SCÈNE IV
LA DUTHÉ
Air nouveau de M. Victor Cheui.
Vingt-cinq écus !
Dans les jours de joie et d’ivresse,
O main avide de richesse,
Main qui faisais danser sans cesse I/or de Crésus. . .
O ma main, qui t'aurait naguère Prédit qu'un jour, quelle misère!
Tu ferais sauter, toute fière.
Vingt-cinq écus !
(Elle rend l'argent à Vincent.)
GERVAIS
Et d’où te vient-il, cet argent?...
VINCENT
De Manicou, de ce bon Manicou, que tu as si mal reçu tout à l'heUre. (il donne nn écu à Gervais.)
LA DUTHÉ, qui s’est levée.
Mais à quel propos?...
Ce matin, après ton départ, remarquant que notre position financière était déplorable, attendu que l'homme, qui avait trois livres se trouvait justement avoir un écu de plus que nous... J’ai eu une idée... j’ai écrit : Chambre à louer sur un écriteau... et j’ai accroché l’écriteau à la poile...
LA DUTHÉ
Votre chambre?...
GERVAIS
Et il s’est trouvé quelqu’un pour louer ce taudis-là?...
VINCENT
11 s’est trouvé Manicou 1... Je la lui ai louée cent écus par an ! Voici le premier trimestre... (il montre* l’argent.)
LA DÜTHÉ.
C’est une fortune!...
GERVAIS
Bonne idée! Mais toi, où logeras-tu?...
VINCENT
Moi... n’importe où... ici, dans un coin... Je vais m’ar-
rjnger un petit intérieur... Pourvu que j’aie de la place polir nies meubles... (11 passe à gauche.)