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POESIE
La renoncule et l'œillet.
Fable.
La renoncule, un jour, dans un bouquet,
Près de l'œillet se trouva réunie ; Le lendemain, elle eut le parfum de Toeillet : On ne peut que gagner en bonne compagnie. l. d. m.
ACADÉMIE FRANÇAISE
Pastobet.
M. De Quelen est Académicien, pourquoi M. Pastoret ne le serait-il pas ? X.
LA CASTORIDE.
Préface de V Editeur,
La Castoride / . . . . ami lecteur, que ce titre ne t'effraie pas ; tu verras dès le commencement du récit de la véritable histoire dont je me hazarde à mettre sous tes yeux une bien faible partie» qtfe Fauteur de ces mémoires était ennemi de la fable, et ne se serait jamais avisé de réchauffer les contes que les poètes ont fait sur les deux fils de Léda. Il n'est ici question que des actes mémorables d'un chien nommé Castor, qui, par un instinct tout-àfait merveilleux, mérite d'être distingué des animaux de son espèce ; et ce qui peut exciter l'intérêt dans cette narration, c'est que tout y est conforme à la .vérité. J'en donne pour preuve ma véracité naturelle; et déplus, celle de la personne qui m'a fait héritier de son manuscrit.
Je le tiens de la sœur Euphémie^ ma vénérable lûeule, qui me dit au lit de la mort, — ** Approche mon cher Ëuphême. J'ai toujours reconnu en toi un amour de la vérité qui m'a inspiré une confiance singulière ; c'est pour t'en donner une preuve que je dépose entre tes mains un manuscrit précieux (Les faits et GESTES DE Castor). Tu y verras que c'est à lui que je dois de n'avoir pas langui dans un cloître -jusqu'à la mort, et d'avoir pu payer ma dette à la nature et survivre à moi-même. Tu y verras encore qu'un ami, à qui je l'avais communiqué aurait gâté ces mémoires, si je n'avais été prévenue de son infidélité. Il y avait déjà mis un titre nouveau (La Castoride), et en avait divisé les douze chapitres en douze chants, dans Tintention probable de les arranger à la manière des poëtes et d'y mêler des fictions; heureusement je ne lui en ai pas laissé le tems. Je te confie donc le manuscrit pur, mais je te conseille, en le mettant au jour ; pour l'honneur de l'espèce canine, et particulièrement de Castor, de laisser subsister le nouveau titre et la division par chants ; la vérité n^en est point offensée; mais je te recommande pour tout le reste la plus scrupuleuse sévérité historique." J'exécute fidèlement les dernières volontés de mon aïeule la soeur Euphémie.
Encore un mot, ami lecteur. Tu ne sauras point dans ce premier chant quelle était cette sœur Euphémie, auteur des mémoires que je publie, mais si ta bienveillance m'autorise à te les présenter en entier, je m'engage à satisfaire ta curiosité sur ce point. Vbrioiqne.
LA CASTORIDE. .
Chant Premier.
Argument,
La vérité-pratique est chose inconnue aux rimeurs. — Commencement de l'histoire de Castor. — Sa race, ses mœurs, son caractère, son éducation. — Le profit qu'il en tire. — Quel orage excite sa scrupuleuse fidélité à son maitre. .
LS MBRCDRS DK LONDRES. 163
Rie» n*esi beau que le vrai, le vrai teut eit aimable. Ce mot est la raison en pratique admirable, L'aimer et s'y tenir est une chasteté ; Mais, sans scrupule» au Pinde, on la met de côté ; Les nymphes du vallon qui se disent pucelles, £n fait de vérités sont de 'franches donzelles. Qui ne trouvent d'attraits ique dans les fictioAs, Les rêves de l'esprit et les illusions :
Fuyez-les à mentir si vous n'êtes habile.
Depuis le fameux chantre et d'Ulysse et d'Achille» Jusqu'au père innocent de ces vers anodins Qu'on voit nsutre et mourir chez nous tous les matins, Le rimeur, quoiqu'il soit, bâtard on légitime, Venu de Barbarie, ou de la docte Cime, Favori des neuf sœurs ou par elles proscrit, Se voue à la chimère et du vrai s'affranchit.
D'abord, de celui-ci la verve souveraine Â-t-elle été puisée aux sources d'iiippocrêne? Des reines du Pennesse est-il le nourisson ?
