‹ Le mélange des couleurs enseigné par l'exempleChapitre 13 sur 18 · FEMME DRAPÉE · texte numérisé non relu

FEMME DRAPÉE

| | | Manière de procéder pour copier la planche

La figure de profil qui forme le sujet principal de cette planche n’est qu’un

prétexte à l'étude des draperies; nous ne nous étendrons donc pas sur la manière

Le de peindre les tons des chairs et les figures en général, puisque nous avons donné dans un autre ouvrage ! tous les conseils et les moyens à employer pour peindre les études de figures, les portraits, les tableaux de genre, etc.

Les draperies que nous montrons ici sont formées de tissus différents, l’un est une robe juive d'Algérie, en soie; l’autre est un chäle de laine. Le rouge de chacune d'elles est peu dissemblable ; mais le tissu de l’une étant mat, l’autre brillant, nous aurons l’avantage d'employer des procédés et d'obtenir des effets très différents. Chacun sait combien les étoffes de soie offrent de ressource au coloriste, grâce à leurs tons chatoyants et à leurs reflets métalliques dans les ombres: l'éclat des lumières s’accrochant aux cassures des plis, augmente l’intérêt de l'étude et le profit qu’on en peut tirer par le pittoresque et l’imprévu des

formes. Les plis amples et moelleux des étoffes de laine font un heureux con-

traste avec la sécheresse anguleuse d’une étoffe de soie; rien de plus instructif pour un débutant.

La correction du dessin étant la base fondamentale de toutes les études de

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figures et de draperies, l'élève devra d’abord s'appliquer à obtenir un tracé aussi

juste que possible avant de s'occuper des colorations. Il y faut une exactitude

1 Voir Cours complet de Peinture à l'huile, Figures, page 24.

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ÉTUDE DES TONS ROUGES

rigoureuse et une proportion parfaitement juste. C’est à quoi l’on n'arrive pas, le plus souvent, sans de longs tàätonnements qui obligent l'artiste à effacer et à recommencer. [Il s’en suit que la toile se salit, que, parfois même, le fusain cesse de marquer et qu'ainsi tout travail devient impossible. Il est donc nécessaire de faire un dessin préalable sur une feuille de papier, puis, lorsqu'il semble suffisant, de le décalquer sur la toile et de le passer à l'encre de Chine, au moyen d’une plume, pour obtenir un trait ferme et net. On peut ensuite effacer les traces du décalque au moyen de mie de pain, ou à l’aide de l'essence de térébenthine essuyée ensuite avec un chiffon très propre. Si la toile employée est apprêtée en gris clair, comme dans l'étude qui nous occupe, on facilitera le travail en ébauchant les dessous avec des couleurs à l'aquarelle ; ce procédé a l'avantage de faire couvrir les laques qui resteraient transparentes sur le fond clair, dans les tons foncés où le mélange ne comporte pas de blanc. Si l’on a l'intention de procéder par une ébauche à l’aquarelle, il sera indispensable de dégraisser la toile avant de dessiner.

On peut procéder à l'étude de la tête et des bras avant ou après celle des draperies, mais seulement quand on a vraiment l'habitude de peindre ; néanmoins, il est préférable de commencer par la tète et les bras. Les premiers tons de la planche d'échantillons montreront par quels mélanges on peut obtenir les tons des chairs dans l’ombre, la demi-téinte et le clair; ces tons généraux sont ceux qui contribuent le plus à produire l'effet: aussi n’avons-nous pas voulu compliquer outre mesure la série des mélanges, pensant bien que, s’il se rencontre par place des tons accidentels, tels qu'une partie bleue, ou verte, nécessitée par un réseau veineux transparent sous une peau fine, l'élève saura trouver de lui-même le mélange nécessaire avec un peu de vert émeraude ou de bleu d’outremer. Nous nous bornerons à rappeler aux débutants qu’il est nécessaire de commencer à peindre les chairs par le ton de l’ombre et de la demi-teinte, pour finir par le clair et le brillant des parties luisantes,.

Les draperies doivent également être peintes en procédant du plus foncé au plus clair et en observant bien le sens de l’étoffe pour donner le modelé et obtenir le relief; le coup de pinceau doit être donné dans le sens rond des plis tuyautés, chaque coup doit avoir la forme d’une arche de pont qui entoure le pl; si l’on

peignait dans le sens horizontal ou vertical des plis, on n'obtiendrait qu'une

barre rigide, sans grâce et sans modelé.

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