ENCYCLOPÉDIQUE
Un de nos savants des plus recomniandables, déjà avancé en âge avant entendu parler de Tode de lord Byron sur la bataille de \Vaterloo9 publiée à Londres en Français par Tun de nos jeunes littérateurs qui promettent le plus à la postérité (M. Aristide Guilbert)* se présente dernièrement à Paris au bureau de la revue encyclopédique rue d'Enfer et demande si la revue a rendu compte de cette ode. — De quelle dimension est-elle, lui répond son interlocuteur, elle n'a je crois que six strophes — Monsieur, elle n'en a que cinq» mais elle est suivie de notes du plus grand intérêt — Enfiu, Monsieur, combien de pages contient cette publication novi^relle? — 28 pages, Monsieur. — 28 pages! qu'est-ce que 28 pages? — Mais, Monsieur, c'est beaucoup plus que le prétendu hommage rendu au général Foy par votre prétendu grand littérateur Mr. A. Julien de Paris, le quel prétendu hommage a cependant trouvé place dans votre revue, car je l'ai lu à Londres chez le rédacteur du petit Mercure, auquel votre directeur l'avait envoyé séparément avec cette légende : à Fauteur du petit Mercure à Londres^ et sur cette feuille séparément euvoyée on lisait la mention suivante :
Extrait de la revue Encyclopédiqwe (83 Cah. T. XXVIII.')
septième année, seconde séries rfovembre 1825.
Et oette mention était dûment apostillée d'ujoe grande note d'un très petit intérêt, puis qu'elle apprenait seulement de quelles matières était composée votre revue dtVe Encyclopédique. — Monsieur, tout ce que vous dites-là est possible, mais nous ne cornatsêcns p€U Fauteur de fode dont vous parlez et puisqu'elle ne comprend que 28 pages et que le résultat de la vente des deux exemplaires donnés aux journaux offrirait une somme fort modique ; je puis vous certifier qu'il n'en sera pas question dans ht revue — ah ! Monsieur ! vous le prenez sur ce ton ! et bien, je vais rendre compte de votre conduite dans tous les journaux de Paris— Ne vous donnez pas cette peine. Monsieur* L'Article que vous ferez contre nous, ne sera pas inséré, nous avons 300*^ collaborateurs ut il est impossible que parmi les rédacteurs des autres Joijurnaux^ il ne se trouve pas, si ce n'est même un des collaborateurs de notre revue,, au moins un 9.au àe l'un des dits collaborateurs. — S'il en est ainsi» Monsieur» je m'adresserai à uu journal publié en Angleterre ..... — Nos précautions sont encore prises de ce côté. D'abord nous échangeons avec le petit
t Gasçonuade^de Joavnalitte. ^i ie MsôUoii aaoré des 300 éenniî 4aii» la revue, il y aurait «moiDS de moBOtonie.
196 LE MBaCURE B& LONJIiiaS.
Jlferctfre, moyennant un schîHîng par mois, qu'il nous remet pour le port, quoique ses numéros nous parviennent yrimcf déport et que son journal se vende quatre guinées par an, tandisque le nôtre ne vaut pas cela, à beaucoup près, et même, si je ne me trompe, notre revenu s'est augmenté de six pences depuis que lé petit Mercure est devenu Mercure de Londres 5* ensuite nous allons échanger avec un nouveau journal Français, Le Fwret, puè^Hê par M. Mars, et le dit échange sera fait encore moyennant 1 schilling ; Puis en rendant compte des journaux Anglais nous ne dirons pas, par exemple, ** the Panoramic MisceUany eist un mauvais journal," car, entre nous, je vous assure qu*il n'est vraiment pas méchant, mais nous dirons que Mr. Thellwall avec lequel nous échangeons gratis est un homme de beaucoup d'espritf et il nous gratifiera dans son 4me numéro d'un article dans le quel il extolera notre mérite, et portera jusqu'aux nues là revue Encyclopédique: vous voyez bien, monsieur, que vos efIcMrts pour nous nuire, seraient superflus — je ne demande pas à vous nuire. Dieu m'en préserve, mais je persiste à faire connaître la vérité, et si, comme je n'ose le croire, le Mercure de Londres se refuse à insérer rârtîcle que je lui enverrai, je ferai parvenir cet article au Moming Ckronicle, au Globe, à rÉxammeri à la Lite^ rary Chronicîe, au Maccksjield Herald, et je ne doutera que mon article ne soit inséré. — C'est ce dont je doute fort— Nous verrons.
