ACARUS DE LA GALE
dans le bulbe pileux entre le poil lui-même et la gaine cutanée qui en enveloppe la racine. Quand on a ainsi recueilli quelques parasites, on les porte sur une lame de verre et on ajoute un peu d’eau. Les dimensions de cet acarien varient de 1/6 à 1/4 de millimètre; il ne présente ni poils ni piquants; il est simplement armé d’un suçoir muni de deux crochets. Le jeune de ces animaux a d’abord deux paires de pattes tronquées; à l’état adulte le Demodex en a quatre.
Il vit et dépose ses œufs dans l’intérieur des glandes sébacées et des bulbes pileux, la tête dirigée en dedans, les parties inférieures en dehors.
Us peuvent souvent donner des indications sur l’état de nutrition de l’homme sur lequel ils vivent, ils sont en effet gros et épais chez les sujets bien portants, petits et minces chez les personnes maigres.
Leur présence n’offre du reste aucun inconvénient.
L A car us de la Gale ( Sarcoptes hominis, Sarcoptes scabiei) est un acarien dont le corps large et
Demodex folliculorum.
(Gross. 120.)
rond, hérissé de soies et de poils, mesure 1/3 à 1/2 de millimètre de long. C’est lui qui est la cause origi-
Fig. 320. — Acarus de la Gale. (Gross. 150.)
nelle de la gale; il ne faut pas le confondre avec le Demodex. L’acarus s’enfonce obliquement à une profondeur de 3 ou 4 millimètres au-dessous de la peau et dépose ses œufs au fond de la cavité ainsi
TRICHINE
formée. A la suite de rirrilaLion consécutive à sa présence, l’entrée de cette cavité s’enflamme ; on observe alors des pustules et une inflammation cutanée; de là les exanthèmes de la gale. La guérison ne peut s’opérer que par la destruction de ces parasites et de leurs œufs. On a beaucoup prôné dans ces derniers temps comme moyens curatifs le storax et le baume du Pérou1.
Trichine. — La Trichine ( Trichina spiralis) est un ver nématoïde pourvu d’un ganglion céphalique et d’un appareil digestif complet. Elle vit en parasite dans l’intérieur des viscères des animaux à sang chaud. Découverte, il y a environ trente ans, par le médecin anglais Hilton, elle n’a guère été étudiée que dans les quinze dernières années, depuis qu’on a reconnu le danger qu’oflre la viande trichinée. Voici quelles sont les phases de l’évolution de la Trichine :
Les Trichines (Tr. musculaires) introduites dans le tube digestif s’y nourrissent, y demeurent et finissent par devenir propres à la génération ; l’accouplement a lieu alors entre le mâle et la femelle. Au bout de sept à dix jours, les femelles donnent naissance à de petites femelles vivantes (embryons).
‘La gale n’est plus aujourd’hui considérée comme une maladie grave, grâce au traitement par le soufre, qui détruit radicalement et infailliblement le sarcopte et ses œufs.
Celles-ci gagnent bien vite les muscles, s’y développent, y restent enroulées en spirale pendant long-
Pig. 321. — Fibres musculaires où l’on aperçoit des Trichines en pleine Migration et une Trichine enkystée; / Gouttes de Graisse; p Corpuscules de Miescher.
temps et finissent par s’enkyster au sein même des fibres musculaires. Avec le temps, l’enveloppe du kyste blanchit; la Trichine demeure en place sans se multiplier, jusqu’à ce que le hasard l’amène dans
TRICHINE
les voies digestives d’un autre animal, où elle passe à 1 état de Trichine intestinale. Après avoir déposé un amas de 400 œufs environ, elle disparaît.
La Trichine intestinale femelle mesure de 1 à 3 millimètres de longueur, le male de 0ram,8 à les
embryons de 0mm,08 à 0mm,'13, la Trichine musculaire de 0mm,7 à 1 millimètre.
