‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 39 sur 149 · La Poésie skaldique · texte numérisé non relu

La Poésie skaldique

L'ancienne poésie, étant improvisée sur des sujets fournis pai: la tradition^ se servait de formes rythmiques et d'expressions lyrico-épiques, qui étaient également fournies et consacrées par la tradition; de sorte que individualité, l'originalité, ou Part du poëte ne pouvait guère se produire, ni dans l'invention du fond, ni dans la nouveauté de la forme poétique. Aussi les anciens poëmës y éiant considérés plutôt comme des productions de la tradition, que comme des œuvres individuelles^ se transmettaient-ils , d'âge en âge , sans nom d'auteur. Loiis même que l'axitéur d'un poëme était connu djftns l'origine, son nom se perdit dans ]a foule de ceux qui reproduisirent, successivement, cette poésie devenue traditionnelle. Car ceux' qui répétaient ce chant primitif pouvaient le modifier quelque peu, y mettre du leur, et ainsi s'en attribuer la composition, presque au même titxe que l'auteur primitif, qui avait puisé le fond et la fbrqie de son poëme dans le domaine commun de la tradition. Voilà pourquoi nous ne connaissons pas les auteurs des anciennes poésies mythologiques et héroïques. Les skaldes, au contraire, visant à l'originalité et à l'art , tenaient aussi à. ce quç leur

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nom fut transmia, et rattaché à leur» productions. Aussi connaissons-nous les noms des auteurs de la plupart des productions de la poésie skaldique.

Le huitième siècle est, pour la Sqandinayie, une période de transformation, dans le domaine politique, social, et religieux; il est le pivot, sur. lequel s'opère la conversion de l'ancien système vers un nouvel ordre de choses, comme, sur une échelle beaucoup plus grande, la fin du dix-huitième siècle est le pivot, autour duquel commence la révolution scientifique, sociale, et religieuse, qui, s'éloignant du monde du moyen âge^ prépare, de nos jours, lé monde de Tavenir. En effet, au huitième siècle, Tâge héroïque et patriarchal va cesser, pour faire place au monde féodal et monarchique. Dansce siècle, la mythologie Scandinave s'était constituée définitivement, dans toutes ses parties; elle avait atteint son apogée de ^développement ; elle forma un système complet, qui dès lors, ne pouvant plus se développer d après les principes de sa nature primitive , suivit la loi universelle et 'inexcusable dupiiogrès, en.se trans* formant, c'est-à-dire en suivant un développement qui le poussa dans un ordre d'idées, opposé à celui qui, jusque-là, avait présidé à sa formation. La mythologie commença, dans ce siècle, à être, non plus, comme antérieurement, un objet de foi (voy.p^S9)) mais d'érudition, et de curiosité poétique. La poésie^ qui, de sa nature, exprime ce qui constitue les idéaux de l'époque, c'est-à-dire, ce que chaque siècle considère comme

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agréable, admirable, beau, grand, vrai, noble, et sublime!, coihmençaau huitième siècle, en Scandinavie, à proposer à TadiZEiration des hommes, d'autres idéaux que ceux qui, jusqu'alors, avaient été chantéis par le« poëtes ; et si elle tz'aite encore des sujets mythologiques, elle les traite au point de vue non du dogme, mais de Térudition, et en se servant de formes littéraires plua mddemes, qui n^étaient plus celles de l'ancienne poésie religieuse.

Parmi ces fermes plus modernes il importe de signaler, en second lieu, celle qui résulte du rédt changé en dialogue. Dans rorigine, Tancienne poésie avait traité les sujets mythologiques, soua la forme lyricù' épigfue ou épico^lyrique (voy. p. 45). Plus tard, elle raconta les mythes , en entremêlant à la forme narrative la forme' dialoguée, £lle passait sans transition du récit au dialogue, et du dialogue au récit. Ce procédé se maintint jusque dans la ppésie skaldique^ et il a été suivi, du treizième au seizième siècle, dans la poésie populaire, principalement dans tes ballades danoises, auédoifies, norvégiennes, anglaises, écossaises, et allemandes, qui ont imité cette forme traditionnelle, usitée déjà dans les anciens chants mythologiques et héroïques ^ et' qui, pour cette raison, peuvent être rattachées-, historiquement et littérairement, à l'ancienne poésie Scandinave, dont elles étaient, en quelque sorte, la transformation et la continuation. Ce procédé a aussi été imité, même par les poëtes modernes et con tempo-

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