‹ Le Mexique: souvenirs et impressions de voyageChapitre 176 sur 185 · CHAPITRE XVII. LE PÔPOCATEPETL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII. LE PÔPOCATEPETL

lité; aujourd'hui que les eaux se sont retirées, laissant autour d'elles une large plage aride et blanchie par les incrustations salines, tandis que les villes et les hameaux qui animaient autrefois leurs bords sont tombés en ruine; aujourd'hui que la désolation a mis son sceau sur ce riant paysage, le voyageur ne peut les contempler sans un sentiment d'admiration et de ravissement*. »

Les temps ont changé, le lecteur en jugera par la suite de ce chapitre; et cette ascension, qualifiée d'exploit par le conquérant, et qui valut à son auteur un nouveau symbole dans son blason, ne nous sembla, en dehors de quelques fatigues, qu'une simple partie de plaisir. Mais poursuivons.

Nous laissons le sentier sur la gauche, pour nous enfoncer à droite entre les monts Hielosochitl et Penacho. Les arbres ont perdu de leur vigueur et la •forêt est clair-semée; la pente, assez douce, permet aux chevaux d'avancer d'un pas plus rapide, et vingt minutes au delà nous atteignons la cime du TlamacaSy au pied duquel se trouve le rancho du même nom. Le rancho de Tlamacas ne contient que trois misérables cabanes, dont Tune sert d'abri aux Indiens employés à l'extraction du soufre dans le volcan, l'autre d'habitation au maître du rancho^ et la plus

I. W. Prescotty Histoire de la conquête du Meanque^ liy. lit chap. y II.

gràpde est Tusine où s'élabore le soufre brut, pour en sortir en masses carrées ou rondes de SO kilog.

Le rancho de Tlamacas se trouve à près de quatre mille mètres au-dessus cju niveau de I^ mer; aussi, la nuit, le froid fut-il terrible; mon thermomètre marquait 10^ au-dessous de zéro. Il fallut se retirer dans la butte des fourneaux alors en pleine activité ; mais les vapeurs suffocantes du soufre nous en chassèrent bientôt; nous y avions été prii$ d^ quintes de toux qui durèrent longtemps, et je ne pouvais me rendre compte de Tinsensibilité de$ malheureux Indienis chargés de la fabi'icatipn. Cette première nuit fut désolante^ et je me réveillai gelé, engourdi, presqua insensible.

La journée ne ^'annonçait pas brillante; dès 1^ première heure, le sommet du volcan s'était couvert d'épais nuages, il fallut retarder l'ascension.

Notre temps fut employé en excursions aux environs, notamment sur le sommet d'une moatagQe qui fait face au rancho de Tlamacas, d'où la vue s'étend sur les deux vallées de Puebla et de Mexico. De ce point élevé, le touriste est assez rapproché de l'Iztaûcihuatl, qui se présente ep raccourci, et je pus en prendre une image assez bien réussie.

La chose qui m'étonna le plus dans ces hauteurs fut de voir passer à mes pieds, dans les bois de sapins qui couvrent la montagne, trois ou quatre pouples

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