LIVRE V, CHAPITRE I
Mexico pour se rendre à Vera Cru^ avec une escorte ; il serait plus juste de dire avec une garde qui le considéra, tout le temps de son voyage, comme un prisonnier. Le 28, M. Pa« checo prit passage à bord du bâtiment espagnol Velasco. Le général Miramon sauvé d'une mort certaine par le consul de France et par le com* mandant d'un brick français te Mercure^ sur lequel il s'était réfogii, vint rejoindre M. Pa* checo, qui ae rendait à la Havane. ^-* Le délégué apostoHque et le ministre de Guatemala, également expulsés furent reçus aussi sur le Velasco.
Si le représentant de la France ne fut pas compris dans les décrets d'exil qui frappèrent plusieurs membres des légations étrangères, en votci la raison. — Lorsque M. Dubois de Saligny, accrédité par le gouvernement impérial français à Mexico, arrivait dans cette ville, le général Miramon, à bout de ressources et d'efforts, ne pouvait tarder à succomber ; sa chute était imminente, M. de Saligny ne jugea pas qu'il dût se servir de ses lettres de créance dans un semblable état de choses et pensa que son rôle devait se borner à sauvegarder les intérêts et les personnes de ses nationaux. —
Aussi, à Tarrivée de Juarez, sa position étaitelle nettement tranchée,
(( La France (ainsi que Ta dit un des minisnistres de l'Empereur (1) ) espéra qu'un rayon de justice éclairerait enfin le nouveau gouver^^ neraent qui venait de s'établir, et qu'il arriverait à comprendre que son intérêt le plus évident, celui de sa conservation et de sa stabilité lui commandait impérieusement le respect du droit de chacun. — La France reconnut donc rétablissement de M. Juarez. »
A la suite de cette reconnaissance, une nouvelle convention fut passée avec M. Zarco, placé à la tête du nouveau cabinet.
Les esprits fatigués par tant de déchirements successifs aspiraient au repos, et les étrangers tant de fois et si abitrairement victimes, respirèrent plus librement, attendant de la protection et de rintervention de leurs gouvernements respectifs, le règlement des créances et des indemnités qui leur étaient dues. Mais cet espoir s'évanouit bientôt -, la même hostilité s'annonça par les mêmes pronostics qui indiquaient la
(1) S. E. M. Billault, ministre sans portefeuille dans la séance du Corps législatif. — 26 Juin 1862.
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même indifférence pour leurs int(^rêts et même pour leur sécurité.
« Pas un jour ne s'écoulait (écrit en date du 15 mars 1861, M. de Saligny) où, à la tombée de la nuit, sur tous les points de la capitale, dans les faubourgs les plus désens, comme au milieu des quartiers les plus populeux, plusieurs personnes ne fussent attaquées par les assassins ; et ce qui fut d'abord remarqué, c'est que ces attaques nocturnes, accomplies plus d'une fois à sept heures du soir, dans la rue la plus commerçante et la plus fréquentée, s'a* dressaient exclusivement à des étrangers. »
Ces faits prirent peu à peu, un caractère si grave que les représentants des nations étrangères, durent, dans les termes les plus sévères, presser le gouvernement mexicain d'aviser aux mesures nécessaires pour protéger la vie des habitants de Mexico.
Ce passage de la même dépêche de M. Dubois de Saligny montre quel triste état de désordre régnait non -seulement dans la capitale, mais dans l'intérieur du pays :
« Le gouvernement, éveillé sur les dangers de la situation et sortant de sa léthargie, a pris des mesures pour organiser une police sérieuse.