‹ Le Mexique au début du 20e siècle (volume 2)Chapitre 64 sur 65 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Grâce à l'heureuse et patriotique impulsion donnée au Mexique par son Gouvernement, la fin du siècle qui vient d'entrer dans l'histoire a été pour ce beau pays une période d'admirable expansion. On a vu sa vie économique subir une transformation profonde, son industrie naître et se développer rapidement, la sphère d'action de son commerce s'étendre chaque jour par la conquête de nouveaux marchés sur tous les points du globe, sa jeune civilisation suivre allègrement le sillage du progrès.

Comme toutes les terres que le temps n'a pas encore usées, la terre mexicaine devait tenter l'esprit d'entreprise des étrangers. Des immigrants sont venus apporter aux nationaux le concours de leurs bras, de leur intelligence, de leur courage, de leur expérience, souvent aussi de leurs capitaux, concours éminemment utile et fécond. Dans leur marche à la fortune, ces hardis pionniers ne pouvaient que servir les intérêts de la République, contribuer efficacement à l'essor de la patrie d'adoption qui leur avait réservé un accueil si hospitalier.

Parmi les peuples à la collaboration desquels le Mexique doit en partie sa remarquable et prompte évolution, une place prépondérante appartient aux Américains du Nord. Les Etats-Unis, avec leur initiative et leur décision habituelles, ont engagé plus de 500 millions de dollars dans les affaires mexicaines, notamment dans l'œuvre des chemins de fer, l'industrie des mines, les opérations de banque. Par les nombreux navires au pavillon étoile qui fréquentent incessamment les ports de l'Atlantique et du Pacifique, par quatre lignes de chemins de fer, ils drainent en quelque sorte le commerce extérieur de leurs voisins, accaparant les trois quarts de l'exportation et participant pour moitié à l'importation.

Chaque jour, la pénétration des Étals-Unis s'accentue et devient

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plus intime. Dans l'ordre économique, cette étroite pénétration a été bienfaisante pour le développement de la prospérité du pays. Certains esprits se sont demandé si elle ne constituait pas un prologue, si elle n'étendrait pas son action sur les destinées mêmes de la nation mexicaine. Il y a là sans doute matière à de graves réflexions. Mais à ceux qui envisagent ainsi l'avenir on peut opposer le ferme respect des Etats-Unis pour la volonté et le libre arbitre des peuples, aussi bien que les nobles aspirations des Mexicains, fiers de leur sang latin, fidèles à leurs souvenirs et à leurs glorieuses tJaditions, légitimement jaloux d'une indépendance chèrement acquise.

Le dernier mot de cette étude sera donc un liommage aux succès passés de la République mexicaine et l'expression d'un espoir convaincu, d'une inébranlable confiance dans sa grandeur future.

A. Picaud.

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