GRAND APPAREIL
PHOTOMICROGRAPHIE.
Le seul inconvénient c’est de ne pouvoir être employé avec les oculaires à projection. Quand on emploie cet appareil avec les objectifs apochromatiques, il faut, immédiatement au dessus de l’objectif, disposer une lentille achromatique concave qui fasse coïncider le foyer de l’objectif avec la surface de la plaque sensible.
Ainsi disposé cet instrument nous a donné des résultats parfaits, et obtenus avec une facilité extrême. Nous avons produit ainsi des clichés de V Amphipleura ne laissant rien à désirer.
CAB.L REICHERT (Bennogasse 26, Vienne VIII). M. Cari Reichert fabrique deux appareils photographiques.
Le grand appareil (fig.
lyS) est monté sur une table polie, en bois, qui porte d’un côté une chambre noire mue par une crémaillière et de l’autre côté les appareils d’éclairage qui consistent principalement en un grand miroir mû par un mouvement d’horlogerie, une loupe condensatrice L et une cuvette à faces parallèles d où l’on met soit une solution d’alun, soit une solution colorée. Le microscope est placé à la partie médiane. La figure indique suffisamment les détails de la construction.
L’autre appareil, (fig. 176) est destiné à se placer au dessus de l’oculaire du microscope. Cet appareil est très convenable dans tous les cas où l’on n’emploie qu’un petit microscope et où l’on Fig. 176. n’a à reproduire que des
préparations qui n’exigent pas la plus haute précision.
OARL ZEISS (Cari Zeissstrasse, lena). La maison Zeiss s’occupe tout spécialement de photographie et l’un des chefs de la maison, M. le D"". R. Zeiss, s’est acquis une grande réputation par es travaux de photomicrographie. Bon nombre des clichés qui figurent
PHOTOMICROGRAPHIE.
dans son Traité-catalogue de Photomicrographie sont réellement d’une rare beauté et montrent qu’il a su tirer parti des ressources exceptionnelles dont il dispose.
Le catalogue de la maison présente divers modèles aux travailleurs.
Le Grand appareil (fig. 177) est un excellent instrument très complet et très parfait, si l’on veut, mais trop compliqué pour le travail courant. Son prix, d’ailleurs, ne le rend abordable que pour les micrographes très fortunés
Il consiste essentiellement en un microscope spécial M, porté, ainsi que les appareils d’éclairage, par une table en fonte. Une deuxième
table également en fonte, pouvant s’écarter de la ne, porte la chambre noire K et une manette articulée qui commande le mouvement lent du microscope. La partie antérieure de la chambre peut basculer et servir d’appareil vertical.
Fig. 178.
appareil plus simple tout en étant
Le banc optique de la petite table (fig. I178) est constitué par un miroir plan G, deux écrans F et E et un support à cuvettes H.
On peut y adapter encore une lampe électrique à arc, et ses accessoires.
L’ensemble, comme on le voit, répond donc à tous les désiderata du travailleur mais, nous le répétons, l’appareil est trop compliqué et trop coûteux. Aussi, savons nous, que la maison Zeiss réalisera d’ici à quelque temps un suffisamment complet.
PHOTOMICROGRAPHIE.
Depuis peu de temps, MM.Zeiss construisent un appareil vertical (fig. 179)
se composant d’une chambre noire solide et assez longue, glissant le long d’une tige rigide, divisée et portée par un large trépied en fonte.
La tige support S peut pivoter autour de son axe dans le manchon en fonte B qui naît du centre du trépied. Une vis de pression A permet de fixer la tige dans toute position quelconque de son mouvement rotatoire.
Ces modifications sont très heureuses. Elles rendent l’appareil réellement pratique et permettent de l’employer dans des recherches de haute précision.
On peut à volonté, obtenir chez les constructeurs, et séparément, divers accessoires utilisables avec cet appareil, et entr’ autres :
Un support à diaphragmes, sur pied, avec une série complète de diaphragmes et une plaque matte.
Une support à cuvettes, avec deux cuvettes.
Une lentille biconvexe sur pied, avec support, etc.
Enfin M. E. IiElTZ, à Wetzlar, fabrique également un petit appareil photographique qui diffère des précédents en ce qu’il peut servir pour le microscope incliné.
L’appareil se compose d’une chambre noire suspendue entre deux colonnes qui, à l’aide de vis de pression peuvent être fixées à toutes les inclinaisons.
