Voy, Skirniêfdr, p
316 LES DJTS DE GRIMNIR.
buvant seulement, de temps k autre, du vin *. La chaleur ne le tourmentait pas non plus; car, étant initié à tous les mystères de la nature, il savait les formules magiques, entre autres les runes appelées runes contre le feu (norr. eld-rûnar)^ qui avaient le pouvoir magique de préserver des atteintes du feu. Aussi, lorsque le moment arriva où le feu était si près qu'il allait lui brûler sa pelisse noire, Odinn prononça la formule magique:
«Tu es chaud, ô Frétillant! et par trop intense! «Séparons-nous à distance, ô Brasier! »
et il put rester entre les feux sans être brûlé. N'étant point torturé ni par la chaleur, ni par la faim et la soif, Odinn alla jusqu'au bout dana l'épreuve qu'il s'était proposé de faire : il ne donna pas d'explication sur sa personne et son intention. Seulement, désirant que son protégé Geirrodr sortît de cette épreuve avec honneur, il prononça, pendant les huit jours, de» paroles déplus en plus ea>plicites et révélatrices y qui auraient pu faire deviner au roi , s'il n'avait pas été aveuglé par la prévention et étourdi par la boisson, qu'il avait devant lui un dieu, son protecteur Odinn. Mais le destin dut s'accomplir et donner gain de cause à Frigg, Le haitihme jour, Agnarr, le fils de Geirrodr, âgé de neuf ans, touché de compassion, en voyant les tourments présumés de l'étranger, et jugeant que son père avait tort