INTRODUCTION
de torturer ainsi un seidman innocent, qui était venu chez lui en hôte, présenta, à la dérobée, à Grimnir, une coupe remplie de vin, que celui-ci vida. Pour amener le dénouement de cette épreuve , Grimnir remercia le jeune prince de ses sentiments hospitaliers ; il lui prédit qu'en récompense de la coupe présentée, il allait bientôt régner à la place de son père inhospitalier; et, enfin, il dit, en termes explicites, qu'il était Odinn.
Quand Geirrodry placé à table entre les colonnes de Vdndvegi^^ apprit que Thôte qu'il avait torturé était Odinrij il se troubla; et, malgré son ivresse, il se leva de table pour délivrer son dieu. Les rois, les nobles, et les paysans Scandinaves avaient l'habitude d'assister aux fêtes et aux festins, en armes. Geirrodr, assis à table, avait son épée sur les genoux; elle était à moitié tirée, et sa main gauche tenait le fourreau, comme faisaient les rois quand ils étaient assis au tribunal pour juger. Dans son trouble, et dans sa précipitation pour se lever et secourir Odinn, il fit un mouvement tel que l'épée glissa entre ses genoux, et sortit entièrement du fourreau. La poignée étant de beaucoup plus lourde que la lame, l'épée, en tombant, prit la direction perpendiculaire, la poignée tournée en bas. Au même instant le roi , faisant un faux pas , tomba sur la pointe de l'épée dirigée contre lui, et trouva ainsi la mort.
Après l'accomplissement du destin, ou après les ju-