‹ Le Mexique, souvenirsChapitre 23 sur 34 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Mines de Guanaxuato. — Route de Guadalaxara.

Je visitai, le 2 août, les mines qui ont rendu Guanaxuato si célèbre. Recommandé par le directeur de la principale compagnie anglaise (YAnglo-Mexican eampany), M. ScooK bred, au sous-directeur de la mine de Rayas, je me mis en route gravissant la montagne escarpée au pied de laquelle est située Guanaxuato.

Je jouis , de son sommet , d'un coup d'œil des plus extraordinaires.

Plusieurs gorges s'ouvraient à mes pieds , encaissées dans de hautes montagnes d'un aspect stérile. Au fond des ravins , comme à la plus grande hauteur, paraissent nombre de petits villages. Ceux qui occupent la cime des montagnes ressemblent à des forteresses

placées là comme des nids d'aigle. C'étaient les mines. Les habitations que Ton voit comme dans des abîmes sont les haciendas de bénéficia.

J'avais donc devant moi ces mines célèbres qui s'étendaient en demi -cercle du nordouest au sud-est , situées sur la même veine d'argent , si grande et si riche , nommée la Veta Madré.

Je voyais , commençant au nord^uest , la Valenciana, mine aujourd'liui presqq'entièreipent épuisée, mais à qui Guanaxuato doit son existence et son éclat; pui3 se succédaient les mines de Cata, de Secho, de Meliado, d'un produit très-riche; ensuite Rayas, la plus étendue de toutes , et probablement la plus grande qui existe sur la terre , mais très-exploitée y et enfin la dernière au sud-est , celle de Sirena.

Les six mines que je viens de nommer occupent huit haciendas de benefieio. Le minerai exploité dans les quatre premières est amalgamé dans la hacienda de Salgado avec 42 arrastroSy dans celle de Flores avec 30 ,

dans celle de Medio avec 24 , enfin dans celle de San Louisito avec 16.

Le minerai des deux dernières mines qui appartiennent h VAnglo-Meœican campanyy est amalgamé , celui de Rayas à la hacienda de Barreras avec 66 arra$tro$j et à celle de Dolores avec 30; celui de Sirena à la hacienda de Pastita avec 30, et à celle d'Escalera avec 52.

J'ai décrit, lors de ma visite à Real del Monte ' , tant l'exploitation que l'amalgamation du minerai , je ne parlerai donc ici que de ce qui m'a frappé k Guanaxuato comme différent de ce qui se pratique à Real del Monte.

Je me rendis à Rayas accompagné du directeur de cette mine , que j'avais trouvé k la hacienda de Duran.

La mine de Rayas est composée non-seulement d'un puits perpendiculaire, auquel aboutissent plusieurs galeries horizontales et diagonales, comme a Real del Monte, mais des mines obliques descendent encore de la su-

* Fojrez chap. XVI , sur Real del Moute.

perficie de la montagne jusqu'à la plus grande profondeur. Ces dernières ont été formées en suivant la direction de la veine qui descend en gi*andes masses 9 et ne s'embranchent que rarement en parties horizontales.

Le puits de la mine de Rayas est le plus large qui existe, son diamètre étant de 13 à iA taras, avec une profondeur de 445 varas.

Il n'y a point d'échelles , et on entre dans la mine , ou par le puits au moyen de deux cordes, qui descendent alternativement, et qui servent pour retirer l'eau et le minerai à l'aide de poulies et d'un grand guinideau mu par des chevaux, ou en descendant les marches qui sont {pratiquées en guise d'escalier dans les mines obliques , et dont on compte quatre.

Tout à Guanaxuato se fait a force de bras et avec des animaux, à la manière mexi* caine; l'eau est retirée au moyen de tuyaux en cuir qu'on attache aux extrémités des cordes; le minerai est de m^me monté dans des seaux.

On descend dans la galerie de San Cajetano par les escaliers pratiqués dans le rocher, auxquels ceux des plus grands palais ne peuvent être comparés~; pour la dimension ; la largeur des marches étant généralement de 8 varas et quelquefois deiO. La hauteur de la galerie, dont la pente n'est que rarement escarpée, est de plus de 6 varas, la veine qu'on a suivie présentant une pareille dimension.

