CHAPITRE IX
l’abri du contact de l’air; on y ajoutera alors une solution de gélatine française , très-fine et très-blanche. Cette solution contient 6 grammes de gélatine et 8 grammes d’eau. Ensuite, on y verse quelques gouttes d’acide acétique, et l’on injecte ce mélange à une température de 40 à 45 degrés centigrades.
Nous avons fait, dans ces derniers temps, un très-grand usage de la solution de carmin , et nous pouvons recommander, d’après notre propre expérience, le procédé suivant.
On prépare à l’avance une solution d’ammoniaque et une solution d’acide acétique, de façon à connaître le nombre de gouttes nécessaire pour opérer une neutralisation réciproque.
On prend à peu près 150 à 200 centigrammes de carmin très-fin et un nombre déterminé de gouttes d’une solution d’ammoniaque (nombre de gouttes qui peut être, à volonté, plus ou moins grand), et environ 15 grammes d’eau distillée, on met le tout dans un mortier pour opérer la solution et broyer en même temps le carmin; puis on filtre, ce qui exige plusieurs heures, et occasionne, en conséquence, une volatilisation, une perte d’ammoniaque.
On verse, en remuant lentement et sans cesse, la solution ammoniacale de carmin dans une solution de colle fine, filtrée et modérément chauffée. On ajoute à ce mélange un peu chauffé au bain-marie, le nombre de gouttes nécessaire à la neutralisation de la solution ammoniacale dont on s’est primitivement servi. On obtient par ce procédé un précipité de carmin dans une solution acide de colle. Si on a en vue d’injecter des organes qui exercent une réaction alcaline sensible (comme cela a lieu, par exemple, avec les cadavres des vieillards), on pourra augmenter l’acidité de la solution en ajoutant quelques gouttes de plus d’acide acétique. Selon qu’on désire avoir un rouge
foncé ou un rouge clair, la proportion de colle sera plus petite ou plus grande.
Si l’on a (ce qui est très-important) une bonne qualité de carmin , on n’aura jamais à craindre d’insuccès en suivant ce procédé.