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Le médecin et l'hygiène [microforme]

Chevalier de la Légion d'honneur, Président du Collège des Médecins «“t Chirursiens de la province de Québec, Président du Conseil provincial d'Hygiène, Professeur d'Hygiène à l'Université Laval de Montréal,

(Discours prononcé à l'ouverture des Cours de la Faculté de Médecine de l'Université McGill, session de 1900-1901).

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Par le Dr E.-P. LACHAPELLE

Chevalier de la Légion d'honneur, Président du Collège des Médecins et Chirurgiens de la province de Québec, Président du Conseil provincial d'Hygiène, Professeur d'Hygiène à l'Université Laval de Montréal.

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Par le Dr E.-P, LACHAPELLE

Chevalier de la Légion d'honneur, Président du Collège des Médecins et Chirurgiens de la province de Québec, Président du Conseil provin ial d'Hygiène, Professeur d'Hygiène à l'Université Laval de Montréal,

(Discours prononcé à l'ouverture des Cours de la Faculté de Médecine de l'Université McGill, session de 1900-1901).

Monsieur le Doyen et Mcssieurs les Professeurs, Messieurs les Etudiants,

La Faculté de médecine de l'Université McGill, en m'invitant à vous adresser la parole aujourd’hui, m'a tout d’abord fait un grand honneur, dont je désire en premier lieu la remercier bien cordialement ; elle a voulu aussi, je crois bien, rendre à l’Université Laval, dont je fais partie, un témoignage d'estime et de fraternité, et c’est de cela siutout que je lui suis reconnaissant. Aussi n’ai-je pas voulu refuser l’aimable invitation qui m'était faite, bien que la difficulté avec laquelle je parle la langue anglaise m'en ait donné une forte envie. J'ai pensé qu'il valait mieux sacrifier ma réputation de linguiste au plaisir de répondre à cette aimable invitation, et je me contente avant de commencer, de faire un appel chaleureux à votre indulgence. Vous voudrez bien me pardonner les fautes de langue que je pourrais faire, et ne tenir compte que de mon bon vouloir.

Notre profession, Messieurs, celle que vous voulez épouser à votre tour, est une des plus belles qui soient. Faite d'étude, de labeur et de dévouement, la vie du médecin n’est pas dépourvue de noblesse et de grandeur, puisque ce dernier poursuit, dans l'exercice de sa profession, un but très beau et très humanitaire: soulager ceux qui souffrent. Sa place de prédilection est au chevet des malades: il voit défiler tous les jours,

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dans son cabinet, les blessés et les malheureux; ses meilleurs amis sont les infirmes et les abandonnés. Faisant appel à sa science et à sa bonté, il s'efforce de panser les plaies, de guérir les malades, de prolonger la vie, et les meilleurs instants de son existence, ses heures de triomphe, sont des victoires remportées sur la mort, Oui, la vie €"1 médecin est pleine de noblesse et de grandeur!

C'est ici, dans cette belle Université, que vous êtes venus vous préperer, par de longues et patientes études, au rôle social que vous aurez à remplir plus tard, à cette vie faite de travail et de sacrifices. Vos maîtres vous indiqueront les différentes voies à suivre: ils vous enseigneront les préceptes qu'il faut connaitre ; ils dérouleront devant vos yeux la vaste étendue des sciences médicales, plus belle à mesure qu’on la pénètre. Vous aimerez je n’en doute pas, cette science de la médecine, qui sait donner des plaisirs très grands à ceux qui lui sont fidèles, à ceux qui l'aiment et qui vous apprendra à sonder les cœurs et les reins. Vous l’étudierez avec passion, sous ses aspects variés, dans ses branches multiples, et c'est ainsi que vous apprendrez à connaître et à combattre les causes de mort.

De ces diverses branches de la science médicale, il en est une dont je voudrais vous entretenir plus particulièrement aujourd’hui; car vous en aurez besoin durant tout le cours de votre vie professionnelle ; je veux parler de l'hygiène. Et je vais tâcher de vous démontrer que, sans l’hygiène, le médecin serait incapable de remplir sa mission dans la société.