En descendant ces vastes galeries , dont le produit était si riche , qu'on a dû en quelques endroits remplacer le minerai par des pierres ordinaires , pour ne point interrompre l'escalier, on arrive a une profondeur de A50 varas, où la galerie devient d'une largeur énorme; les marches alors finissent, et sa pente devient en même temps si escarpée, qu'on ne descend qu'avec beaucoup de peine sur des bâtons qu'on a attachés à la roche en guise d'échelle. J'y trouvai des mineurs , mais en petit nombre , et le minerai n'était rien moins que riche .

^ Mais c'est dans cette galerie que l'on a trouvé y

il yja quelc[ue temps , de l'or natif dans du quartz, ce qui rarement a lien à une telle profondeur.

En descendant encore 45 varasy on arriye à une galerie horizontale très«-longue , mais étroite (Deshacho de San Simon) , qui conduit au puits. L'impression qu'on éprouve en re* voyant le jour a 445 varas au-dessous du sol est des plus frappantes ? On m'assura que les rayons du soleil , quand il passe le. miéridien , y pénètrent et se réfléchissent dans l'eau .qui est au fond du puits. Le courant 4'axr y est en même temps des plus violants. On peut descendre encore 30 varas, la plus grande profondeur des mines étant de 475. Il y a encore dans la mine de Rayas , trois autres galeries semblables à celle de San Cajetano.

Rayas est une ancienne mine qui était négligée avant 1830, époque oii elle fut a£Fer* mée à la compagnie anglaise, qui l'excava depuis jusqu'à la profondeur actuelle.

La minç si. célèbre de la Yaleocian^ est U

plus profonde qui existe, comme celle de Rayas est la plus large par son diamètre : son puits a 650 varas de profondeur et 12 et i/2 de diamètre. Après avoir donné tant- de trésors, elle n'est aujourd'hui que faiblement exploitée , et remplie d'eau jusqu'à une hauteur de 170 varas:, ce qui réduit le puits à 460.

La disposition y est , du reste , la même qu'à Rayas , et on descend par des marches dans les galeries formées par l'excavation des veines; seulement, les marches étant murées, on y pénètre avec plus de facilité.

Les ouvriers de Guanaxuato ne reçoivent point de payé , mais la moitié du minerai qu'ils exploitent , et les outils, tels que le marteau à manche court, la pointe à la mode mexicaine, et même la poudre pour faire sauter la roche , dont , malgré la diminution dans l'exploitation, on emploie journellement encore de 8 à 9 arrobas (100 à 112 kilogrammes) , leur sont fournis par l'administration, ils reçoivent , déplus, de 50 à 1 50 peso^ pour chaque vara, selon la dureté du rocher, et

même leur part du minerai est tirée hors des mines aux frais des propriétaires ou des fermiers^

En comparant ces conditions avec celles accordées aux ouvriers de Real del Monte , la perte qui en résulte pour les entrepreneurs à Guanaxuato est évidente. Le plus grand préjudice dans ce dernier endroit provient de ce qu'une faible partie seulement du minerai y est amalgamée par les compagnies mêmes , mais que le lot le plus considérable est vendu a des particuliers qui en séparent l'argent pour leur propre compte. On appelle reicoleidores les hommes qui s'occupent de ce genre de commerce, qui est des plus lucratifs.

UAnglO'Meadcan company fait, le samedi de chaque semaine, une vente à l'enchère du minerai qu'elle n'amalgame point elle-même.

Les rescatadores assemblés font chacun leur offre au crieur, mais secrètement, et le mon* ceau de minerai appartient au plus offrant.

On peut juger de l'expérience que doivent posséder ces hommes pour juger de l'argent qu'il contient} mais leur œil est tellement

exercé, qu'ils ne se trompent presque jamais. Quant au minerai appartenant aux ouvriers , il est tout Tendu aux reseatadores.

Les haciendas de la compagnie , dont je visitai celle de Barreras , située dans le ravin où Guanaxuato est construite, sont sur un pied beaucoup plus grand que Régla, et leur étendue est en rapport avec l'immense produit que les mines de Guanaxuato donnaient autrefois.

