I. INTRODUCTION
guerriers, se figuraient leur Dieu du soleil non-seule* ment comme un chaaseur prompt à la chasse ^ mais encore et surtout comme un jeune guerrier ou combattant \ et le désignaient, par conséquent, par le nom de Skais (sansc. keJiayas, ravageur, destructeur), qui, d'après l'association des idées de ces peuples, signifiait ce que nous exprimerions par le terme de héros. En sa qualité déjeune héros, de guerrier, et à,e chasseur, le Dieu du soleil des Scythes, semblable à V Apollon nomos (Soleil Pasteur et Chasseur) des Grecs, qui était toujours armé pour la chasse et la destruction des monstres ennemis de la lumière et do la chaleur, avait auBsi les armes de sa nation, savoii^: Tare, les flèches et le bouclier scythes. Les flèches (scyth. arvai) que le jeune héros lançait, comme Apollon ou comme Héraklès, sur les monstres ennemis du soleil, étaient, dansTorigine, en mâme temps, les symboles àm rayons du soleil, parce que Tidée et l'expression de trait désignaient à la fois les rayons et les flèches (cf. russe iirday flèche; v. h. ail. strâlày rayon; grec obelosj flèche, rayon; obdiskos, petit rayon; symbole du soleil).
Le bouclier (scyth. Jdeiptis) ou la targe (scyth. targa; norr. tarffa) du di«u- héros représentait, dans
1. Le mot grec héros signifiait proprement verrat, sanglier, dans le sens de combattant. Voy. OHg, et Significat, du nom de Franc, etc., p. 13.
Torigine, le disque brillant du soleil, qui ornait ou rendait brillant le dieu qui le portait. Or brillant s'exprimait, en langue soythe, par tavus (cf. gr. taos p. tavos, brillant, paon) dans le sens actif, et par imms (voy. p. 8) dans le sens passif. C'est pourquoi le dieu portant la targe eut le nom épithétique de Targi-tavua (Brillant par la targe), nom qu'Hérodote a rendu en grec par rar^rtto),.
De même qu'anciennement le dieu Soleil, après s'être dédoublé du dieu Ciel, avait passé pour être le Fils de Ciel (voy. p. 9), de même aussi, plus tard, le Dieu anthropomorphe du soleil, Targitavus ÇiriW&Xii par la targe) ou Vaitu-shurus (Prompt à la chasse) passait, dans la tradition mythologique des Scythes, pour être le fils du dieu Ciel {Tivus, Brillant) et de la déesse Terre (scyth. Âpia, Aquatique). Il fut considéré, à son tour, comme le père de trois fils, tous des héros (skàïs). Le premier ou l'aîné de ces fils était Hleipo-skais (Héros au bouclier; Hérod. Leipo-ksa^)*^ le second ou puîné Arvo-skais (Héros aux flèches; Hérod. Arpoksais)] et le troisième ou cadet, Kolorskats (Héros au chariot; Hérod. KolaJcsaïs)^ c'est-à-dire dieu-héros nomade, qui, comme les Scythes nomades, ne montait pas toujours à cheval, mais avait un char de pasteur (scyth. kolt)^ ou une habitation sur char (scyth. kolimaha). Par l'intermédiaire de ses trois fils, dont descendaient, comme on prétendait, les rois, et, par ceux-ci, les tribus les plus illustres des Scythes, le Dieu du