‹ Le microbe de l'ostéomyélite aiguë: démonstration expérimentale de la présence dans les foyers de l'ostéomyélite prolongée et dans quelques abcès chaudsChapitre 14 sur 18 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

LE MICROBE EN GRAPPE BLANC. - IDENTITÉ EXPÉRIMENTALE DE CE MICROBE ET DU MICROBE ORANGÉ

On a vu plus haut que le pus d’un abcès chaud du sein avait donné le microbe en grappe blanc et qu'il nous avait été possible de l’étudier expérimentalement. Ce microbe était absolument semblable merphologiquement au microbe orangé ; Imjecté dans les vemes, il avait déterminé la mort d’un lapin en produisant toutes les lésions que nous avons signalées après les injections intra-vemeuses de l’autre staphylococcus ; enfin, injecté sons la peau, 1l avait produit une affection cutanée avec pus et escharre superficielle.

Une autre circonstance a permis d'étudier encore le staphylococcus pyogenes albus.

Le 16 avril 1885, M. Ollier remet à M. Rodet un tube que lui a donné M. Socin au Congrès de chirurgie

et qui renferme une belle tache blanc d'argent sur gélatine. Gette tache est constituée par le microbe en grappe blanc qui provient du pus d’une ostéomyélite. M. Rodet est frappé de l'odeur de petit lait qu'elle dégage et qu’il a trouvée constamment dans la culture du microbe orangé.

Avec cette végétation, on fait, le 17 avril, deux ensemencements :

1° Sur pomme de terre ;

2° Dans bouillon de veau.

Trois jours après, la culture sur pomme de terre a produit une tache saillante de trois où quatre millimètres de diamètre, tout à fait incolore. |

Le 18 avril, la culture dans bouillon contient des coccus en grappes et en couples. Avec cette culture, injection intra-vemeuse d'un quart de seringue à un lapin jeune. Ce lapin n’a pas paru malade.

Un mois après, le 28 mai, en voulant faire une autre injection mtra-veineuse à ce lapin, on découvre au heu de l’ancienne inoculation un abcès, bien circonscrit, de la grosseur d’une noisette. Il est probable que, dans la première mjection, le liquide avait fusé dans le tissu cellulaire du cou au lieu de passer dans les vemes. Avec ce pus convenablement recueilli, on fait deux cultures dans du bouillon de veau.

Le lendemain, ces cultures renferment des microcoques, des diplocoques et des grappes.

L° juim. 1° Injection intra-veineuse d'une seringue d'une des cultures précédentes à un lapin jeune ;

2° Injection sous-cutanée au dos d’une seringue à un autre lapin.

# jum.'Le lapin quia subi l'injection intra-veineuse, 1l y a quatre jours, meurt. Il présente dans les muscles des collections soit arrondies et saillantes, soit diffuses et planes. Abcès dans les reins ; il n’y a rien dans le foie nile cœur. Pus dans les articulations. Petits abcès périostiques. Ostéites juxta-épiphysaires. Séquestres et rugosités.

11 juin. Le lapin qui a été moculé sur la peau du dos à gauche, le 1” juin, meurt. Dès le lendemain de limoculation, il présentait une tuméfaction cutanée ; les jours suivants, la tuméfaction augmentait et en même temps le membre inférieur du côté de l’injection restait fortement fléchi et rétracté. La peau est indurée, un bourrelet limite la lésion, près du bourrelet un sillon d'élimination assez profond indique que les parties superficielles allaient se détacher des couches profondes, entre les deux ést étalé du pus épais. D’énormes abcès entourent le genou. Après les avoir ouverts avec précaution pour en faire des cultures, on voit que les collections sont probablement ossifluentes et que l’intérieur de la jointure est sain. L’extrémité supérieure du tibia présente plusieurs séquestres, la tête du péroné est réduite en bouillie purulente et se détache. L'extrémité mférieure du fémur paraît saine, mais en la décollant on voit le canal médullaire de cet os rempli de pus. Il en est de même pour le canal médullaire de l’autre fémur et des deux tibias. Quelques érosions de l’extrémité supérieure des humérus. Quelques abcès dans le foie. Les reims présentent de petites collections bien nettes et laissent échapper, à la pression par l’uretère, un liquide blanchâtre.

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On fait des cultures avec le pus de la peau, le pus de l'abcès qui entoure le genou et le pus du rein.

Ces diverses cultures contiennent le même microbe, le staphylococcus. De plus, des cultures faites sur gélatine avec celles-ci ont donné la végétation blanche. Ce qui prouve que, dans toute cette série d'expériences, nous n'avons eu affaire qu'au microbe en erappe blanc.

Ainsi, les cultures de ce microbe ressemblent à celles du microbe orangé, elles ont même odeur, méme aspect. Injectées dans les veines, elles ont tuéles lapins en quatre jours comme les secondes et avec les mêmes lésions qu’elles. Les injections sous-cutanées (peut-être ont elles été cutanées?) ont déterminé une lésion ulcéreuse dela peau, et cela à deux reprises différentes, si l’on se reporte à l'affection produite par le microbe blanc isolé dans le pus de l’abcès du sein. Dans ce dernier cas,le lapin a guéri après avoir éliminé une vaste étendue des couches superficielles de la peau. Le lapin, moculé avec la culture de la végétation fournie par Socin, a été tué par des lésions généralisées aux viscères et à l'appareil de mouvement, avant que l'affection cutanée ait eule temps d’achever son évolution. El faut donc retenir qu'une injection sous-cutanée peut produire,loin du point de l’innoculation,la suppuration des os et des viscères. Mais il ne faut pas croire que cette affection singulière de la peau, que nous avons produite deux fois, relève spécialement de la présence du microbe blanc, M. Rodet nous a affirmé en avoir obtenu d'identique avec le microbe orangé.

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On peut donc dire que le microbe blanc et le microbe orangé sont identiques dans leur forme et dans leurs réactions sur l'organisme du lapin; ils ne différent l’un de l’autre que par la couleur de leurs végétations sur pomme de terre et sur gélatine : il nous a été impossible d'obtenir avec des cultures blanches, autre chose que des cultures blanches.

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