La séparation du minerai y est entièrement faite par le procédé de l'amalgamation', et la fonte n'y est point pratiquée, cette dernière méthode n^étant point en usage au Mexique ni propre k la nature du minerai de Guanaxuato, qui , quoique fort abondant , n'est pas en proportion riche en argent; ce qu'il compense toutefois par les parties d'or qu'il contient.

Tous les travaux qui se font a Régla au

^ La perte du mercure dans le prooédé d'amalgamation des haciendas de plata à Guanaxuato est de 40 pour 100, donc de moitié moins qu*ji ceHe de Real del Monte.

SM LE MBUQUEi

moyen de l'eau , sont exécntée à GnanœrKalo par des mules. Les machines pour piler le minerai , les arrMror pour le MduÎM en poudre , tout est mis en mouveiiaiettt. fiar tes animaux. Les deux galera»- ÇpA nômAne ainsi les galeries couvertes où se treuTeht les ér* rastroi) delà AactendadeBatnreraaconticInBent Tune 33, l'autre 35 arr(Ktr'a$, qui sont de deux à trbis fois plus graiàbds«^ifte..ceiil: de Jle^^Le minerai moulu sur des arraslrosmlis par des inu« les, estjnieux pidvéri^é que.$ur,^eu]|:< que J'#au tourne , mais .qù ]U liçsoig^f; ^e^jf^t :{^l¥S i^U^p

Il y a deuxpa^H^i.p^ur bsirorids qtti jm^ tent exposées dA;tti)ente; et; soi^itjtoté; jours ^ioii elles sont ^foulées pat lés mules de la. manière acGoutuiHéej :0n peut juger/ du jiOm'bre de oes anicnaux: employées^ dans ces haeimdas^; il.y enatait 460. dans fiarrsras.

Le reste de l'opération ^t le même que celle décrite à l'article de, Real del Monté, à quelques différences près , de peu d'importance, comme dans la forme des cuves (lavaderos), et dans la jpa^thode. pour enlever

de la lùfMkdora (Famalgaine d'argent et de mercure) les autres substances.

L'or qui se trouve mêlé à l'argent s'en se* pare déjà en partie dans Varrastro, et le reste par un procédé chimique à la Monnaie.

Les mines de Guanaxuato sont du plus haut intérêt par les souvenirs qui s'y rattachent, et. par les .traces de leur immense splendeur, ayciç laquelle rien au m^nde dans ce genre ne, peut êtro çompa^ré.

Mais Iqur {produit iK>tuel iVest pas en rapport avec la maignificence de leur aspect«- Les afrfaires des compagnies qui les exploitent soni loia4'être dans un état rassurant; Les causes en sont diverses; mais la. principale est dans le caractère de<â h^t^nts de la contrée:

r Les compagnies anglaises de vGuanaxuato furent . les premières qui s'engagèrent dans lés mines mexicaines. Ne connaissant k terrain que paç des tl^ories , et ignorant entièrement les ruse» et les menées du Mexicain, de plus, imbus de leur propre supériorité en affaires, ils s'engagèrent par des contrats de

336 LE SffiXIQUE.

trop courte durée , comme de six années.

Ce temps si limité ne leur permit point d'y faire les établissements nécessaires sur un pied convenable , puisq[ue toutes les améliorations n'auraient été qu'k Tayantage des propriétaires qui devaient rentrer dans leurs droits dans un terme si rapproché •

Quoique possédant des directeurs du plus grand mérite , comme M. Scoolbred, homme compétent et plein d'activité , fi>rce leur fut de marcher dans l'exploitation des mines sur la voie suivie par les Mexicains , desquels ils sont entièrement dépendants.

Il hMat donc- continuer à' donner àuir ou^ vriersla moitié du bénéfice, ainsi que les autres revenus que la coutume leur alloue; i Mais , non contents de ces avantages , ces hommes démoralisés, imbus de haine' pour l'étranger^ contre lequel tout crime leur parait même méritoire , volent encore plus qu'ils ne gagnent, jouant sous main avec lesrescatadores.

La compagnie anglaise, croyant compenser, par une économie mal placée, la position dés-

avantageuse dans laquelle elle s'est avanturée, n'emploie que quatre Anglais pour diriger les minés 9 tandis que la surveillance et le contrôle se trouvent entièrement dans les mains d'employés mexicains , choisis entre les ouvriers , qui , mal payés , font cause commune avec leurs anciens camarades et exploitent pour la compagnie les veines les plus pauvres, réservant les plus riches pour leur propre compte.

