‹ Le message de Skirnir et les Dits de Grimnir = Skirnisför-Grimnismâl: poëmesChapitre 105 sur 166 · Voy. La Fascination, etc., p · texte numérisé non relu

Voy. La Fascination, etc., p

anciennes traditions, mais qu'il fallait les exposer in extenso, soit pour les faire connaître, soit pour les mieux faire comprendre. Au septième et au huitième siècle, la mythologie Scandinave étant encore dans la foi et dans la tradition religieuse populaire, le mythologue pouvait se borner à transmettre seulement certains détails mythologiques, qui, par leur caractère plutôt scientifique que religieux , n'étaient pas généralement connus du peuple^ parce qu'ils ne lui étaient pas sans cesse rappelés par la tradition et le culte. Ces détails mythologiques consistaient principalement dans les noms propres, que les poètes anciens avaient donnés aux divinités, et aux objets mythologiques. Aussi, dès le septième siècle, s'agissait-il, pour le poëte mythologue, de faire preuve de science, en rappelant ces noms propres mythologiques., et en y ajoutant quelques détails concernant la divinité ou l'objet auxquels ces noms avaient été donnés. L'auteur des Dits de Orimnir était un tel poëte mythologue, qui avait pour but, vu les circonstances dans lesquelles il vivait, de faire connaître certains détails scientifiques des anciens mythes. Il n'était déjà plus, comme les poètes antérieurs au septième siècle, un mythaède (chanteur de mythes), qui, dans un chant improvisé, se proposait de formuler les traditions religieuses, nées sous l'inspiration de la spéculation, et à la vue des pratiques du culte. Mais il n'était pas non plus, comme le fut plus tard le poëte, après l'introduction du christianisme dans le Nord, un écrivain mytho-

graphe purement éruditj décrivant, d'une manière aussi détaillée qu'il convenait, les mythes dont il voulait raviver ou rappeler le souvenir; il n'était pas, non plus, ce que le poëte est devenu plus tard, un sJcalde mythohguej qui rappelait les noms propres mythologiques uniquement comme expressions ou désignations (norr. kenningar)^ dont on pouvait faire usage dans le langage poétique ou shaldique (norr. skaldskaparmâl),

2) Les poëmes mythologiques de cette seconde période n'ont plus, comme ceux de la piériode précédente, un caractère généralement lyrico-épique, mais un caractère plus particulièrement dramatico-didactiqîie. C'est dire que le dialogue prédomine sur le rédtf et que ce dialogue a une tendance didactique, ou un but d'érudition*.

3) Comme il ne s'agit plus, dans les poëmes mythologiques de cette période, de raconter, d'une manière lyrico-épîque, un fait mythologique connu en grande partie déjà des auditeurs, mais d'exposer des connaissances concernant des mythes peu connus du peuple, le poëte mythologue a besoin , comme le poëte lyricoépique de la période précédente et plus que lui, d'ajouter au poëme un récit en prose complémentaire et explicatif. Ensuite, comme le poëte mythologue poursuit à la fois un but scientifique et un but littéraire, il a encore besoin de donner à l'enseignement renfermé

Page 1