Il lui faut à l'instant, docile à leur leçon. De hauts Êûts mensongers se faire l'interprète, Et pour des contes bleus emboucher la trompette. Si même, par hasard, dans la réalité Il fait choix d'un héros digne d'être chanté ; Dupoëte l'esprit, soudain, inévitable, Lui fait mêler au vrai les erreurs de la fable, Et l'adulation avec tous ses excès Dans ces chants malgré lui trouve un &cile accès, C'est même sur l'exil du vrai dans un poëme.
Que certains esprits faux bâtissent leur système : Pareeval,* par exemple, et tant d'autres ençor Qui blessent la raison en prenant leur essor, Sons hommes dans le fond, ne sont pas nés poètes ; Du style en leurs écrits les grâces sont muettes, Nulle inspiration, pour eux nulles faveurs ; Mais servile troupeau, rampants imitateurs, S'ils ne peuvent voler en aigles du Parnasse, lia se disent tout bas : *' Mentons avec audace ; Vanité, Jlatterie, à défaut de talents^ Mènent bien. Paraissons^ montrons-nous dans les rangs Comme les successeurs de Corneille ou de Molière Et les frères puînés de Racine et Voltaire,** Je le répète donc : tout rimeur ici bas, Toujours aux fictions a trouvé des appas.
* L'académicien Parceval Oranduiaison. Vuir le poënne de Philippe Auguste» réoemment publié par lui.
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Du Parnasse françus législateur sobKmè, Boileau par la raison est conduit à la rime ; Mais veut-il célébrer la chute d^un lutrin, 11 évoque aussitôt l'enfer et le destin.
Sage, il nous avait dit : Le vrai seul est ainuthle, Poëte, il prête au vrai les couleurs de la &ble ; Il faut donè voir en lui deux hommes à la fois, Echapper à l'exemple et respecter ses lois.
Et toi, Gresset, et toi, dont la muse facile Egaie en folâtrant et la cour et la ville ; Ton vert-vert me plairait s'il n'était mensonger, D'ailleurs, pourquoi chercher un héros étranger ? Il est tant parmi nous d'histoires curieuses D'oiseaux industrieux et de bêtes fameuses !
Les livres en sont pleins, dont les auteurs discrets De la simple nature empruntant leurs sujets * ' Sont les amours chéris de plus d'une famille ; Telle mère en prescrit la lecture à sa fille Pour former sa raison, interresser son cœur.
Et dans un monde exquis en produire la fleur. Ah ! si comme J7(mi/^t,* j'avais le don des larmes A Castor, mon héros, chacun rendrait les armes ; Bientôt, au premier rang, placé dans un boudoir, Pour l'innocente Agnès il serait un miroir ; Il ferait tressaillir la sensible TTiémire Et soupirer tout bas la prude Pallamire:
Mais je laisse à des preux le soin de le chanter ; Fidèle historien, moi, je vais raconter.
A Lutèce jadis *****
(^Suite et fin de ce ckant à un proehain numéro,)
F, Châtelain.
Samedi dernier pendant un entr'acte àe Romeo et JuUette à l'opéra, un spectateur inquiet d'une certaine presse dont il semblait être le but, porte sa main à sa poche. — Vous avez pris ma tabatière, dit-il aussitôt, mais avec ménagement, à un individu de raine équivoque ; rendez-la moi, ou — Point de bruit.
* M. Botiilliy gouverneur du duc de Bordeaux, remarquable par son exquise seusibilité. Chez lui :
Tout, jusqu'à Je suis gai, tout se dit en pleurant.
En parlant du duc de Bordeaux, ne voilà-t-il pas un monsieur Tarin evéque de Strasbourg qui vient d'être nommé précepteur de son altesse en remplacement de feu le duc de Montmorency? et qu'a fait ce monsieur Tarin ?
, ... un tHitfrage consacréà la défense des jésuites quand donc
patience, l'orage se prépare ; il éclatera bientôt. F. Châtelain.
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je VOUS supplie, leur répond l'interpellé, ne me perdez pas. Tenez, reprenez votre tabatière ajoute-t-il à voix basse; en même tems il entr'ouvre sa poche. L'homme confiant s'y précipite de tout Tavant bras. Alors, au voleur ! au voleur / . . . S'écrie l'émule de Barringthon, en montrant la main prisonnière, et le bon spectateur est arrêté. Il s'explique avec avantage : mais sa tabatière ? L'accusateur avait disparu.