A l’aide de crémaillières (fig. 180), les colonnes peuvent s’allonger par la sortie de tubes intérieurs ; on peut donc travailler à divers grossissements. Il faut, toutefois, rester dans certaines limites assez restreintes car la chambre ne peut, surtout dans la position inclinée s’allonger considérablement.
Appareil photomicrographique du HENBI VAN HEUECK. L’appareil dont nous nous servons depuis une couple d’années et auquel nous ne sommes arrivés qu’après des essais de toutes façons, a l’avantage
Fig. 179.
PHOTOMICROGRAPHIE
d être dune stabilité parfaite, d’un prix à peu près nul et d’une simplicité excessive. Tout menuisier intelligent peut le construire.
Plus d’un travailleur est venu nous demander de lui photographier,
1 un des fecules ou des fibres, un autre des tissus histologiques, un autre des diatomées, etc. Jamais nous n’avons eu à tâtonner.
Notre appareil (fig, i8i) consiste en une caisse rectangulaire en
PHOTOMICROGRAPHIE.
bois, reposant solidement sur quatre pieds (^), portant en haut le
châssis pour le verre dépoli, etc., et se posant sur la table de travail où se trouve le microscope. Le fond de la caisse est percé d’un trou se fermant à volonté par une petite bourse en étoffe noire attachée à ce fond. La hauteur des pieds de la caisse est telle que le tube du microscope arrive dans la caisse à environ 5-10 centimètres au dessus du fond.
La position verticale de l’appareil est de rigueur. C’est la seule qui permette de travailler commodément et c’est en outre la seule qui permette de maintenir complètement en place,
Fig. 181.
sur le condenseur et sur la préparation, ces liquides si mobiles, tels que l’essence de cèdre, le monobromure de naphtaline, l’iodure de méthylène, etc., que l’on emploie maintenant comme liquides d’immersion.
La grande différence — mais elle est essentielle — que notre appareil présente avec tout autre analogue, c’est que le devant de la caisse s’ouvre entièrement.
11 en résulte que, vu la largeur de la caisse, qui a 25 centimètres de côté, on peut très commodément mettre la tête dans l’intérieur de la chambre noire et, là, l’œil de l’observateur est à l’abri de toute autre lumière que celle qui vient du tube du microscope. L’image peut donc être mise à point dans les dispositions les plus favorables ; lorsque tout est parfait, on remplace l’oculaire ordinaire par l’oculaire à projection {si cela est nécessaire) et on ferme la chambre noire.
A l’aide d'une chaise ou d’un escabeau quelconque, on vérifie une dernière fois la mise à point sur le verre poli (un verre dépoli ne pouvant donner la précision nécessaire) à l'aide d’une loupe réglée, et on procède à l’exposition.
La longueur extérieure de la caisse est fixe et invariable, mais un système de crémaillières intérieures permet de modifier la distance entre la plaque sensibilisée et le microscope. Toutefois l’expérience nous a montré que cela est inutile, la combinaison des objectifs apochromatiques avec les divers oculaires compensateurs donnant toute la série de grossissements désirable.
(1) Il serait plus commode de n’avoir que 3 pieds, mais alors on serait sans cesse gêné dans les mouvements et dans l’éclairage.
PHOTOMICPOGRAPHiE.
C’est la longueur invariable des dispositifs qui donne la rigidité à l’appareil et permet la photographie des objets les plus délicats et de leurs moindres détails. Notre caisse a 5o centimètres de longueur. Si l’on dépassait cette dimension, on n’aurait plus la commodité necessaire pour manier le mouvement lent du microscope pendant que l’on regarde l’image sur le verre poli.
Cette longueur est plus que suffisante. Avec les objectifs de i/io® de pouce on obtient ainsi, avec les oculaires à projection 3 et 6, 5oo et looo diamètres, et, avec les oculaires compensateurs 12 et 18 on obtient aussi 2000 et 3ooo diamètres.
C’est ainsi qu’ont été faits tous nos clichés de tests, avec l’objectif O. N. 1,6 qui figurent dant cet ouvrage.
§. jl^ES ÉCLAIRAGES.
Pour obtenir de bons clichés il faut employer un éclairage convenable, vigoureux, qui produise du contraste comme on dit en photographie. C’est-à-dire, qui fasse ressortir l’objet sur le fond.
Si l’éclairage est trop faible, l’image sera toujours terne, les détails seront peu ou point visibles.
