ACTE m, SCÈNE H
Et foil pluV que la mort la honte de mentir.
Ceffaest point, i '-..:. .
PHILISTE
Dorante, à ce que je présume, ) Est vaillant par nature, et menteur par coutumo. i Ayez sur ce sujet moins d'incrédulité, Et vous-même admirez notre simplicité.
A nous laisser duper nous sommes bien novices : Une collation servie à six services, Quatre concerts entiers, tant de plats, tant de feux, Tout cela cependant prêt en une heure ou deux. Gomme si l'appareil d'une telle cuisine Fût descendu du ciel dedans quelque machine. \ Quiconque le peut croire ainsi que voua jat moi, S'il a manqué de sens, n'a pas manqué de foi. Pour moi, je voyôis bien que tout ce badinage Répondoit assez mal aux remarques du page; Mais vous?
ALCIPPE
La jalousie aveugle un cœur atteint^ Et, sans examiner, croit tout ce qu'elle craint. Mais laissons là Dorante avecque son audace ; Allons trouver Glarice, et lui demander grâce : Elle pouvoit tantôt m'entendre sans rougir.
^HIUSTB.
Attendez à demain, et me laissez agir;
Je veux par ce récit vous préparer la voie,
Dissiper sa colère, et lui rendre sa joie.
Ne vous exposez point, pour gagner un moment.
Aux premières chaleurs de son ressentiment.
ALQPPE. •
Si du jour qui s'eq^î^la lumière est fidèle.
Je pense l'entrevoir avec son Isabelle.
Je suivrai tes conseils, et fuirai son courroux Jusqu'à c^ qu'elle ait ri de m'avoir vu jaloux.
SGËNE m. — GLARIGE, TSAHKLr.K,
CLARICK
IsabeUe, il est temps, allons troater Lucrèce.
ISABELLE
n n'est ^M» encor tard, et rien ne vous en presse. Vous avez on pouvoir bien grand sor son esprit; Â peine ai-je parlé, qa'elle a sor Theare écrit.
CLARICB.
Glarice à la servir n*en seroit pas moins prompto. Mais dis, par sa fenêtre as-ta bien vu Gréronte ? Et sais-tu que ce fils qu'il m'atoit tant vanté Est ce même inconnu qui m'en a tant conté?
ISABELLE
 Lucrèce avec moi je l'ai fait reconnoitre; Et sitôt que Géronte a voulu disparoitre, Le voyant resté seul avec un vieux valet, Sabine à nos yeux même a rendu le billet.
Vous parlerez à lui.
CLARICE
Qu'il est fourbOt Isabellel
ISABELLE
Eh bleni cette pratique est-elle si nouvelle? Dorante est-il le seul qui, de jeune écolier, Pour être mieux reçu s'érige en cavalier?
Que j'en sais comme lui qui parlent d'Allemagne, Et, si Ton veut les croire, ont vu chaque campagne; Sur chaque occasion tranchent des entendus, Content quelque défaite, et des chevaux perdus; Qui, dans une gazette apprenant ce langage, S'ils sortent de Parb, ne vont qu'à leur village, Et se donnent ici pour témoins approuvés De tous ces grands combats qu'ils ont lus ou rêvés ! II aura cru sans doute, ou je suis fort trompée, Que les filles de cœur aiment les gens d'épée; . Et, vous prenant pour telle, il a jugé soudain \l Qu'une plume au chapeau vous plait mieux qu'à la m^iia