure les effets du fluide électrique. Considérant que la foudre n’en est qu’une étincelle, qu’il y a des batteries capables de tuer un éléphant, et que certains appareils galvaniques mettent en fusion le fer et le platine, ils sont effrayés de l’usage d’un pareil agent. Mais qu’ils réfléchissent un instant que les appareils qui imitent la foudre, qui tuent les animaux les plus robustes, qui fondent les métaux les plus réfractaires, sont d’une si gigantesque proportion, que les nôtres n’en sont, pour ainsi dire, que la miniature.

Notre expérience journalière nous permet d’affirmer que l’on rencontre bien rarement des personnes qui supportent mal l’électricité. Il est même à remarquer que les enfants, les femmes, en sont généralement moins sensiblement affectés que les sujets d’un autre tempérament que le leur.

Aujourd’hui, la perfection et la précision des appareils usités en médecine sont telles, qu’on peut, à volonté ne produire qu’un simple frôlement ou une légère titillation, sans aucune secousse. Lagradation se faitensuite pour arriver, d’une façon à peine appréciable, au point approprié à la susceptibilité des organes ou des individus.

Pour notre compte, nous sommes tellement convaincu, — et cette conviction est le résultat d’une pratique de plusieurs années, basée sur une étude profonde et sé-

rieuse de l’électricité, nous sommes tellement convaincu, disons-nous, de l’innocuité comme de la supériorité du traitement de certaines maladies par l’électricité, sur toutes les médications qu’on a préconisées et que l’on préconise tous les jours, qu’aucune patiente recherche, aucune étude opiniâtre, aucun sacrifice ne nous coûtera pour en faire apprécier les incontestables avantages. Si quelques hommes d’une personnalité èxclusivé, ou si d’autres, mal intentionnés, prenant les bornes de leur horizon pour celles delà science, venaient encore à se montrer hostiles à l’ électro-thérapie, parce qu’ils ne la connaissent pas ou qu’ils ne veulent pas s’astreindre à des études longues et dispendieuses pour la connaître, ou pour d’autres motifs, enfin, que le lecteur n’aura pas de peine à deviner, il nous restera la consolation d’avoir assez. fait, dans le but de propager cette salutaire pratique, pour qu’il n’y ait pas de malade, même d’une intelligence vulgaire, qui, livré à ses propres inspirations, ne puisse en tirer profit sans s’exposer au plus léger inconvénient.

Passons rapidement en revue quelques maladies dans le traitement desquelles l’électricité montre toute sa puissance :

1 . Paralysies. — Parmi les nombreuses maladies qui peuvent être guéries ou amendées par l’électrité, les paralysies tiennent, sans nul doute, le premier rang. Si les premières applications de l’électricité au traitement des paralysies furent suivies tantôt de succès et tantôt d’insuccès, il faut atribuer l’un et l’autre de ces résultats, soit à la cause et à la nature des paralysies, soit au procédé électrique employé, ou à d’autres causes

tenant aussi bien de l’opérateur que du malade. L’électricité n’est pas seulement un moyen de guérison d’une utilité incontestable, mais aussi une ressource certaine pour le diagnostic différentiel, car seule elle peut indiquer la présence ou l’absence de l’irritabilité musculaire, et seule elle peut faire augurer si la paralysie sera ou non curable.

2. Rhumatismes. — Il est des rhumatismes qui guérissent facilement et d’autres qui résistent à tous les efforts de l’art. Lorsque la médecine se montre impuissante, les personnes dans l’aisance vont demander à Aix-la-Chapelle, àWiesbaden, à Bonn, etc., un soulagement que leur refusent les remèdes ordinaires ; mais pour l’ouvrier, le déshérité delà fortune, le malheureux, il ne peut que continuer à souffrir ; car, — ce qui est plus affreux! — il n’a que la misère en partage. Eh bien ! nous avons l’eSpoir que désormais on ne rencontrera plus de ces rhumatismes rebelles qui conduisaient à la paralysie dite musculaire, considérée naguère encore comme incurable. Nous disons qu’il résulte de notre expérience que l’électricité dynamique est infaillible contre les rhumatismes.

3. Névralgies. — Dans les névralgies, les effets favorables de l’électricité ne sont pas moins certains que dans les paralysies et les rhumatismes; elles sont généralement modifiées ou enlevées en trèsrpeu de temps. Les migraines les plus violentes sont enra}^ées en quelques minutes comme par enchantement.

4. Névroses. —Dans les névroses, telles que l’hystérie, la chorée et l’épilepsie, l’électricité imprime promptement aussi des changements à la maladie. Nous avons

traité un grand nombre d’ épileptique s qui n’ont plus eu d’attaques depuis plusieurs années, et chez lesquels la guérison paraît radicale.

