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DESSIN DES OBJETS MICROSCOPIQUES

C’est ici surtout qu’il faudra tâtonner pour trouver un éclairage convenable et montrant en même temps distinctement et le crayon et l’image de l’objet. Pour réussir, il faut que le papier et l’objet soient éclairés à peu près uniformément. On y parvient, soit en donnant une position convenable au miroir, soit en assombrissant le papier au moyen d’un écran. L’expérience et l’habitude sont ici les meilleurs maîtres.

11 importe beaucoup de toujours indiquer sur chaque dessin le grossissement employé. Cela est facile, puisqu’il suffit de mesurer une fois pour toutes, à la distance où l’on dessine, le pouvoir amplifiant de l’objectif employé. Ce grossissement est exprimé par une fraction ayant l’amplification pour numérateur et l’unité pour dénominateur,

5oo ,

par exemple -y- indiquera un grossissement de 5oo diamètres ou de

5oo fois l’unité qui est la grandeur réelle de l’objet.

Comme nous le disons plus haut, il n’est pas indispensable qu’entre la chambre claire et le papier il y ait une distance de 25o mill.

Si nous indiquons ce chiffre de préférence, c’est parce que l’on connaît ainsi immédiatement le grossissement et que cette distance est celle de la vue normale de la plupart des observateurs. Rien n’empèche de dessiner immédiatement sur la table si on trouve cette distance plus commode comme c’est souvent le cas. La seule chose essentielle c’est de noter toujours exactement le grossissement employé et l’on fait bien encore d’indiquer sur le dessin avec quel objectif celui-ci a été fait. On comprendra, en effet, aisément que le dessin d’un objet délicat fait, à un grossissement donné, avec un objectif apochromatique de 1.4 O. N., aura infiniment plus de valeur que si le même grossissement est obtenu avec un oculaire fort et un objectif faible qui aurait une O. N. de 0,4-

PHOTOMICROGRAPHIE.

Tout ce que Pœil peut voir au microscope peut être reproduit par la glace sensible. Celle-ci reproduit même parfois des détails que l’observateur ne pouvait voir, car, un grand nombre de rayons, les ultra violets, par exemple, que notre œil ne peut plus percevoir, agissent encore sur la plaque sensible photographique.

Dès le moment où la photographie fut trouvée on songea à cet art nouveau pour fixer les images microscopiques. Dès 1844, A. Donné et Léon Foucault publièrent un Atlas d' anatomie microscopique ; dessiné d’après des épreuves Daguri'iennes.

Bertsch montra, croyons nous, vers i85y, les premières épreuves sur papier. Parmi ces ouvriers de la première heure, la Belgique peut revendiquer M. A. Neyt de Gand, qui fit de la photomicrographie avec Bertsch, et qui, le jour d’aujourd’hui, occupe encore un des premiers rangs parmi les zélés. Le travail publié en 1887 par MM. E. Van Beneden et A. Neyt, sur l'ascaride megalocéphale renferme des photogrammes excessivement bien réussis, quoique le tirage à l’encre grasse rende fort mal, comme c’est toujours le cas, l’admirable netteté du cliché. M. A. Neyt s’est aussi occupé de photographie astronomique à une époque où l’on n’y songeait guère encore et il a publié une épreuve de la lune excessivement remarquable.

Nous même, nous faisons figurer à l’Exposition Internationale d’Anvers des clichés faits en 1862.

Parmi les micrographes qui se sont occupés avec succès de photomicrographie il faut, en premier lieu, citer feu le D^ Woodward et le Dr Maddox qui, lui, heureusement n’est pas encore ravi à la science.

MM. Nachet, de Brébisson, le comte de Castracane, Pringle, le Dr Neuhauss, le Dr Moitessier, R. Koch, M. Th. Comber, le Dr R. Zeiss et notre excellent élève, M. Gife d’Anvers, se sont occupés avec honneur de la photomicrographie et on produit des clichés remarquables.

Lorsque, en i865, dans la ire édition de notre traité du microscope, nous fîmes connaître les procédés dont nous nous servions, la photomicrographie ne comptait encore que quelques adeptes. A cette époque, en effet, il| n’était ni commode, ni agréable de faire de la photographie à l’aide du microscope. Outre que l’on avait à subir tous les ennuis de la photographie au collodion ; tâches sur les mains, poses très longues pendant lesquelles la couche séchait inégalement, épreuves fréquemment manquées parce qu’on ne pouvait toujours déterminer exactement, d’avance, le temps de pose, etc., on avait encore besoin d’une installation tout-à-fait spéciale et l’on ne pouvait guère se servir que d’une source lumineuse intense ; celle du soleil

PHOTOMICROGRAPHIE.

était même presque toujours nécessaire et la cuve cupro-ammoniacale, de même que l’héliostat, étaient indispensables à quiconque voulait faire quelque chose de sérieux.

Aujourd’hui tout cela est changé. La photomicrographie, grâce au gélatino-bromure, est à la portée de chacun : elle doit même faire partie de l’installation de tout micrographe sérieux, car elle ne présente plus aucune difficulté et peut rendre les services les plus précieux : elle permet de prouver péremptoirement et sans contestation possible, les faits que l’observateur a constatés, de même qu’elle lui permet de garder le souvenir exact de ses recherches. Elle permet même d’aller souvent plus loin que par l’observation directe car, comme nous l’avons déjà dit, certains rayons, les ultra violets par exemple, impressionnent encore la plaque sensible alors que l’œil ne perçoit plus rien.

Nous allons examiner successivement :

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