De même qu'à Real del Monte , je reçus des employés anglais l'accueil le plus prévenant , et je n'eus qu'à regretter de voir ces hommes si habiles et si actifs, si peu soutenus dans leur pénible besogne , qui , une fois commencée , devrait être suivie , sinon dans le style supérieur de Real del Monte ^ du moins avec tous les efforts que permet cette entreprise manquée dans son début.

Je quittai la ville de Guanaxuato , le 3 août, à quatre heures du matin , après m'y être arrêté deux jours , heureux d'avoir vu ces mines si célèbres.

aa*

338 LE MËXtQUE.

Obligé , lors du trajet de Celaya k Guanaxuato , de le faire en un jour, j'avais réussi à parcourir vingt-trois léguas en quinze heures, dont je consacrai deux seulement au repos. Je n'avais changé qu'une seule fois de monture , et le dragon qui m'accompagnait avait accompli sa course sur le même cheval.

J'étais forcé pour retrouver mon monde à Lagos ; d'y arriver de même dans un seul jour. Je retournai jusqu'à la garita de M arfil , à l'entrée du ravin , d'où je me dirigeai sur Silao , à cinq léguas de Guanaxuato , ville petite mais très-animée. De Silao jusqu'à Léon, à neuf léguas de distance , la contrée est plate et très-bien cultivée. Dans les environs de Léon on trouve beaucoup de plantations de cAt7e (piment). La ville de Léon est une des plus industrieuses et des plus riches de la république, quoique son étendue ne soit point considérable, et qu'elle ne contienne , de même que Silao, que 2 à 3,000 habitants. On y trouve nombre de tisserands qui fabriquent des re-

LE BfEXIQUE. 339

boêoêj châles bariolés dont l'usage est si gé* néral parmi les femmes mexicaines , que les In-

diennes mêmes à demi nues s'en enveloppent la tête et les épaules, se drapant, malgré leurs lambeaux, comme des vestales; à rimitation de leurs maris, qui, malgré leur ni]^dité presque complète dans les environs de Léon (puisqu'ils n'y portent que quelques morceaux de cuir autour du corps ) , s'enveloppent ég^ement, même par une cjialeur étouffîmte, dans les plis de leurs $erQpe$.

Je pris un .peu de repos à Léon , dans une mesum assez propre, et je repartis de cette ville, dont les habitants sont fameuse pour leiH^ brigandages , à cinq haures après midi 9 par un chemin montueux , couvert de bois et de broussailles.

I|l me restait encore douze le^tKU^ à parcourir sur une roiite très-pittoresque, mais déserte et couverte de montagnes , de ravins, de précipices et de marajis.

La nuit était survenue et nos anipiaux étaient si fatigués , qu'il fallut mettre pied a terre et

m LE IIEXIQUE.

les conduire en lesse. N6113 engageâmes avec difficulté un Indien à. nous.guidet, .mon compagnon ne se reconnaissant plus, dans l'olisçurité.

Le silence dans. cette solitude n'était. interrompu que par le hurlement, si désagréable du chacals , qui ressemble aux cris d'un enfant. ' .' .. ,

Après minuit enfin nous atteignîmes La-« gos ; mais il fallut encore pour entrer dans la ville, passer a gué un fleuve large et rapide 9 dont l'eau, grossie par les pluies , s'élevait jusqu'au poitrail des chevaux* Je retrouvai mes gens et tous les effets en ordre , grâce , conmie j'ai lieu de le croire, au chef de l'escorte; mais mes animaux avaient été si négligés , que j'en perdis un le lendemain.

L'habitude aguerrit aux fatigues, et malgré la longue marche de la veille, où j'avais fait vingt-quatre léguas sur le même cheval ,. en vingt et une heures , y compris deux heures de halte , je pus continuer ma rout^ le lendemain.

