CHAPITRE X
180 grammes de gélatine très-pure, 280 grammes de miel, un peu d’alcool et quelques gouttes de créosote. Ce mélange, convenablement chauffé, doit être filtré.
Pour enfermer les objets très-minces, on peut se servir, tout simplement, d’une lame de verre porte-objet et d’une lamelle à couvrir. A l’aide d’un pinceau ou d’une tige en verre, on place sur le porte-objet une goutte plus ou moins grosse de la liqueur conservatrice; puis on prend l’objet avec les pointes d’une pince très-fine ou avec une aiguille à cataracte, et on le dépose au milieu du liquide qui doit le baigner complètement. On applique ensuite pardessus la lamelle dont on humecte la surface inférieure au moyen de l’haleine, en procédant, du reste, avec les précautions indiquées quand il s’agit du baume de Canada. II faut bien se garder d’employer le liquide en trop grande quantité, attendu qu’il s’échapperait immédiatement par les côtés, ou dépasserait les bords de la lamelle. Enfin on enlève le superflu avec une pipette à pointe extrêmement fine, ou avec de petites bandes de papier buvard. Dans les deux cas, il reste encore à essuyer les traces humides à l’aide d’un morceau de linge fin , en prenant surtout la précaution de ne pas déranger la lamelle.
On réussit quelquefois à dissiper, par une légère pression, les bulles d’air qui seraient restées dans le liquide. Il est également utile de tailler un petit morceau de papier à lettre, d’environ 25 millimètres de long, en forme de triangle. En insérant sa pointe entre la lamelle et le porteobjet, on parvient souvent à entraîner sans peine les bulles d’air au dehors.
Quand on fait usage du baume de Canada comme moyen conservateur, la partie essentielle de l’opération est terminée aussitôt que la lamelle a été heureusement placée sur l’objet, attendu que, au fond, on est libre de se passer de toute cimentation des bords, quoique, grâce aux pro-
cédés déjà indiqués, l’objet puisse être mieux protégé et acquérir un aspect plus agréable; mais ceci ne saurait avoir lieu quand il est question de préparations conservées à l’état humide. Dans ce cas, il faut absolument cimenter les bords de la lamelle. Nous entrerons plus loin dans tous les détails nécessaires à cette opération.
Quand on doit enfermer (et le cas se présente souvent) des objets un peu épais, ou bien quand on craint que le ciment, en se durcissant, ne presse trop fortement la lamelle contre l’objet et ne l’endommage, il faut interposer entre la lamelle et la lame quelque chose pour les tenir écartées. On se sert alors tout simplement de fil d’argent, de bandelettes étroites de papier , d’épaisseur variée , placées en face l’une de l’autre, près des bords de la lamelle , ou bien encore, on découpe un cercle entier de papier. Cependant des bulles d’air pourront facilement s’introduire, et il importe que la première couche de ciment, posée sur toute la circonférence, ne soit ni trop liquide, ni trop lente à se durcir; autrement le ciment se mêlerait bientôt au fluide qui baigne l’objet, ou encore , la couche extérieure, venant à se rétrécir, refoulerait la liqueur conservatrice intérieure.
On a été conduit, en cherchant à perfectionner ce procédé, à établir sur le porte-objet une espèce de cadre plat, plus ou moins saillant, auquel on a donné le nom de cellule. On a beaucoup écrit sur la forme des cellules. Les meilleures sont les plus simples, et on les préférera, à moins qu’on ne recherche un procédé moins coûteux. On peut construire des cellules avec la gutta- percha, le caoutchouc et le verre. Ces dernières sont supérieures, mais aussi plus chères.
Cellules de gvtla-pcrcha.
On trouve la gutta-percha dans le commerce sous forme de tablettes plus ou moins épaisses. Une bonne tablette