L'hygiène est devenue une science positive, donnant des résultats certains, toujours les mêmes. Cela est dû en grande partie, aux progrès énormes accomplis par la médecine pasteurienne. Et c’est pour cela qu’elle est d’un si grand secours au médecin qui s'efforce de prolonger la vie de ses clients, soit en rétablissant la santé lorsqu'elle est compromise, soit, ce qui est mieux encore, en empêchant la maladie de venir comp"omettre la santé.

Considérez l'hygiène un instant, et voyez quel vaste champ elle couvre. Par l'alimentation, ia gymnastique et le travail, eile nous permet de développer la force et de fortifier la santé. C’est

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elle qui, par des régimes alimentaires spéciaux, par des règles bien comprises des soins à donner aux malades, nous fournit les moyens de soutenir ceux-ci à travers les maladies les plus longues et les plus débilitantes. Bien plus, en formulant les règles de la prophylaxie, elle a, suivant l’heureuse expression du Professeur Brouardel, rendu les maladies contagieuses, évitables, et fourni ainsi, l’un des moyens ies plus sürs de pro-

téger la santé. On peut rendre à l'hygiène ce témoignage

qu’elle a diminué, dans le monde entier, la mortalité générale, et jamais l’on ne pourra rendre à notre profession un témoignage plus flatteur.

Le médecin, s’il veut remplir sa mission d’une manière efficace, doit être hygiéniste. Non-seulement il doit fixer l’hygiène générale des familles, afin de développer, au foyer même, la santé et la force: non-seulement il lui faut établir l'hygiène particulière à chaque maladie, s'il ne veut pas que le malade succombe; mais il doit encore, dans les cas de maladies contagieuses, protéger la santé du public; son rôle ici n'est pas le moins important; car, suivant l’axiôme bien connu, mieux vaut prévenir que guérir.

De toutes les mesures hygiéniques, c’est en effet la prophylaxie qui doit tenir la première place. Cette vérité est démontrée depuis longtemps par les faits. Elle est admise aujourd'hui sans conteste, et les autorités civiles en ont fait la base des organisations sanitaires dans les pays civilisés. L’hygiène internationale a ses lois écrites, et l'établissement des quarantaines aux frontières n’a été que le résultat de la prophylaxie armée, mesure pacifique s’il en fut, puisqu'elle ne vise qu’à sauvegarder la vie des habitants du territoire, mais mesure ayant force de loi tout de même, et à laquelle tout voyageur doit se soumettre.

Les grands centres de population agissent de même, désirant, eux aussi, protéger la santé publique sur leur propre terrain. L’hygiène municipale a ses réglements, qu'elle impose partout où l'autorité civique a le droit d'intervenir. C’est ainsi qu’elle veille à la bonne qualité de l’approvisionnement d’eau, à la propreté des rues, à l'assainissement du sol, à la salubrité

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des logements, des écoles, des établissements industriels, etc... Il est bien qu'il en soit ainsi, puisqu'il s'agit, somme toute, de combattre l’éclosion des maladies, de conserver la vie des contribuables.

Mais si l'hygiène internationale, qui relève des gouvernements, et l'hygiène municipale, qui ressortit à l'administration civique, ont créé pour les médecins, des positions dignes d’attirer l'ambition de ceux qui veulent faire, de l'hygiène, une étude particulière et complète, ce n’est pas sur ce terrain spécial que l'hygiène devient une nécessité première au médecin praticien. Sans doute, il agirait contrairement à l'esprit de sa profession s’il ne savait seconder l’action des autorités sanitaires, mais ce n’est pas à la frontière, ni à l'Hôtel de Ville, que, dans le cours habituel des choses, on attend de lui une intervention active et efficace; c’est dans la famille, c’est dans son entourage qu'il doit agir. C’est là, ainsi que je vous le disais toutà-l’heure, que l'hygiène, qu’elle soit générale, spéciale ou prophylactique, lui fournira les plus sûrs moyens de maintenir la santé et de prolonger la vie.

Permettez-moi de développer quelque peu cette pensée.

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