ACTE II, SCENE XV
usBETH, tremblante.
Qui?
UKBAIN.
L'homme au manteau reH !
USBETH, avec effroi.
Sans lui de nos projets la ruin-eest complelte.
Qu*il parle donc!... à moi, d'assurer sa retraite! LïSBETH, S approchant de Leopold et des Montagnards, Partez pour Inspruck !... c'est notre seul espoir !
LÉO 1^0 LD, faisant signe à ses compagnons. Et c'est notre dessein !
(Tous prennent leurs chapeaux et leurs bâtons ferrés. Léopold se dirige vers la gauche pour prendre son manteau. Il voit Urbain qui l'a prévenu, et qui vient de prendre son manteau et son chapeau.)
Que fais-tu ?
€RBAiN, à voix basse.
Mon devoir I Ici -bas, désormais, ma vie à rien ne sert. Et la vôtre est utile !
SRiFKRAFFEN et LE SERGENT, lotijours assis, et regardant Urbain quils suivent des yeux et ne perdent pas de vue.
Ah ! rhomm€ au manteau vert !
C'est lui ! c'est lui !
LiSBETH, bas à Léopold, à qui elle vient de parler* Partez, je vous en prie !
l,ÉOPOLD, au fond du théâtre, à demi-voix , aux Tyroliens qui t'entourent et leur montrant Urbain, Imitons- le !... Servons l'honneur et la patrie ! (Il sort avec les Tyroliens par la porte du fond , au moment où Jeannowilz, portant un panier de vins, sort de la porte à droite.)
jEANNowiTZ , apercevant Urbain.
Tiens! l'homme au manteau vert revenu!.,.
(S'adressant à Krifkraffen.)
Monseigneur
56 LE MEMKTRIER. 1
KRiFKRAFFEN, satis Vécoufer, et aux Soldats montrant Urbahu Qu'on l'arrêfe, soldats, au nom de l'empereur !
(Jeannowitz étonné, laisse tomber son panier de vins.) LisBETH. « Krifkrnffen.
D'où vient, messieurs, celte rigueur?
Qu'a-t-il donc fait ?
KRIFKRAFFEN, an Sergent, \
Elle être pien émue ! j
(Aux Soldats.) j
Arrêtez-la, soldats, au nom de l'empereur! \
JEANNOWITZ, à Krifkraffen. \
L'arrêter.'... mais c'est une erreur! 1
Songez que c'est ma prétendue ! '
KRîFKRAFFEN, au Sergent, montrant Jeannowitsf. [
Quoi ! ce êlre sa prétendue !
C'est alors quelque grand seigneur!
(Aux Soldats, montrant Jeannowilz ) Arrêtez-le, soldats, au nom de l'empereur I \
ENSEMBLE
KRIFKRAFFEN, LE SERGENT et LES SOLDATS. ]
Ni pitié, ni grâce, ; Ici, quoi qu'on fasse.
Ni cri, ni menace '■
Nous n'entendons rien. ■
Pour nous quelle joie î '
Le ciel nous envoie, i
Enfin; cette proie, ;
C'est lui, je le tiens ! \ C'est pien ! c'est pien î c'est pien t
URBAIN
Pour moi , que m'importe la vie? i
Vous me cherchez et me voilà ! i
Mon Dieu ! veille sur la patrie^ ^
De nos tyrans délivre-la. l LISBETH, ' i
La liberté nous est ravie ; j Mai» Dieu bientôt nous la rendrsi;