‹ Le Messager de la Sainte FaceChapitre 10 sur 26 · ORATOIRE DE LA SAINTE-FACE · texte numérisé non relu

ORATOIRE DE LA SAINTE-FACE

Érigé au Cénacle de la Fraternité Sacerdotale, à la Pointe-

(lu-Lac, cet oratoire, pieusement orné, est déjà devenu un centre de grande dévotion, où les fidèles se plaisent à venir prier, à faire brûler des lampions et faire célébrer des Messes.

On peut y envoyer ses intentions de prière, qui sont ensuite dépo-^M sées au pied de l’autel, où esl exposée une magnifique reproduction de mC Ja Sainte-Face indulgenciée par Notre Saint-Père le Pape i'ie X.

A l’Ecole du Divin Crucifié

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Savoir souffrir (suite)

e n’est pas dans le ciel qu’il faut rechercher l’origine de la souffrance, c’est sur la terre. Ce n’est pas en Dieu qu’elle a pris naissance, c’est dans le cœur de l’homme. Dieu n’en est pas le père et l’auteur. L’homme seul en est l’imprudent et malheureux artisan.

Par sa nature même, Dieu est absolument étranger à ia production de la douleur. Comment celui qui est l’être nécessaire, la vie parfaite, sans lacune et sans défaillance, aurait-il pu engendrer la mort ? Comment celui qui est la béatitude essentielle pourrait-il être la cause de la souffrance ?

C’est à son image et à sa ressemblance qu’il a créé l’homme, et il l’a créé immortel et heureux comme lui-même.

Mortel par sa nature, Dieu l’a rendu, au moment de sa création, immortel par le don surnaturel de la justice originelle.

Il n’a créé que la vie, la sainteté et le bonheur. C’est à bon droit qu’il revendique de n’ètre point l’auteur de la mort et, par conséquent de son cortège de douleurs : Deus mortem non fecit ; et ni son bonheur ni sa gloire ne consistent à voir pleurer et souffrir les enfants de son cœur.

La création est avant tout une œuvre d’amour. En créant l’homme, Dieu n’a consulté que son amour. Mais que demande l’amour ? Le bonheur, la joie, la paix pour l’être aimé.

Ni de près, ni de loin, la douleur ne vient de Dieu.

D’où vient-elle donc ? Pour le savoir, il suffit de lire une page de la Bihle. C’est l’histoire de la chute de l’homme, de son péché et de son châtiment. C’est l’histoire du paradis perdu.

Le commentaire qu’en fait saint Paul est court, clair et précis : (( C’est par la faute d’un seul que le péché a fait irruption dans le monde, et, à la suite du péché, la douleur et la mort qui descendent dans toutes les générations humaines avec la faute de leur premier père. »

Oui, c’est l’homme qui est le créateur de sa propre douleur et de sa déchéance. C’est dans la lumière et dans la liberté qu’il a lui-même résisté au Seigneur et prononcé sa propre condamnation. Selon l’expression de saint Ambroise, l’homme est à lui-même la cause de sa mort.

Hélas ! il n’a qu’à remonter l’histoire de ses souvenirs, pour comprendre et s’écrier : « Nous souffrons, parce que nous avons péché ! »

Voilà l’origine de la douleur. (A suivre .)

0 Jésus, eonsolez-moi. (l)

O Jésus, Vous qui avez des consolations pour toutes les douleurs et qui Vous plaisez à visiter les cœurs endoloris pour les soulager et les réconforter, venez, approchez-vous du mien et répandez-y vos joies avec vos grâces.

Je souffre, et je n’en suis point étonné : la souffrance est la peine du péché, et je suis pécheur. J'accepte de souffrir, puisque par ce moyen je puis réparer et Vous faire oublier mes infidélités passées. Mais j'ai quand même besoin d’ètre consolé, pour ne pas ployer sous le poids de l’épreuve et pour pouvoir continuer à souffrir et à sanctifier mes souffrances.