La petite ville dé Lagos prend son nom des tacs (lagm) dont elle est entourée. Ea sortant de la^ ville , on voit à la gauche une mon* tagne appelée , en r»8on de sa forme parlîcu* lière, MeMred^nda. La contrée continu^ d'hêtre déserte ; - elle est mon tueuse , cQuvMte > 4^ btruyères.v "et coupée par des rayii»e^j;on,y rencontre dias -fourmilières 4'une tdle étç^i- 4ue , qjjb^ le isolen . est dévasté dan^ une çâx;conférence d0'2à 4mëtres. ; .

On passe , ' à sept legvm de Lagos , près 4^ quelques huttes nommées el Obispo, et^Ji uiiie legaa et demie phis loin , par un0^ belle plaùnè: cultivée. ' ,>..

San: Juan de los- Lagos est k cinq kptf^ de el Obispo et à douze de Lagos. On est surpris de trouver dans cette ville , située dan& une gorge*, au milieu d'une contrée mpntueuse et stérile , une belle église avec une coupole et deux tours. Cette église, dont l'inscription portait Basiliea Lateranensis, est digne de ce titre comme une des plus grandes et deisplus belles du Mexique. Elle est construite en

3ta I£ MEXIQUE.

pierre» (W 'taille dana le slylele phia élégafnt, sur dea ccrfomiê» caBnelêes j ravfec «ai^rche magnificpe^bù l'on moiite par 4é:bdle4>iMirt cbetiqi^ijentoiifent'rédîficek, • : m. < -

' akw iiUé, quoique >ti|ii8t)èi|Nmilèid#4iîréié tks^^lmrte du temtii dies Eapaffhols v i» Foîi enf jli^ë l^rlà ètMsmsictiô^ des tnaisona^ qid ^ïiV fbùtès ^léiMt»^*è^MèiMéës'dë s)e«lplui'efr. ËHè]'AmsSàit'dif^li^4lé^é^IMMileu possède encore aujèiil'd^^'^ ^lâiqu'on y tient 1^ ihois de^ dècf^nbve de çbaij[ue> ^maée une foiifë (/^rjd) qui duré' lMli%JdijH^;'C^ qm aiUire tltl id* ^dottcçut^ de^iÉtndev l{ué) leaîfnbntagnes qui environnent la\iUe présentait dkirs W cÔU|^'^!oËâ!1epli£5pitlofe9(^e'parfeiioBibre d'è . pèrsfounes , d^ ^chariots et • d'anîmaùt qui

y biYMàquenti '- - ; ' . ^ •: '

Pâimlit^ le 5 août^ dé Sa» Juan d^ los Lage^^ je passai sur uii béait |M>ttt en pieire au-dessnns d'une petite rivière i^quî^ coule par la ravine.

GalOfs , sittié k cinq leffàa» de Lagos dans une âfuti*e ravine , est un li^u pauvre et d'un

a^p^cl^^misérat^le, mais doni rancietine église est également surmontée d'une coupole et de dew %mrf'

. . Uafiftei^l de la contrée est toujours le même , e'est-à-dir^ sans ciikure. La Lafca , chétif endroit cpluposé de quelles cabanes, est à deux eu tnm léguas i9ivk delà; enfin , à douze kff^ttiifi de San Juan , on arrive à la Venla de Pejeros ^u Aopiéiiida. de $an Antonio» ferme avec une mauvaise n^zùH san^ aucune ressource,

Nous trouvâmes , te lendemain ^ lots do no^e 4i$part I les eaux de la petite ri:yière qui coule près de la hacienda t^Ileni[e^t accrues par: les pluies, que nous ne. punies la ;traYÇ|^7 ser à gué. Il fallut donc la passer,, ainsi. qu^ 1^ bagage , sur un mauvais canot compQpé.d'uu arbr« creux. Quel travail que i;e^ui de; Recharger les animaux, d'oter les selles* et les bâts, et de les placer dans le canot qui dut C^ire plusieurs voyages, tandis qu'on poussait; les( chevaux et les mulets dans la rivière ^ur la traverser à la nage ! • .

