‹ Le message de Skirnir et Les dits de Grimnir (Skirnisför--Grimnismâl): poëmes tirés de l'Edda deChapitre 99 sur 149 · I. INTRODUCTION · texte numérisé non relu

I. INTRODUCTION

taient pas non plus de titre y qui eût été donné par Tau» teor lui-même. En effet, comme Tauteur du chant arait produit cette œuvre en la récitant devant un auditoire qui connaissait le sujet de ce chant, il ne songeait pas à désigner, lui-même, son poëme par un titre qui en eût indiqué le sujet. CW seulement plus tard, lorsque le chant, devenu traditionnel, fut plusieurs fois redemandé ou reproduit, qu'il fallut, pour le désigner, ou le distinguer des autres poëmes traditionnels du même cycle, lui donner un nom ou titre particulier; et ce titre se transmit ensuite, par la tradition, en même temps que le chant mythologique.

6) La versification employée dans les poëmes mythologiques de cette première période était le distique, lequel, diversement modifié, a produit les genres de versification qui s'en sont formés, et que nous avons fait connaître ci -dessus p. 57-62.

5. Caractères de la Poésie mythologique de la seconde période.

1) Lorsque la mythologie Scandinave eut atteint son apogée, au septième siècle de notre ère (voy. p. 173), il ne s'agissait plus, et il ne pouvait plus être question, comme antérieurement, d'enrichir la mythologie, en en développant les différentes parties ; il importait, dès lors, surtout de mettre en système les mythes existants, et de les transmettre par Yécritwre, tout autant que par

la tradition orale. Dès lors les poëtes n'avaient plas à créer des mythes, c'est-à-dire à exprimer, sous forme poétique, les traditions qui s'étaient formées, soit par la vue ou l'intuition du culte, soit par la spéculation rationnelle. Les poëtes devinrent ainsi mythologueB (norr. godmâlugr)^ c'est-à-dire non pas créateurs, mais seulement connaisseurs des mythes, appelés godmâl (dits sur les dieux). La science, la théorie, la théologie succéda, de la sorte, à la création des mythes, et à leur expression dans la pratique du culte. Cependant, comme la religion Scandinave, bien qu'elle se fût déjà arrêtée dans son développement, était néanmoins encore vivante dans la foi populaire, la connaissance des anciens mythes était encore assez généralement répandue. Les poëtes n'avaient donc pas encore besoin, comme plus tard, de songer à faire connaître à leurs auditeurs les mythes dans toute leur teneur. Ce fut là la tâche des mythographes postérieurs, tels que Snorri, qui, dans son traité de mythologie Scandinave intitulé : La Fascination de Gulji^, dut se proposer de raconter les mythes en détail, et dans leur ensemble, parce que, de son temps, le christianisme ayant remplacé, depuis deux siècles, la religion d'Odinn, de Freyr, et de Thôr, on avait déjà oublié, ou l'on allait oublier de plus en plus, les mythes du paganisme; de sorte qu'il ne suffisait plus de rappeler seulement certains détails des

Page 1