On peut, dans l’ordre de leur valeur, en photomicrographie, classer les sources lumineuses comme suit :
Lumière solaire.
n électrique par arc voltaïque,
n B par incandescence.
» oxyhydrique.
Éclairage au pétrole.
Lumière émise par les nuages blancs.
Lumière solaire. — Pour utiliser convenablement la lumière solaire il faut employer un héliostat. L’héliostat le plus simple, le plus pratique et en même temps le moins coûteux que nous connaissons, est celui de Prazmowski qui est fourni, à Paris, par MM. Bezu, Hauser & C*®, et à Potsdam par M. Hartnack. Nous nous en servons depuis de longues années et nous n’avons que des éloges à lui donner.
L’instrument (fig. 182) se compose d’un solide mouvement d’horlogerie faisant tourner, avec une vitesse d’un tour en 48 heures, un axe sur lequel on peut établir à frottement le miroir carré qui va être ainsi mis en rotation.
Sur la circonférence du tambour, contenant ce mouvement, est disposé un cadran portant les heures espacées, les unes des autres, par un intervalle disposé de 10 minutes en 10 minutes. Ce tambour est luimême porté par un support qu’on établit sur une surface horizontale, et qui permet de l’incliner de manière à faire cdincider l’axe du
PHOTOMICROGRAPHIE.
mouvement avec la direction de l’axe du monde dans le lieu où l’on opère.
Cette direction, donnée par la latitude du lieu, n’a pas besoin d’être
connue de l’opérateur, l’orientation de l’instrument quant à la latitude et quant à la déclinaison du soleil correspondant au jour de l’année, se faisant à la fois et, pour ainsi dire, automatiquement.
L’appareil sera d’ailleurs fixé après l’orientation, dans la position exigée par la latitude, à l’aide d’une vis de pression agissant sur
Pour orienter l’instrument, après que le mouvement d’horlogerie a été monté, on le place sur 'une surface bien horizontale, et, le miroir étant enlevé, on engage à frottement, dans l’axe du mouvement qui le traverse comme une broche, une règle métallique formant diamètre sur le cadran. Cette règle se termine à ses deux extrémités par un appendice perpendiculaire ; l’un plus court, percé d’un petit trou — c’est une pinnule ; l’autre, plus long, marqué d’une division représentant l’équation du temps et les déclinaisons du soleil, de dix en dix jours, reliées par une ligne continue. Au pied de l’appendice-pinnule, la règle est percée d’une fenêtre qui permet d’apercevoir au travers les chiffres des heures gravés sur le cadran. Pour mettre l’appareil à l’heure, on fait tourner la règle autour de l’axe, comme l’aiguille d’une montre jusqu’à ce que le chiffre de l’heure et fraction d’heure à laquelle on opère (l’heure que l’on prend sur une montre bien réglée) soit compris dans la fenêtre, et que la division qui la représente sur le cadran co’incide avec un index placé sur le bord de la fenêtre.
Pour orienter définitivement, on n’a plus alors qu’à faire tourner l’instrument horizontalement sur la table, en l’inclinant plus ou moins sur son support, jusqu’à ce qu’un rayon de soleil, passant par le trou de la pinnule, vienne peindre sur la ligne des déclinaisons placée sur la branche opposée de la règle, une petite image du soleil tombant exactement sur le point correspondant au jour de l’année.
un limbe qui porte les latitudes de 0° à 70“.
PHOTOMICROGRAPHIE.
Cette opération dure à peine quelques instants, et elle est, comme on le voit, extrêmement facile.
Cela fait, l’instrument est orienté ; on serre la vis réglant l’inclinaison sur le cercle des latitudes, on enlève la règle et on glisse dans Taxe du mouvement la tige du miroir, qui peut y tourner à frottement sans agir sur le mouvement d’horlogerie. On obtient ainsi un rayon horizontal immobile, que l’on peut encore réfléchir sur un autre miroir plan, placé à quelque distance et mobile sur son pied, afin de diriger le rayon partout où il en est besoin.
Ajoutons que si l’on ne connaît pas exactement l’heure, on peut encore régler l’instrument d’une manière suffisamment approximative, en l’orientant vers midi. On peut encore opérer en orientant d’abord vers 9 heures du matin, puis vers 3 heures du soir. A chacune de ces opérations, on trace un trait sur la table avec un crayon et le pied de l’instrument servant de règle. Ces deux traits formant un angle qu’on divise en deux parties égales, par une bissectrice le long de laquelle on range le pied de l’héliostat. Celui-ci se trouve ainsi orienté pour midi.
