‹ Le ménétrier, opéra-comique en trois actesChapitre 12 sur 62 · ACTE I. SCENE VU. Il · texte numérisé non relu

ACTE I. SCENE VU. Il

pairtir pour l'armée. .. les filles du village n'auront pkis de choix... je suis seul... je suis le coq. GÉDÉON, avec intenlion.

Vraiqfient !.. de sorie que les iilles du village... lu ks connais toutes?...

JEANNOWITZ.

Je crois bien !... j'ai longtemps hésité entre la petite Thérèse qui demeure là... (Montrant la chaumière à droite.) et la servante de l Ours JSoir,.. qui est bien gentille... mais qui est trop moqueuse, et décidément je vais demander l'autre en mariage.

GÉDJÉOiN.

A son père ?

lEANNOWlTZ.

Elle n'en a pas... ni de mère non plus... ça abrège bien.

GÉDÉON, vivement.

Ah ! elle est orpheline ?

JEANNOWITZ.

Comme vous dites!... elle avait à peine trois ou quatre ans quand elle est venue , on ne sait comment , ici en ce village.

GÉDÉON, de même,

Ya-t-il longtemps?

JEANNOWITZ.

Au moins treize ou quatorze ans.

GÉDÉON, vivement.

De sorte qu'elle en a dix-huit.

Juste... c'est ce que disait l'autre jour Urbain, son parrain... car-c'est Urbain, le ménétrier, qui l'a recueillie... une histoire... à n'en plus finir...

GÉDÉON

Qui ne me paraîtra pas longue, M. Jeannowitz , vous voulez bien me la raconter. %

18 LE MENETRJER.

JEANNOWITZ.

Au fait... j'ai le temps... puisque je reste au pays... Imaginez- vous... qu'il y a quatorze ans à la fin de novembre... il faisait déjà bien froid dans la montagne... voilà qu'on trouve le malin à la porte du vieil Urbain le soldat... une petite fille endormie et à moitié gelée... vous jugez quel événement ! car ici filles et garçons, tout le monde est curieux... on ne devinait rien... lorsque M. le bourgmestre s'écria : Peu importe... ce dont il faut nous occuper... c'est de c'bel enfant... qui de vous veut s'en charger?... mais parmi les richards de l'endroit, mon père avait un enfant... qui était moi 1... le percepteur en avait quatre, et la femme du bourgmestre lui en donnait un tous les ans... de sorte que chacun gardait le silence... lorsqu'une voix se fit entendre dans la foule... c'était un petit garçon de quatorze ans... Urbain le ménétrier... qui revenait de l'enierremenl de son père... Moi ! qu'il s'écria , M. le bourgmestre... moi , si vous voulez, je m en charge... puisqu'on l'a déposée devant la porte de mon père. — Mais lu n'as pas un sou vaillant. — C'est égal ! quand il n'y a rien pour un, il y a autant pour deux. — Mais , lu muuiras de faiui ! — Oh! que nenni... j'ai mon violon... et puis vous avez tous trop de famille... moi, je n'en ai pas assez... je suis seul au monde... donnez-la moi, iVl. le bourgmestre, j'en aurai bien soin... et voyant alors qu'il y tenait... tout le village se réunit... pour la lui donner... et alors... voilà l'histoire.

GÉDÉON

Et vous la contez bien.

Vous êtes trop bon !

GÉDÉON

Mais il est impossible qu'il n'y ait pas là-dessous quelque mystère.

ÂCÏE I, SCENE VIL 19

JEANNOWITZ.

3*oubliais de vous dire que Thérèse...

GÉDÉON , apercevant un homme qui descend de la montagne^ enveloppé d'un manteau vert et d'un chapeau gris avec une plume noire.

0 ciel !

JEANNOWITZ.

Qu'avez- VOUS donc, monseigneur ?

GÉDÉON

Rien !.. (Regardant.) L'homme au manteau vert dont parlent nos instructions...

GÉDÉON, à JeannowUz^ montrant l Inconnu» Connais-tu ce monsieur-là ?

JEANNOWITZ.

Non, monseigneur.

GÉDÉON, à lui même.

Il a lu le billet... et se dirige vers la chaumière de Thérèse...

JEANNOWITZ.

il y entre...

L'orchestre qui, depuis l'entrée de l'Inconnu, avait joué un trémolo en sourdine, s'arrêle au moment où l'Inconnu entre dans la chaumière d'Urbain.

GÉDÉON, dun air de triomphe.

C'est cela même... nous y voici !... (Se retournant vers Jeannowitz) Eh bien ! tu disais donc que Thérèse...

JEANNOWITZ.

Je disais qu'après avoir hésité entre elle et la petite Lisbeth... j'étais dccidé à faire le bonheur de Thérèse... je l'épouse !

GÉDÉON

Toi !... (d part.) Voilà qui est contraire à nos instructions.

JEANNOWITZ.

A moins... voyez-vous, monseigneur... que ce sournois d'Urbain ne veuille la garder pour lui... et l'épouser... pour soncomple... ce doni je l'en soupçonne! GÉDÉON, à part.

Lui ! aussi !... il paraît qu'ils veulent tous l'épouser... Urbain le ménétrier... (Montrant Jeannowifz ) Puis, celui-là ! et peut-être un troisième... l'homme au manteau vert... le tout. . contrairement à nos instructions... c'est ce que nous verrons. . L'Inconnu sort en ce moment de la chaumière de Thérèse et

disparaît par le fond.

JEANNOWiTZ.

Tiens !... ce monsieur de tout-à-l'heure qui sortde

chez Thérèse.

GÉDÉON, à Jeannowifz. C'est bien , mon garçon... c'est bien... ne le gêne

pas... pour moi... nous nous reverrons... vas à tes

affaires... {A part.) Je vais m'occuper des miennes...

(Jeannowilz le salue respectueusement et entre dans la chaumière à droite.)

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