THÉRÈSE, URBAIN
THÉRÈSE, près du tilleul, Lisbelh m'a bien dit de regarder si ce soir il n*y aiî-> rail pas quelque chose de nouveau.., [Elle passe la main dans le tilleul et dit avec joie ; ) Ah î voilà ! URBAIN, se retournant brusquement au moment où
elle le retire.
Qu'est-ce que vous faites là?... qu'est-ce que c'est que cette lettre?... une lettre de quelque amoureux...
A moi ! par exemple !
URBAIN, courant prendre la lettre.
Voyons... voyons... quelle est-elle?...
THÉRÈSE
Je ne peux pas le dire... on me l'a défendu..
URBAIN, avec colère.
Vous voyez... vous voyez !...
THÉRÈSE
Eh bien ! puisque c'est comme ça... (Regardant Vadresse.) c'est une lettre pour M"^ Lisbelh... non , c'est pour vous... à M. Urbain...
URBAIN, prenant la lettre et la jetant sur la table.
C'est bon!
THÉRÈSE
Lisez donc !
URBAIN
Plus tard !
THÉRfeSK*
Mais lisez donc !
ae LE MENETRIER.
URBAIN
Plus tard... écoutez-moi vite... car on m'attend. DUO.
Je suis, depuis l'enfance, Ton ami, ton soutien ; Tes maux font ma souffrance, Ton bonheur fait le mien..
Et quand mon cœur se flatte D'un rêve d'amitié.,.
(La montrant de la main.) Je m'abuse, et l'ingrate Me trahit sans pitié...
Ingrate!... ingrate!...
Tu me trahis, et sans pitié !
THÉRÈSE
Qu'ai-je donc fait?
URBAIN'
Je sais ta perfidie ; Ouï, je connais tes vœux et ton espoir l
THÉRÈSE
Écoutez-moi, du moins, je vous en prie...
URBAIN
Non, non, je pars et ne veux plus te voir! URBAIN. THÉRÈSE, pleurant.
L'heure me presse Quelle rudesse !
Et l'on m'attend ; Qu'il est méchant I
Sois ta maîtresse Mon cœur s'oppresse
Dès cet instant! D'effroi, tremblant!
Qu'amour te guide Parle et décide
En tes projets! De mes projets.
Adieu, perfide, Qui ? moi !... perfide !
Et pour jamais ! Non, non, jamais !
URBAIN, prenant par la main Thérèse qui pleure. Ne savez-vous donc pas... et vous n'en disiez rien, Que Jeannowitz vous aime !...
TaÉRÈSE, essuyant ses yeux et levant la tête.
Eh bien?...