La conversation jointe à l'air lourd qu'on respire à peiiie dans le bureau de la rue d'Enfer, avaient singulièrement echauffê le dé«* fenseur de M. Guilbert qui persistait ce^ndant à attendre l'amvée du directeur principal. Pour se rafraîchir un peu il fit de** mander au caf^ voisin un terre ctean sucrée; de son cdté, non antagoniste, lui apporta le dernier numéro de la revue. " Quoi, s*écria le garyon du café, un verre deau sucrée et la revue encyelopédique .'.... pour le coup voilà un homme perdu, il aura bien de la peine à digérer tout cela."
Et en effet le lendemain à 10 h. du matin le garçoa en venant chercher et son verre et son plateau, trouva notre bon vieillard endormi. Il lui demanda si son sommeil avait été paisible» le vieillard répondit que jamais sommeil n'avait été plus doux • « • ^ qu'est-ce cfue celaprouvet .... Cela prouve que la revue au lieu d'être maligne ou maline, est on ne peut pas plus bénigne. — ^L. S^ Cet article nous ayant été adressé de Paris f nous avons cru devoir Finsérer. — Note du RéDAOTEua dû Mercure de LokdrIes.
* Cette conversation avait lieu avant Tarrivée de notre numéro 'du 29 Avril.
t Page 73 de notre journal, nous avons dit q«e Mr. TheUwaUf était Vnm des hommes les plus recoramandables de l'Angleterre. . . .. .
tfe^ MERCURB DB LONI>RES. 197
EaRATA.
O» lit dauê notre dernier numéro page 163,
........ Paraîsonsy montrons-nous dans les rangs
Comme les successeurs de Corneille ou de Molière . . . - Nos lecteurs savent quelle est notre ayersion pour lés Vers de treize, quatorze, et quinze pieds, noiis les prions donc de vouloir bien lire tout bonnement :
•.....•.•• Montrons-nous dans les rangs
Comme les successeurs de Corneille ou Molière. . . •
Notre vers débarassé de la vilaine particule de n'en marchera que mieux, quoiqu' avec un pied de moins.
Notre article intitulé: Préfetce de l'éditeur est signe YÛmnianiEf an lieu de VsKiDiauE. L'article des Oeios que nous avons cité Tenfèrme neuf fautes. 1ère ligne, est' an au lieu de estân ; 4ème ligne Deoradarte au lieu de degradarse; ôème equivaldria au lieu de equivaldria; 7ème ligne vergouzamte au lieu de vergonzanêe ; Sème ligne ôelpes au lieu de golpes ; 9ème ligne cou vite au lieu de conmte; 16ètùe ligne viane au lieu de viene; 26ème lîgae MONTENER RU lleu de mantener; 3^ème ligne enfin di au lieu de de^ Notte revue théâtrale contient aussi beaucoup d'erreurs: parexemple,pagel7r. avant dernière ligne. Conservatière pourco»«RnMi^otre; page 176 CApour Car; page 177 liante au Ueu de Cléante; -ou beau milieu des ondes pour ait . < . . .; Mr. Isidore est la coëffeur des grâces pour le coefifèur &c. &:c.
Nous comptons aur l'indulgence de nos lecteurs pour vouloir bien iM>tts pardonner cette multitude de Êiutes typographiques, et dans notice intérêt et -dans celui de notre imprimeur^ nous les avertissons qu'elle ne doit être attribuée qu'à la négligence de lapersiHine, chargée par nous de corriger nos épreuves,' que souvent, nos occupations nous empêchent de voir.
F, Châtelain.