ACTE m, SCÈNE IV
DORANTE
lie del fait cette grâce à fort peu de personnes : n y faut promptitude, esprit, mémoire, soins, Ne se brouiller jamais, et rougir encor moinsj Mais la fenêtre s'ouvre, approchons.
SCÈNE V. — CLARICE, LUCRÈCE, ISABELLE, à la fenêtre; DORANTE, CLITON, en bas.
CLARICE, à Isabelle.
Isabelle, Durant mon entretien demeure en sentinelle.
ISABELLE
Lorsque votre vieillard sera prêt à sortir, Je ne manquerai pas de vous en avertir.
(Isabelle descend de la fenêtre, et ne se montre plusj
LUCRÈCE, à Clarice.
n conte assez au long ton histoire à mon père. Mais parle sous mon nom, c'est à moi de me taire.
CLARICE
Êtes-vouslà, Dorante?
DORANTE
Oui, madame, c'est moi.
Qui veux vivre et mourir sous votre seule loi.
LUCRÈCE, à Clarice.
Sa fleurette pour toi prend encor même style.
CLARICE, à Lucrèce.
Il devroit s'épargner celte gêne inutile.
Mais m'auroit-il déjà reconnue à la voix?
CLITON, à Dorante.
Cest elle ; et je me rends, monsieur, à cette fois.
DORANTE, à Oarice.
Oui, c'est moi qui voudrois effacer de ma vie Les jours que j'ai vécu sans vous avoir servie. Que vivre sans vous voir est un sort rigoureux I C'est ou ne vivre point, ou vivre malheureux ; C'est une longue mort; et pour moi, je confesse Que pour vivre il faut être esclave de Lucrèce.
CLARICB, à Lucrèce.
Ch%re anûe, il en conte à chacune à son tour»
LUCRÈCEy à Clarice.
II aime h promener sa fourbe et son amour»
A vos commandemens j'apporte donc ma vie; Trop heureux si pour vous elle m'étoit ravie l Disposez-en, madame, et me dites en quoi Vous avez résolu de vous servir de moi.
CLARICE
Je vous vouloîs tantôt proposer quelque chose ; Mais il n'est plus besoin que je vous la propose. Car elle est impossible.
DORAKTE.
Impossible? ahl pour vouft Je pourrai tout, madame, en tous lieux, contre tous.
CLARICE
Jusqu'à vous marier, quand je sais que vous l'étest
DORANTE
Moi, marié? ce sont pièces qu'on vous a faites; Quiconque vous Ta dit s'est voulu divertir.
CLARICE, à Lucrèce.
Est-il un plus grand fourbe?
LUCRÈCE^ à Qarice.
Il ne sait que mentir.
DORANTE
Je ne le fus jamais; et si, par cette voie.
On pense....
CLARICE
Et vous pensez encor que je vous croie?
DORANTE. y
Que la foudre à vos yeux m'écrase si je mens ! ^
CLARICE
Un menteur est toujours prodigue de sermens.
DORANTE
Non, si vous avez eu pour moi quelque pensée Qui sur ce faux rapport puisse être balancée ^ Cessez d'être en balance, et de vous défier