SCÈNE X
VOUS. (Elle s'as&ied sur la chaise prés de l’établi et balan.-e une de se jambe», que Cloridon se met à regarder avec attention. ) Maintenant,
je vous écoute.
CLORIDON, qui a’ est assis.
Duthé, belle Duthé... je... je... je... viens...
LA DUTHÉ
Eh bien ?...
CLORIDON.
Oh ! je vous demande pardon.., mais ne remuez pas comme ça, je vous en prie, parce que, voyez-vous...
LA DUTHÉ
Oh! Cloridon, un financier! Je ne vous aurais pas cru si jeune que ça ., pauvre Cloridon !... Allons! je vais vous le dire ce que vous ne pouvez pas dire !... Vous êtes venu ici avec une belle phrase que voici : « Duthé, belle Duthé, revenez à nous! .. On ne soupe plus sans vous!...»
CLORIDON.
C’est vrai.
LA DUTHÉ
« On ne danse plus sans vous... »
CLORIDON.
C’est vrai.
LA DUTHÉ
« On n’aiine plus sans vous!... »
CLORIDON, se levant.
Eli bien, oui, je veux vous arracher d’ici, je veux vous ramener...
LA DUTHÉ
A la vertu?
CLORIDON.
A l’Opéra.
LA DUTHÉ, se levant.
Ah! voilà le grand mot 1 ... Eh bien, non! je n’y retournerai pas, à l’Opérft... Je suis bien chez Gervais... je suis bien chez mon menuisier, et.. .j’y reste!
CLORIDON.
Allons, cela n’est pas sérieux... cela était bon pour une semaine... c’était même drôle... c’a été à la mode... chacune a voulu avoir son menuisier.,. Cléophile n’a pas
gartjê le sien huit jours... ij est vrai que ce n’était pas un menuisier... elle s’était trompée... c’était un ébéniste.
LA DUTHÉ; riant*
Pauvre Cléophile !...
CLORIDON.
Ne dites pas: «Pauvre Cléophile!...» Depuis qu’il n’y a plus de Duthé, c’est Cléophile qui est la Dulhé...
LA DUTHÉ
Par exemple 1...
CLORIDON.
Elle a un hôtel, trois carrosses, vingt laquais...