ACTE I, SCENE VIIL tî
habit noir un rouleau en bois peint où Ton met des plumes , de l'encre et du papier )
Écrivons...
(Il s'asseoit devant une table en pierre à droit»»)
C^NTJBILE.
Oui, dans Salluste et dans Tacite, On puise, à l'Université, L'esprit, l'audace et le mérite Des héros de l'antiquité!
Mais malgré tout leur savoir faire^ Bon appétit, estomac creux, Et vous, inventive misère 1...
Vous nous inspirez encor mieux 1
(Pendant ce cantabile il a achevé d'écrire sa lettre, puis il tire de son doigt un anneau qu'il brise par la moitié.)
RÉCITATIF
Joignons à cet écrit la moitié de l'anneau
Que me donna jadis une infidèle!
Et puis, pour envoyer celte épitre nouvelle. Cherchons un messager et discret et nouveau, Surtout mystérieux !
(Begardant autour de lui et apercevant le vieux tilleul qui est au fond du théâtre.)
Eh mais,^..
CAVATIJSE.
Toi, dont l'ombrage.
L'épais feuillage Fut. en tout temps, Cher aux amans!
Toi, dont la voûte Cacha sans doute Bien des désirs, Bien des soupirs;
Amant 6dèle, Je ne viens pas Pc€s d'une belk
n LE MENETRIER
Porter mes pas ; Mais sans rancune»
Et pour changer, De la fortune Sois messager !
Oui, sous ce tilleul solitaire, Gn doit encor venir, j'espère, Chercher quelque billet chéri!...
On y trouvera celui-ci!...
Sinon, çt d'une autre manière, Nous l'enverrons... mais celle-ci Doit nous réussir aujourd'hui.
Toi, dont l'ombrage, L'épais feuillage Fut, en tout temps;, Cher aux amans !
Ta sombre voûte Entend sans doute Bien des désirs.
Bien des soupirs!
Amant fidèle, etCk
(Il jette le billet dans le creux de l'arbre el sort par la gauche.;