5. Dans l’atrophie musculaire, dans la surdité nerveuse, dans l’odontalgie, dans l’amaurose enfin, l’électricité rend les plus grands services. Combien de personnes ne connaissons-nous pas déjà, qui, sourdes depuis plusieurs années, ont dû leur guérison à cet agent mystérieux î

Nous croyons en avoir assez dit (de l’électricité) pour engager le lecteur à recourir, au besoin, à ce remède étonnant.

Emollients. — Médicaments aqueux, mucilagineux ou huileux, qui agissent, pour ainsi dire, comme des bains locaux, soit par l’humidité qui leur est propre, soit par la sueur qu’ils favorisent.

Expectorants. — Médicaments qui favorisent la sécrétion de l’humeur des bronches et l’expulsion des matières visqueuses qui engorgent les poumons. Tels sont l’ipécacuanha, \e kermès minéral, l’oxyde blanc d’antimoine, à petite dose.

Exutoires. — Les exutoires sont des ulcérations su- ' perficielles établies à la peau ou dans le tissu cellulaire sous-cutané, et dont on entretient la suppuration.

Il y a deux sortes d’exutoires : 1° les vésicatoires, qui n’intéressent que la surface libre de la peau ; 2° les cautères , qui se placent partout , et le séton , qui s’applique à la nuque ; ceux-ci affectent toute l’épaisseur de la peau, et de plus le tissu cellulaire sous-jacent.

Fomentation. — Application à chaud d’une décoction de plantes sur une partie du corps, au moyen

d’une éponge, d’un morceau de flanelle ou de linge, pour entretenir ou rappeler la chaleur à la surface.

Frictions. — Action de frotter le corps ou quelques parties du corps. Il y a des frictions sèches et des frictions humides : les premières se font avec les mains, soit nues, soit recouvertes avec une étoffe de chanvre ou de laine ; elles sont un puissant moyen d’exciter les fonctions de la peau. Les frictions humides se font avec des substances liquides et molles, des décoctions de plantes, d es corps gras.

Fumigation. — Action de faire recevoir au corps ou à quelque partie du corps, la fumée ou la vapeur d’une plante quelconque pour y déterminer un effet qui varie suivant la nature de la plante.

‘Gargarisme. — Infusion ou décoction de plantes préparée pour laver la gorge et le gosier. Les gargarismes peuvent être adoucissants, astringents, stimulants; ils prennent le nom de collutoires lorsqu’ils sont destinés aux affections des gencives.

Hypnotiques. — Médicaments qui engourdissent la sensibilité nerveuse et procurent le sommeil. Tels sont l’opium, le pavot blanc et rouge, le chloroforme, le magnétisme animal.

Infusion. — Opération qui consiste à verser un liquide bouillant sur une plante ou autres substances, dont on veut extraire les principes médicamenteux. Quelquefois, au lieu de verser le liquide sur la substance médicale , on fait l’infusion en jetant cette substance dans l’eau bouillante, en ayant soin de retirer aussitôt le vase du feu et de bien le couvrir. La décoction consiste à faire bouillir une plante ou toute autre substance dans l’eau.

Injection. — Action d’introduire avec une pompe foulante, une seringue, un liquide dans une cavité du corps.

Lavement. — Les lavements sont des médicaments liquides destinés à être injectés dans le gros intestin; ils s’administrent ordinairement chauds, mais à une température qui ne doit jamais passer 30° Réaumur. La composition et le volume des lavements sont différents, selon la nature de la maladie et l’âge des malades : 120 grammes de liquide suffisent pour un petit enfant ; 240 grammes pour un enfant de 7 à 12 ; enfin, 360 gr. pour un adulte .

Lotions. — Action de laver une partie quelconque du corps en promenant sur la surface un linge trempé dans un liquide, telles que l’eau simple, froide ouchaucte, une décoction ou toute autre liqueur plus ou moins composée, soit émolliente ou stimulante, soit astringente ou tonique.

Macération. — Opération qui consiste à laisser séjourner dans un liquide froid, une plante dont on veut extraire les principes solubles.

Moxa. — Corps enflammé produisant l’adustion de la peau : le coton cardé, la charpie, les étoupes de lin et de chanvre, l’agaric, l’armoise servent à cet usage.

Masticatoire. — Se dit des plantes qu’on mâche pour exciter l’excrétion de la salive : telles sont les racines d’angélique, etc.

Pansement. — Le pansement est l’application méthodique d’un appareil ou de quelque topique sur une partie malade.

Les pièces dont les appareils se composent sont la charpie, les compresses, les bandes, les emplâtres, les draps, etc.

Pectoral. ( Bon pour la poitrine). — On appelle plantes pectorales celles que l’on regarde comme propres à combattre les affections des poumons, telles que la capillaire, la guimauve, le lierre terrestre, la mauve, la réglisse, la violette, etc. Les quatre fleurs pectorales sont les fleurs de mauve, de violette, de bouillonblanc, de coquelicot.