Le mouvement d’horlogerie construit spécialement pour cet héliostat est extrêmement soigné et solide ; il possède un échappement à ancre, et peut mouvoir un miroir beaucoup plus grand que celui qui lui est adapté. Un petit cadran placé sur le tambour et divisé en 6o minutes, sur lequel se meut une aiguille des minutes, permet de vérifier la régularité du mouvement. Le cadran des heures et la division en jours sur l’équerre sont émaillés et, par conséquent, à l’abri des accidents et des intempéries. L’instrument peut servir dans les localités situées depuis l’équateur jusqu’à une latitude de 70°.
L’héliostat est accompagné d’un second miroir, sur pied lourd, mobile dans une articulation à boule, et le tout est enfermé dans une boite d’un petit volume et d’un facile transport.
Pour employer l’héliostat on commence par l’installer et le fixer conformément aux instructions qui viennent d’être données, puis on dirige le grand miroir de telle façon que les rayons solaires viennent frapper le petit miroir sur pied que l’on place dans le voisinage de l’instrument.
Ce miroir à son tour renvoie les rayons solaires sur le miroir du microscope à qui l’on fait prendre la position la plus convenable, pour l’éclairage de l’objet. Malgré ces réflexions successives qui semblent devoir absorber beaucoup de lumière, il en reste suffisamment pour qu’on puisse obtenir un bon cliché en un temps infiniment court.
Il va sans dire qu’on doit interposer sur le trajet des rayons une cuvette à faces parallèles, contenant un liquide coloré donnant une lumière monochromatique et destiné, en même temps, à protéger l’oeil
PHOTOMICROGRAPHIE.
pendant la mise-à-point, etc. Si l’on se sert d’objectifs apochromatiques, cette cuvette peut au besoin se retirer pendant la pose, quoique mieux vaille la conserver, mais si l’on emploie des objectifs simplement achromatiques, il est indispensable de la laisser en place. La solution cupro-ammoniacale, qui donne la lumière monochromatique bleue, est préférée.
Cette solution s’obtient en dissolvant une partie de sulfate de cuivre pulvérisé dans quatre parties d’ammoniaque liquide.
On ajoute ensuite plus ou moins d’eau distillée de façon à avoir une solution plus ou moins foncée et cela selon l’intensité de la lumière solaire et selon l’écartement des parois de la cuve, c’est-àdire selon l’épaisseur de la couche colorée.
Éclairage électrique. L’éclairage par arc voltaique est peu à recommander par suite du peu de stabilité de cette lumière et de la difficulté de sa production.
L’éclairage par incandescence est au contraire fort avantageux et nous en faisons usage toutes les fois que nous ne pouvons employer le soleil ce qui n’arrive que trop souvent dans nos climats.
Nous avons déjà parlé, dans la partie de ce livre, de la production et de l’emploi de la lumière électrique.
Disons seulement ici que, pour l’emploi de la lumière incandescente, nous utilisons de préférence le photophore et que nous le disposons généralement de façon que la source lumineuse arrive directement au condenseur, sans passer par le miroir.
Eclairage oxyhydrlque. La lumière oxyhydrique, produite par un jet d’oxygène et d’hydrogène rendant incandescent un cylindre de chaux vive est excellente pour la photomicrographie et les amateurs anglais l’utilisent beaucoup.
On emploie généralement le bec à jets séparés. L’hydrogène pur est remplacé par le gaz d’éclairage et l’oxygène est acheté tout fait, comprimé dans des cylindres d’acier. Ces cylindres qui sont essayés à la pression de zSo atmosphères renferment de l’oxygène comprimé à izS atmosphères. La pression diminue naturellement au fur et à mesure de l’emploi du gaz, il faut donc, pour avoir une pression bien constante, passer par l’intermédiaire d’un « régulateur de pression » qui est fourni à volonté en même temps que le cylindre.
Lorsque le cylindre est vide on le rend au fournisseur qui le reprend ou le remplace par un autre. Les cylindres peuvent donc être achetés ou loués.
Une fabrique d’oxygène comprimé existe à Paris, rue Gavarni. M. Louis Van Neck, fabricant d’appareils photographiques, rue Klapdorp à Anvers, en a un dépôt.
Fig. i83.