Et c’est Vous seul, ô grand consolateur des âmes, qui pouvez efficacement me secourir. Qui donc, ô Jésus, connaît assez le cœur humain pour sécher toutes ses larmes et cicatriser toutes ses plaies, si ce n’est Vous? Aussi, est-ce vers Vous que monte le cri de ma douleur inconsolée. Entendez-le et daignez répondre à ma confiance et à mon amour.

Oh ! consolez-moi dans mes tristesses, ô Vous dont l’âme a été triste jusqu’à la mort.

Consolez-moi dans mes deuils, ô Vous qui avez pleuré près du tombeau de votre ami Lazare.

Consolez-moi dans mes difficultés et mes épreuves, ô Vous qui avez rencontré sur votre route tant de contradictions et de persécutions.

Consolez-moi dans mes maladies, mes impuissances et mes infirmités, ô Vous qui avez connu et aimé tous les genres de souffrance.

Consolez-moi dans mes abandons et mes amitiés disparues, ô Vous qui avez été abandonné, renié et trahi par ceux que Vous aimiez le plus.

Consolez-moi dans mes tentations, ô Vous qui avez voulu passer par cette humiliante épreuve.

Consolez-moi dans mon isolement et mes ténèbres, ô Vous qui, sur la Croix, avez éprouvé le terrible abandon du ciel et de la terre.

Consolez-moi dans les luttes auxquelles m’oblige ma mauvaise nature, ô Vous qui êtes venu pour secourir les pécheurs et en faire des élus du Paradis.

Consolez-moi dans les assauts que me livre l’éternel ennemi de mon âme, ô Vous qui avez promis de Vous faire notre tout-puissant défenseur.

Consolez-moi dans la vie et dans la mort, ô Jésus, mon espérance et mon unique amour.

(1) Tir** de • Mes Prières ii Jt'sus » ; pochette de 12 feuillets différents. — Prix : $0.13

Les larmes de l’Enfant Jésus

L’Enfant Jésus pleura à cause de la douleur qu'il eut à endurer dans son corps, car il avait une chair véritable, et soumise, comme dans les autres hommes, à la souffrance. Mais lui pleurant, pensez-vous que sa Mère ait pu retenir ses larmes? Elle pleura donc aussi, et son Fils, debout sur son sein, la voyant ainsi pleurer, mettait sa petite main à la bouche et au visage de sa Mère, comme pour lui faire comprendre qu’il la priait de ne point s’attrister de la sorte ; car, l’aimant si tendrement, il voulait la voir cesser de pleurer. De son côté, la douce Mère, émue jusqu’au fond du cœur, de la douleur et des larmes de son Fils, le consolait par ses gestes et ses paroles. Car, prudente comme elle l’était, elle comprenait fort bien son intention, quoiqu’il ne parlât point. Et elle lui disait : « Mon Fils, si vous voulez que je cesse de pleurer, cessez vous-même ; car je ne puis pas, en vous voyant pleurer, ne point pleurer aussi... )) Et alors, par compassion pour sa Mère, l'Enfant cessait de sangloter. Et sa Mère, essuyant ses larmes, essuyait aussi les yeux de son Fils, appuyait son visage sur son visage, et le consolait par tous les moyens en son pouvoir.

St Bonavenlure.

Le Crucifiement véritable

Il n’y a que Jésus Crucifié qui sache bien crucifier. Lorsque nous voulons nous crucifier nous-mêmes, nous nous y prenons de manière à ce que la croix ne nous fasse point de mal ; et puis, lorsqu’elle nous blesse, nous avons toujours la satisfaction bien intime de faire notre volonté en faisant ainsi.

Quant à Jésus-Christ, lorsqu'il nous crucifie, c’est pour tout de bon : la croix est de bon bois, bien dur; les clous sont pointus et piquent réellement, et nous restons étendus là, non parce que telle est notre volonté, mais parce que telle est la sienne.

Le crucifiement de la volonté, voilà le crucifiement véritable.

Mgr de Ségur.

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