S PS2 PS EAST EE
De même pour les actifs et les émotifs :
À DES “n 4 25,5 nE 38,7
En ne retenant que les numérateurs, constitués par les
nombres les plus forts, dans chacun des couples, on obtient la formule :
et si enfin, pour arriver à une formule simple, on se contente de réunir les trois chiffres de dizaines, on obtiendra, comme représentant de la population considérée, un EAS=—676; ou en rangeant les symboles par ordre de grandeur, un ASE, un passionné méthodique (1).
On pourrait appeler ce représentant le centre de diffusion éthologique de la population considérée, puisque le reste fluctue par rapport à celui-là. Si la population considérée était un peuple complet, isolé et homogène, elle devrait produire des
institutions faites pour satisfaire les tendances de ce représentant (2).
(2) De même que l’éthologie pourra collaborer utilement à l’étude des déterminations d’une civilisation, elle pourra expliquer certaines fluctuations de son histoire. La grandeur de la France, dans la deuxième moitié du xvn® siècle, s’explique partiellement par ce simple fait qu'un roi EAS, Louis XIV, a groupé autour de lui, par cette sympathie entre caractères qui est l’éthologie du sens commun, beaucoup d'EAS organisateurs et travailleurs. Comme l'exemple de Napoléon l’a prouvé ultérieurement, le danger de l’ambition des EAS, c’est le surmenage, c’est-à-dire l'usure des moyens dont elle dispose : c’est la définition même de la guerre. Le règne de Louis XV a marqué, dans la direction de l’opinion française, le remplacement des EAS par des actifs primaires : critique de la métaphysique et de la religion, libéralisme, scepticisme, médiocre souci des intérêts nationaux, admiration pour la science et optimisme, jusqu’à ce que la réaction amenée par l’homme le plus opposé qui soit à Voltaire dont il a la formule renversée, l’EnAS rêveur Rousseau ait préparé le romantisme, caractéristique des EnA poètes et dyscolistes. À cause de sa situation géographique qui la dispose aux invasions ou aux infiltrations septentrionales et méridionales, la France doit avoir une population étholo-
giquement très hétérogène, Il y a des « groupes éthologiques » comme il y a des « groupes sanguins ».
$ IV. — La vÉRACITÉ ET LE CARACTÈRE NERVEUX
Nous venons de consolider le fait fourni par l’étude des nerveux, en le rapprochant des chiffres relatifs à la véracité des autres catégories psychologiques, et de montrer qu’ils peuvent être tous systématisés par une fonction. Rapprochons-le maintenant des chiffres qui mesurent les autres propriétés psychologiques des nerveux pour voir s'ils peuvent être reliés d’une manière cohérente.
D’après l’enquête biographique (1) faite par G. Heymans et dont les résultats principaux s’accordent avec ceux de l’enquête statistique, ont été des EnAP :
Byron, D. Dekker, Dostoiewski, O. Goldsmith, Grillparzer, Hoffmann, Multatuli, A. de Musset, Lenau, E. Poe, Sterne.
Les traits qui se retrouvent le plus fréquemment chez eux ont été dégagés par G. Heymans et E. Wiersma. Ils se laissent grouper dans le tableau suivant, qui présuppose quelques explications. De deux propriétés contraires, j’ai toujours choisi celle pour laquelle le premier chiffre est supérieur au second, afin que l’attribution de la propriété considérée paraisse justifiée à première vue.
Les trois chiffres qui suivent chaque propriété, par exemple (4. N. 70,7 — M. 40,6), indiquent : le premier, le numéro de la question de l’enquête statistique; le deuxième, la fréquence de la propriété considérée chez les nerveux ; le troisième, sa fréquence moyenne chez les hommes sans distinction de caractère.
CARACTÈRES ORDINAIRES DES EnAP I. — Émotivité générale.
Le type produit :
(1) G. Heymans. Ueber einige psychische Korrelationen in Zeüschrift für angewandie Psychologie, vol. 1, 1908, p. 317, n. 1. Cf. G. Heymans. Psychologie des Femmes, traduction française, Paris, Alcan, 1925, p. x1x. Ces faits sont repris ci-dessous, chap. vi.
410 la mobilité (1.N. 70,7-M. 40,6) l’impulsivité (7, N. 78,2-M. l'alternance affective (passage al-
43,6 ternatif de la gaîté à la tristesse)
le talent d'imitation (33. N. (15. N. 56,3, M. 36,7), de l’enthou- 12,1-M. 8,5) siasme au découragement (6 2N:
20 l'intensité affective (9. N.\52,9, M. 30,8), projets non réalisés 100-M. 50) (24. N. 41 ,4-M. 18,5) sympathies
la violence (10. N. 75,9-M. | puis antipathies (19,-N;:-57:55M, 45,7) 25,7), aimant le changement (22.
l'imagination N.71,8-M.43,1),contradictionsdans
les troubles mentaux (90. N. [la conduité (26. N. 43,7-M. 19,2). 28,2-M. 17,4)
la prédominance des intérêts directs sur les intérêts indirects, |
recherche de résultats immédiats (25. N. | 66,7-M. 39,5)
. gaspilleurs (51. N. 25,9-M. 9,1)
goût du jeu (80. N. 13,8 et 2,9-M. 11,4 et 1,8)
non ponctuels (85. N. 54,6-M. 27,1)
non pratiques (29. N. 43,1-M. 22,0).
IT. — Émotivité spéciale Il favorise :
30 les émotions passives
accessibles à la peur (70. N. 44,3 et 4-M.
