‹ Le médecin du corps et de l'âmeChapitre 30 sur 81 · DD TEMPÉRAMENT NERVEUX · texte numérisé non relu

DD TEMPÉRAMENT NERVEUX

Le tempérament nerveux ne ge dessine par aucun trait extérieur bien prononcé. Quoiqu'on soit convenu d’admettre comme positive celte espèce de constitution, l’état moral et les affections qui appartiennent au système nerveux peuvent se remarquer chez tous les individus d’un autre tempérament. L’exaltation du système nerveux donne lieu à une grande susceptibilité, elle dispose à ressentir vivement les impressions qu’ori reçoit , soit qu’elles agissent sur les sens ou sur les organes intérieurs, et cette susceptibilité, qui peut être plus ou moins vive, et se combiner avec d’autres tempéraments, est néanmoins toujours plus prononcée lorsqu’elle se manifeste chez les individus d’une constitution lymphatiqne.

C’est par une grande acth ilé et par le peu de

constance des affections morales que se distingue le tempérament nerveux.

« Une grande vivacité dans les sensations , dit Hallé, une promptitude extrême dans les jugements, des déterminations précipitées, mais peu constantes, une imagination vive, mais mobile, des volontés absolues, mais changeantes, servent à le caractériser. »

Si à ce tableau on reconnaît la plupart des femmes, il est vrai de dire qu’il ressemble moins à celles qui, habitant la campagne, y mènent une vie active et laborieuse, qu’à celles qui, dans les grandes villes, vivent au sein de la mollesse et des voluptés, et à qui la moindre contrariété cause souvent des attaques de nerfs.

Le tempérament nerveux est plus particulièrement celui des femmes; on sait aussi que la vie sédentaire, la lecture des ouvrages qui agitent l’imagination , les veilles prolongées , l’abus des plaisirs, en un mot tous les excès conduisent promptement les personnes nerveuses à tous les accidents auxquels elles sont prédisposées. La prudence leur recommande donc, pour s’en préserver, d’éviter tout ce qui peut les faire naître.

Un exercice journalier, mesuré d’après les forces ; la promenade faite le malin et au grand air ; des frictions sur le corps, les bains, les aliments délicats, non échauffants, pris en petite quantité , des vêlements qui ne soient pas trop serrés, et de nature à garantir du froid, doivent faire partie de leur régime.

On doit purger rarement les personnes nerveuses , on ne doit pas non plus leur prodiguer les saignées; la diète, les lavements, le repos, la tranquillité de l’esprit, sont bien nécessaires dans leurs maladies; le choix des médicaments qui leur convient exige d'autant plus de discernement que, donnés mal à propos, ils les aggravent toujours.

Les quatre tempéraments dont il vient d’être parlé représentent les quatre modifications sous lesquelles la constitution primitive de l’homme sain a été généralement envisagée; mais ces divers tempéraments se rencontrent bien moins souvent dans un état absolu que modifiés les uns par les autres, c’est-à-dire qu’il y a autant de tempéraments qu’il peut en résulter de leur réunion respective et de la part différente que chacun y prend ; c’est-à-

dire que l’homme apporte en naissant une disposition à tel ou tel tempérament; celte disposition n’est qu’un canevas, modifié de mille manières par les circonstances si variées et si différentes de l’existence; et indépendamment des formes extérieures et des phénomènes qui distinguent les tempéraments primitifs, certains organes et certaines régions peuvent offrir un caractère propre, et sous ce rapport constituer une manière d’être à part, un tempérament particulier.

Il existe encore deux espèces de tempérajments qui sont en quelque sorte en dehors des combinaisons résultant des constitutions primitives , c’est le tempérament mélancolique et le tempérament athlétique, dont il convient d’indiquer ici les caractères.

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