Arrivés au bord opposé , il fallait les re-

VA LE HEXIQUEi

prendre , les sellei^ , les rechairger, et le tout dans la fange ! >•<■

Quel contraste dans ce payai D^'ttnf èêlé dea édificea magnifiijiies , «des banMqtiea en pierre de taiQe ^^^ ^ijnediics immenses', é€ à quelques legnoê plua lain, siibr ntié deis p«in- 'eipales rôtîtes , pas-mêmè un aitnpte «pont- en bois! • ' >• * "

La contrée prend îêî un aspect fertflé et cultivée On y voit dés milliers ée lierres , ^ue jamais' chasseur n'inquiète. ^^

* Les fauttéa y sont uniquement 'eVniÉti^èlhes en 'larges |iiérres volcaniques, po^Sék t^iine surl^àntrè et' couvertes de paille , sàiisr àucmn ciment pour les lier, ni même de mousse entre lesi'fenles.

Ce fut dans une belle plaine à cinq ou six le* guas de la Venta de Pejeros ,^ à une kgua de Tepatitlan, que je découvris là pyramide que j'ai décrite dans lé XVIII® lihapitre, et que , en raison de sa proximité de cette dernière ville , j'ai' désignée sous le nom de la pyramide de Tepatitlan.

LE MEXIQUE. 3tô

Après avoir passé le pefdt endroit de San José, a une demi-jegfna de la» pyramide ^ j'armm à Tepatidaû, ville trè»-bien située sur une petite éminence . Le spl^ qui est des plus riches» se eèmpose d'une terre rouge et argileuse.

' L'églke et les habitationa . dispersées sur rénuiMAoe^ jconsimjites avec cette, même terre ^ pouiimrt^ de toits en comble ,■ d'ardoises o«,fde ^paille, présentent^ par leur couleur vouge et la verdure qi|i lea encoure un coup d'iailtgMetagréeJïle^ ■., : Iraspeict:4^ la» <:QnUr(iie au^ bien que la ciHtsImctioli pejrdeiit icitl#ur qasectère orien-lal.; LescfiCtlupf sont peu WHXibreuiE:, surtout rjâlQès:; aus^i lepulgue y est-il remplacé par de Vagnofdienlê (eau-de^vie). . •

.La,poi^^tr%iction des. habitations, qui paraît européenne, semble. prouver qu'une grande perjtiQ de cette ccintrée ne fut peuplée qu'après la conquête. Lea souvenirs des temps des Indiens devieiuiei^t rares ^^ et le peu d'antiquités qu'on y . trquveprépenjtent une forme grossière. La pyramide deTepatithux ..est

L-umqiie et k dermërp i^i*meusoi^ o»imiif /du coté deibue8tr4ela«bapî^ilel.^ ' *> :?i)' -'t^'

T f * 1 Vil*/ If' 11 I«l *'''^«L>**

Jkie séjOHT^oea IncUéiïis'aémpieafa'v^ir éM queïcaaaifUilîDevtet cp lî^esl^lpie fl«'aù liôrA que des : traces plusiiiomblreiiset^ det^ 'Ifidiens reparabsenti : Laiv>Êtadêicdiiniiei|seet *k< î^ ^llre meléeraifèo leÈJnègves iiàpottéft) d^^iifriqiie J' < .Aptrès ipneïhènre» de» vëpete à^TepMîdflD ) jfe me dirigeai Aiv>Sp]^tioai^'icjEiyMii)|^tié^cA»

ou neuf léguas de Tepatitlafi/|« (^to^ài>clàjftsliMe Centime < "de^ pfaM i^bitàtiliqv^ j ' ie^fmm Ue Gâlderofi, jélé ilUf ilfâ^tid^riëMlK^déVéi^é^tf^ par Iflt batdi8é'^Hid%d ff^êSt^iièiif jailH Vier 1811 .centrer CiHëjrfyler'qtfr décida Ai sort* de la première infMii¥êèiioW méji^k^iîé;

Hidailgo avait ràdèettibliS ébn'âfttfaféë^compo- ^ée de 1 5,000 ^k '18,4)00 tttdienÉ îii^tt r^éis , sôutëntie {^ar ^uiï pâ[^c'«l6jâbreux'd'arrillê)^ , sur les montagties k Tonedt dtti>pnu

Le général' CâUê|â ,• atee^ ^$ trd^pes dis»

plihées, fortes é^ 1 1sDOO h<)tomé^, àfyec 1 1 ca- Xidns'ëilf^iùafli^éolmsieM.'êtalit arri^ sût* la rive

opposée, et les avait formés en deux masses.