34,5 et 2,8)
49 les tendances égoïstes a. vitales.
plaisirs de la table (44.N.55,2-M.45,1) L viéiens dosuels (20 N. 10 LMe82) ee 0 b. psychoëgoïstes FN ER susceptibles (11. N. 68,4-M. 52,1)
ne méritent pas confiance (64.
vaniteux (48. N. 54-M. 27,4)
affectés dans leurtenue (60.N.21,3-M.10,2) épris d’honneurs (49. N. 47,7-M. 36,8) durs pour les inférieurs (54. N. 10,9- -M.9)
critiques (12. N. 49,4-M. 46,1) Il défavorise :
50 les tendances impersonnelles mauvais observateurs (40 N. 32,8-M. 22,9) non-connaisseurs des hommes (28. N. 54,6- M. 33,1) jugement superficiel (27. N. 48,3-M. 26,8) bavardage (31. N. 48,9-M. 26 2).
prolixité (37. N. 33,3- M. 22 8).
Ce tableau appelle quelques observations :
19 Aucun chiffre n’appuie l'attribution de l'imagination aux nerveux : c’est que l'imagination, entendue comme l’aptitude à se représenter quelque objet que ce soit avec plus de vivacité concrète que la moyenne des gens, est indiscutablement connexe de l’émotivité.
20 Il est important de distinguer dans notre vie entre les cas où nous désirons un objet À pour satisfaire une de nos tendances, et ceux où À n’est pas intéressant pour nous en luimême, mais seulement comme le moyen de B. Il est même fréquent dans ce cas que À soit en lui-même désagréable. Quand À est désirable par lui-même, il y a intérêt direct ; dans l'autre cas, intérêt indirect. Les intérêts directs changent avec. les directions de l’inclination. L’avare a pour l’argent un intérêt direct. Les intérêts indirects supposent que le sujet ait reconnu que À est la condition permettant la réalisation de l’objet d’un intérêt direct. L'étude de leur rapport suivant les divers caractères, est très féconde : la question 25 (buts lointains ou. résultats immédiats) est la plus utile à consulter pour cette étude.
La simple inspection de ce tableau inspirera le sentiment que, si les EnAP ne méritent la confiance ni par leurs actes ni par leurs paroles, ce double défaut n’est pas sans connexion avec le reste de leur nature, même grossièrement dessinée. En effet, les traits qui se dégagent de cette esquisse paraissent peu favorables à la véracité. C’est d’abord la mobilité, amplifiée par l'intensité des émotions : elles engendrent l’alternance affective. Comment échapper à l’impression que les sentiments rapidement successifs devront entraîner l’incohérence des jugements et des opinions ? Nos représentations perceptives, imaginatives et intellectuelles résultent à la fois de conditions matérielles, d’habitudes et de tendances. Plus celles-ci seront fortes, plus le contenu représentatif en sera affecté : première déformation qui, pour autant qu'elle résulte de tendances, est intentionnelle. Si en même temps que les tendances sont fortes, elles sont rapidement variables, leur succession apparaîtra comme d’autant plus incohérente que chacune aura été plus nettement accentuée dans un sens opposé au sens des précé-
dentes et, en même temps qu’elle, la succession de leurs expressions. Le sujet sera appelé menteur par un observateur qui, en constatant l’incohérence des expressions successives, percevra, en même temps, que cette incohérence ne provient pas du changement de conditions externes, mais au contraire de facteurs subjectifs, intérieurs au sujet.
Non seulement les sentiments du nerveux sont à la fois forts et mobiles, mais, par la prédominance des intérêts directs sur les indirects, il se propose surtout leur satisfaction immédiate. Or, mentir, n’est-ce pas ordinairement renoncer aux avantages plus lointains que la véracité nous vaudrait, pour les bénéfices plus prochains que le mensonge assure ? Le mensonge a pour lui la proximité de ses avantages : supériorité importante pour qui limite à peu près sa vision au présent.
Qu'est-ce qui pourrait en détourner le nerveux ? Ce ne sera pas la considération des autres, puisqu'il est égoïste. Ce ne sera pas la considération de l’objectivité abstraite, puisque ses tendances impersonnelles sont faibles. Le nerveux est donc livré à la succession de ses sentiments, trop forts pour attendre une satisfaction lointaine. Il cherchera la satisfaction la plus prochaine et, comme il est inactif, 1l cherchera à l'obtenir avec le moins d'action possible. La demandera-t-il à une altération de l’abstrait ? Mais l’abstrait, du fait même de son émotivité dont il est esclave, ne l’intéresserait que médiocrement. Ce sera donc l’altération imaginative qui le sollicitera et le mensonge concret, improvisé au cours de la vie courante, pour donner satisfaction à des passions puissantes et changeantes, sera l’aspect extérieur, la forme pour autrui d’une altération de la vérité, dont le principe sera dans la mobilité affective du nerveux.
Cette argumentation, peut-on objecter, implique que la juxtaposition des propriétés énumérées dans le tableau et de la mendacité enveloppe une connexion; elle ne le prouve pas. Certes non à la rigueur, mais d’abord, il est intéressant que cette juxtaposition suggère immédiatement à l'esprit l’idée d’un lien entre les termes. En outre, il est facile de contrôler cette suggestion en cherchant ce qui se passe quand, pour les propriétés qui y sont énumérées, on remplace le chiffre relatif au nerveux par
le chiffre relatif au flegmatique, qui s’oppose à lui par toutes les propriétés fondamentales. S'il y a connexion entre ces propriétés et la véracité, le nombre N supérieur à M, qui s’applique au nerveux, doit être remplacé régulièrement par un nombre F inférieur à M, comme il arrive, nous l’avons vu, pour la mendacité. Voyons ce qu’il en est,
CARACTÈRES ORDINAIRES DES nEAS