Potion. — Médicament liquide qu’on administre ordinairement par cuillerées. Ce n’est le plus souvent qu’un mélange de sirop et d’eau distillée des végétaux, qui sert de véhicule à une substance active.

Purgatifs. — Médicaments qui excitent la sécrétion des mucosités intestinales, provoquent l’action péristaltique des intestins et la sortie des matières alvines. On les divise en purgatifs doux (minoratifs) : telles sont la manne, les pulpes de tamarin et de casse; en purgatifs moyens {cathartiques) : tels sont le séné, la rhubarbe, le sulfate de magnésie, de soude ; et en purgatifs violent s {drastiques) : tels sont le jalap, les résines de scammonée , de jalap, et la gomme-gutte.

Remède. — Se dit en général de tout ce qui sert à guérir les maladies ou qu’on emploie à ce dessein.

Résolutifs. — On donne le nom de résolutifs aux médicaments „qui déterminent la résolution des engorgements. Les résolutifs sont pris tantôt dans la classe des émollients, tantôt dans celle des excitants et des toniques, selon que la tumeur est de nature inflammatoire ou atonique.

Rubéfiants. — On appelle ainsi les végétaux qui, appliqués sur la peau, déterminent la rougeur, l’irritation.

Sangsues [manière d'appliquer et de conserveries).

On mouille d’abord la peau où elles doivent être appliquées ; on les met dans un verre ou un linge, et on les tient appliquées sur le point où l’on veut qu’elles prennent.

On conserve les sangsues dans l’eau douce. Cette eau doit être renouvelée toutes les semaines, en ayant soin d’écarter celles qui auraient succombé.

Sédatifs. — Les sédatifs sont des médicaments qui modèrent une action organique augmentée : ainsi, la digitale est un sédatif de l’action du cœur. Ce mot est synonyme de calmant.

Stimulants. — Les stimulants sont des médicaments qui ont pour effet d’augmenter l’énergie des fonctions ; l’anis, l’armoise, la camomille, le carvi, le cochléaria, la coriandre, le cresson, la menthe, l’origan, le romarin, le thym sont des plantes stimulantes.

Stomachiques. — Se dit de certains médicaments qu’on croit propres à remédier aux diverses affections de l’estomac, tels que l’angélique, l’aunée, le carvi, la centaurée, le coignassier, le fenouil, le genévrier, l’hysope, le laurier, le marrube, la mélisse, la menthe, le brou de noix, l’oranger, l’origan, la patience, la sauge, le thym, le vin d’absinthe, de marrube, le sirop d’absinthe.

Sudorifiques. — On appelle ainsi les médicaments qui provoquent la sueur. Plantes sudorifiques ; angélique, bardane, bourrache, coquelicot, douce amère,

hysope, noyer, saponaire, scabieuse, souci, sureau, tanaisie.

Tisane. — Eau chargée de principes médicamenteux, destinée à servir de boisson habituelle aux malades.

Toniques. — Médicaments qui ont la faculté d’exciter lentement et par degrés Faction des organes et d’augmenter leur force d’une manière durable. Plantes toniques : absinthe, armoise, aunée, benoîte, camomille, centaurée, chêne, fumeterre, gentiane, houblon, hysope, lierre terrestre, marrube, mélisse, menthe, millefeuille, moutarde, noyer, patience, rosier, saponaire, sauge, saule blanc, thym, etc.

Topiques. —On appelle topiques tous les médicaments qu’on applique à l’extérieur : les emplâtres, les onguents sont des topiques.

Ventouses {manière d'appliquer les). — Les ventouses sont, on le sait, des cloches en verre, dans lesquelles on met de 1 etoupe qu’on enflamme au moment où on les applique sur l’endroit choisi. Les ventouses doivent être appliquées avec soin, afin d’empêcher la rentrée de l’air. Quand les ventouses sont bien appliquées, elles sont en quelque sorte attachées à la peau. Les ventouses ainsi employées sont appelées ventouses sèches. Les ventouses scarifiées sont celles qui donnent en même temps sortie au sang. Les scarifications se pratiquent avec un instrument particulier nommé scarificateur, ou bien simplement avec une lancette. Le sang sort par les petites incisions et remplit les ventouses. On les détache alors, et l’on met un cataplasme sur les parties incisées.

Vésicatoire [manière d'appliquer un). — On rase et on lave la partie sur laquelle l’emplâtre vésicant doit être appliqué ; quelques heures plus tard, alors que la cloche est bien formée, on ouvre celle-ci avec la pointe d’une aiguille pour en laisser écouler la sérosité, et l’on applique dessus de l’ouate, si le vésicatoire ne doit pas suppurer ; dans le cas contraire, on enlève avec précaution la peau de la cloche et l’on panse la plaie avec l’onguent perpétuel.

Vomitifs. [Emétiques.) — Médicaments qui provoquent les vomissements. Ex.: l’eau tiède, le tartre stibié, l’ipécacuanha.

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