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MALADIES DE LA PEAU

Chaque affection de la peau peut revêtir une infinité de formes différentes; cependant comme nos sens ne peuvent saisir que l'aspect matériel des choses , on a dû classer ces formes elles-mêmes en sept ordres différents, auxquels nous rapportons chaque affection selon la forme qu'elle affecte de préférence.

OnoRE 1". Érythèmes. — Rougeur inflammatoire de la peau, diffuse ou par plaques, s'effaçant momentanément sous la pression du doigt; comprenant :

L'érysipèle, l'urticaire, la rougeole, la scarlatine ; nous y joindrons les engelures, et l'insolation ou coup de soleil.

Ordre 2®. Macules. — Taches de la peau, généralement chroniques et sans inflammation , tels que : les éphélides, les nœvi, l'albinisme, le vitiligo.

Ordre 3". Squammes. — Petites plaques écailleuses, contenant le psoriasis, les dartres furfuracées ou porrigo, le pityriasis, l'icthyose et la pellagre.

Ordre 4^. Vésicules. — Boutons pleins de liquide et de sérosité, qui coulent spontanément ou quand on les ouvre, contenant : lamiiiaire, la varicelle, l'eczéma, l'herpès, la gale, les phlyctènes, le pemphygus et le-rupia.

Ordre 5«. Pustules. — Boutons qui suppurent au sommel ; comprenant : la vaccine, la variole, l'ecthyma, l'impétigo, l'acné, la mentagre, les furoncles.

Ordre 6^. — Papui es. — Petites excroissances cliarnues, telles que : boutons, tubercules, lèpre, lichen, prurigo, sycose, moUuscum, frambœsia.

Ordre 7". Ulcérations. — Les chancres , la syphilis, le lupus, les ulcères, l'anthrax, la pustule maligne.

Ordre 8". — Les Hémorruagies. — Eru])lions disposées à saigner, telles que : le purpura , la maladie tachetée de Werlhof.

Nous allons maintenant reprendre chacune de ces affections en particulier, en joignant leur description au mot, un peu barbare, par lequel nous avons dù les caractériser pour nous conformer ii la nomenclature moderne.

ORDRE PREMIER. — ERYTIlÉMES.

'2. L'Ér.YsiPÈLE. —Inflammation de la peau, débutant souvent au visage ou aux articulations, s'étendant de proche en proche, accompagnée de lièvre légère, durant de lO à 12 jours. Elle est quelquefois accompagnée de petites vésicules qui se dessèchent et tombent en écailles.

Traitement. Aconilum de 6 en 6 heures, jusqu'à ce que la fièvre s'apaise. Les jours suivants Bellad. de i"? en 12 heu res, et si le mal est stalionnaire, Buf. Si les vésicules dominent, Rhs., Hipp.^ SU. Si la gangrène se manifeste, Crotal., Arsen., Elaps, Hyosc.

3. L'Insolation, ou coup de soleil, sera soumis au même traitement.

4. L'Urticaire est un Erythème pruriteux , avec élevurc ■ de la peau , rouges, ou quelquefois blanchâtres , avec fièvre légère, paraissant et disparaissant par intervalles.

Traitement. Aconilum (\e 6 en 6 heures, jusqu'à ce que la fièvre s'apaise. Les jours suivants, de 12 heures en 12 heures, >Buf., Hipp., et enfin, Lyc, deux doses de la 9" et de la 1 15", de mois en mois, si la maladie passe à l'état chronique.

5. La Rougeole. — Eruption, après 3 ou 4 jours de fièvre, ! de petites taches rouges semblables à des piqûres de puce , paraissant d'abord à la face, puis envahissant le cou, la poitrine et les membres , accompagnées de coryza , d'angine , de ' larmoiement et de toux.

Traitement. AconidimAe 6 en c heures pendant la fièvre. !De 12 en 12 heures, BelL si les yeux et la gorge sont afl'ectés. .P/ios. si la toux est violente, Bu f. et C. ind. s"\\ se manifestait du délire.

Tenir le malade suflisamment couvert; ne pas sortir trop tôt. Prendre quelques doses de Pcd. pendant la convalescence pour prévenir les rechutes.

6. La Scarlatine. — Après 3 ou 4 jours d'une fièvre légère, apparition de petits points rouges qui s'étendent peu à peu et se fondent en larges taches écarlalcs , d'aboi'd au visage, puis au reste du corps, avec gonflement, insomnie, soif, • .agitation. Le symptôme spécifique qui accompagne la si'arlatine est un violent mal de gorge, avec inflammation de l'ar-

rièrc-bouclie , allant jusqu'à la gangrène, si les malades no sont pas traités par nos moyens.

Traitement. Naturellement on aura donné 5 ou 6 doses d'JconUum pendant la fièvre d'incubation. Dès que la nature de l'éruption se caractérise, Bell. 4 doses de ô en 6 heures de la 5" dilution, et 4 doses, de la 8« si le mal fait des progrès. Au besoin on passera ensuite à Merc, S. okr., Lach., Lyc, et s'il y a menace de gangrène, à E laps, ffijosc, irsen. et Crolal.

Mêmes soins que pour la rougeole, et dans la convalescence 2 doses de Ped. b^, et une de Merc. 9% ou s'il y a des douleurs d'oreille, SU. et Puis. 9°.

T. La Roséole est une affection intermédiaire entre la rougeole et la scarlatine. On ne risque rien de se déterminer selon les cas et les indications ci-dessus. Toutes ces éruptions ont du reste, comme on le voit, la même analogie dans leur traitement que dans leur forme. Voyez aussi la miliaire. (Ordre iv, F'ésicules.]

8. Les Engelures. — Les prévenir par l'emploi des préservatifs, en s'attachant surtout à Ped., Buf., Jac. C, Hipp., Sulph., Cale., et des frictions de neige à l'entrée de l'hiver, en prenant bien garde de ne chauffer ses mains qu'en les enveloppant de quelque étoffe et jamais au feu.

Si elles sont développées , 3 doses ù'Jrnica tous les 5 jours , et après se laver les mains avec de l'eau-de-vie où on aura fait infuser des racines de la même plante. Enfin on pourra essayer à de longs intervalles Jac. C, Phos. Sol. ol, Sulph.

Quand la peau est ulcérée , on peut appliquer des bandes de papier trempées dans de la colle forte, ou, mieux encore, du Collodium, ce merveilleux produit de la chimie moderne, dont l'usage commence à se répandre, et qui donne à la poudre-coton un emploi bienfaisant au lieu des qualités meurtrières qu'avait rêvées son inventeur.

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