ACTE IV, SCÈNE I
Tu ^e pie quittas pas pour entrer chez Lucrèce?
CLITON
Ah! monsieur, m’auriez-vous joué ce tour d’adresse? DORANTE.
Nous nous battîmes hier, et j’avois fait serment De ne parler jamais de cet événement;
Mais à toi, de mon cœur Tunique secrétaire,
A toi, de mes secrets le grand dépositaire,
Je ne cèlerai rien, puisque je Tai promis.
Depuis cinq ou six mois nous étions ennemis :
Il passa par Poitiers, où nous prîmes querelle;
Et comme on nous fit lors une paix telle quelle,
Nous sûmes l’un à Tautre en secret protester Qu’à la première vue il en faudroit tâter.
Hier nous nous rencontrons ; cette ardeur se réveille., Fait de notre embrassade un appel à l’oreille ;
Je me défais de toi, j’y cours, je le rejoins,
Nous vidons sur le pré l’affaire sans témoins;
Et, le perçant à jour de deux coups d’estocade,
Je le mets hors d’état d’être jamais malade :
Il tombe dans son sang.
CLITON
A ce compte, il est mort?
DORANTE
Je le laissai pour tel.
Certes, je plains son sort :
Il étoit honnête homme; et le ciel ne déploie....