Son plan , qui: était d'attaqver séparément avec ces deux corps les Indien» rassemblés surileSf:baiit4ws.viie réui^ :|^oint^ quoique sa djpoite eût.eul'avantage» au commeaicement de^l'lictioA, sur. les Indiens insnrgésS^ qui , mtdgré leut Ipeu de discipline et VïvJtériorieté: d^Jevn armes ornais soutenue par leu fonotûdafale;. artillerie,' avaient repoussé troisr fois «l'attaque ;ide. Ir^gauôkede ramée royale /coflSflMndé»! par le comté de ié Cat dena. Le» -général Galleja due dont rétrogra>* der pour ne poÎBlt. être séparé de sa ganehe: ill réussit à se réui^ k.ellé elà ranimer son isoii-

rage. Mais, son artillerie n'ayant plus que peu de munitions^ il forma $on armée en «une seule ligné de batattle ; plaçant ses- canons en tête , aveo l'ordre de ne 'tirer qu'à portée de pistolet de la batterie des insurgé*. ' '

Lés chances paraissaient aldrs égales, lorsqu'une grenade , tombant dans un des caissons de .poudre des ÂiûiériGaîns , le fit sauter, et le feu s'étant communiqué à plusieun au*

très V une terreur panique s'empara des In* diens , en * voyant j)e idégat ^ qujs cet nccident aivaiftioccasionnë.;! ti n':;*.; /v\-jIj>- izj-.

• fl^pfirént'laluhe endéMNlMf^lM^ nâiit>anx vainqueurs 93 piëiies d» cation^ tes dragons i espagnols /ftnmtvelaaîlpjlëur ^clhurge paff ia gaucbbr^ «nedrentibientôtsdâiiBmMé tout le chamç de batailles vqnï restât fei PaMtté^ royaliste , excepté un<pbitisfoiUfili*ptt*>les in^ diensr et défendu p«ir'&^èe«pi4lé::iGÎaiiodà^r gauche , a l'dttaqueidQiptetlevsnie'de la Gadena^perdit la vîter»: sfétânfc 1rop<É«andé , îl&t l^risf^ardes^Indiensjen mnbttoadeyaanipyen de-leu]^Jaj6os> et tomba pérdéde» oent-âmies différentes. . ! r;; : . i '

' Hidalgo , ^ entr^lînéidans Id ftûtoK, échappa , maisfiit pris deux iHois après pair 4a trahison des siens , et exécuté à ChihuahuaV Le vainqueur, Calleja, fut nonmié comte doGàlderbn et vice-roi de là Nonvelle^fispagne^ Il fallut quinze jours pour brûleries ctsvps des indiens mortS'dans cette batadUè et dansleur désas^ treuse reUrai^e* ■ >'>i.'-:'.r\>,,.- ^ -. a A m .

Près de Sebatlonejo , où nous passâmes la nuit, et k deux léguas pli» loin , des ponts en pierre îndicpient que l'on approche d'une grande viUe.

Le sol est pierreux. On passe , k trois ou quatre léguas de Sebatlonejo, sur un pont trèslong, le Rio-Gr^inde de Tololotlan, le fleuve le plus considérable du Mexique, dont les eaux coulent dans la mer Pacifique j il est éloigné d'environ quatre a cinq legtuis de la ville de Guadalaxara. Quelle que soit sa largeur, il est si peu profond qu'il n'est navigable qu'k peu de lieues de son embouchure.

Le côté ouest du pont fut , dans les derniers temps , la scène d'un combat , où le général don Louis Cortazar vainquit Mejia , le chef des insurgés , et le fit prisonnier.

Cortazar, posté sur la rive droite, n'avait que 2,000 hommes sous ses ordres. Les insurgés , que commandait Mejia , étaient au nombre de 6,000, soutenus par un grand nombre de canons.

Nous rencontrâmes , près du pont , quel-

350 LE «œXIQUE.

cpies arrieros, avec leurs mifles, (jui avaient été dévalisés dans la nigût. Leur perte s'élevait k 4)600 peios. ^

Battus par une averse , nous atteignîmes la plaine dans lacjuelle Guadalaxara est située , et bientôt après nous descendîmes k la mezon de Zapopan , dans cette ville principale de l'ouest du Mexique.

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