La migration des larves de Trichine dans les muscles, qu’elle se fasse par la voie que suivent les globules rouges ou blancs du sang ou par perforation du tube digestif, est inévitable, à moins qu’un obstacle, un tendon par exemple, ne s’y oppose ; aussi est-ce autour des tendons qu’il faut rechercher les Trichines; Fig. 323. — Crochet de c’est autour d’eux que le para-
ia Partie postérieure . r
du Corps de ll^Tri- site s’arrête et s’enkyste.
chine maie. Les Trichines intestinales sont
plus allongées, beaucoup plus minces; la tête se termine en pointe, tandis que l’autre extrémité se renfle et présente une terminaison arrondie. Les mâles
Fig. 322. — Trichine femelle.
ont à la partie terminale deux prolongements, près de l’ouverture du cloaque. L’enveloppe externe du parasite est constituée par une membrane amorphe, fine, transparente (couche chitineuse), qui n’offre rien de particulier si ce n’est des stries très délicates; au-dessous de cette enveloppe se trouve la couche cellulaire de la peau constituée par de minces fibres. Enfin une couche de cellules rondes granuleuses forme la paroi de la cavité du corps. La peau est parcourue par une bande longitudinale de cellules qui s’étendent de la tête à la queue, et, passant du côté opposé, regagnent la tête.
A la partie antérieure du corps est placée la bouche, qui va s’élargissant d’avant en arrière, et qui plus profondément présente de grandes cellules claires. Plus loin, on observe autour du canal intestinal une masse granuleuse de noyaux qui se prolongent sur le trajet de l’intestin. Enfin à la partie postérieure du corps se trouve l’anus. Comme l’épaisseur de l’intestin augmente toujawrs, les cellules intestinales grossissent aussi; elles sont plus grosses au voisinage de la peau. À la partie postérieure du corps se trouvent les organes génitaux. Chez la femelle, le conduit génital se prolonge jus-
Pig. 324. — Trichine enkystée.
Fig. 325. - Fibres musculaires avec des Kystes récents et anciens.
Le kjste de la Trichine musculaire est ovale, la trichine y est enroulée en spirale dans le sens de la longueur. Sous le microscope, le kyste qui n’a pas
TRICHINE
qu au premier tiers de la longueur totale et là, à la partie antérieure et par côté, l'issue.
du corps, se trouve
encore blanchi est transparent et laisse apercevoir le parasite. Les deux extrémités de 1 ovale sont mousses et occupées par une masse granuleuse sombre, qui donne à l’ensemble du kyste l’aspect d’un œil humain. Quand le phosphate de chaux augmente dans l’intérieur du kyste, ce dernier prend une teinte sombre et perd sa transparence. On trouve souvent autour du kyste des cellules adipeuses. Si l’on vient à placer un morceau de viande contenant des kystes opaques dans de l’acide acétique ou chlorhydrique modérément étendu, l’enveloppe calcaire se dissout et le kyste redevient hyalin.
La Trichine pourrait être reconnue à l’œil nu, si elle n’était pas trop transparente. Les capsules incrustées peuvent être aperçues à l’œil nu, à la simple lumière incidente, à cause de leui opacité.
Parmi les muscles que la Trichine recherche de préférence, il faut mentionner le diaphragme, les muscles de l’œil, de la nuque, de l’abdomen, de la région fessière. On peut regarder comme suffisants des essais microscopiques qui ne porteraient que sur les parties énumérées plus haut, et paiticulièrement sur les portions de muscles voisines des
tendons.
Pour chaque essai, on prend deux ou trois tranches minces, coupées dans le sens des fibres et dissociées à l’aide d’aiguilles. On les place à une certaine dis-
CORPUSCULES DE MIESCIIER. 243
tance l’une de l’autre sur un porte-objet épais et incolore, et on ajoute une goutte d’eau. Sur la prépaiation étalée avec soin, on dispose une autre porteobjet plus mince et on presse les deux lames l’une contre l’autre, de façon à réduire les tranches de viande en couches minces et transparentes. Pour éviter la fatigue qui résulte de la pression des doigts sur les deux lames, on peut se servir du compresseur de Hager.
L’examen doit être fait à un grossissement de 30, tout au plus de 60 diamètres. Les Trichines libres ou celles qui se trouvent dans les kystes encore transparents se montrent les unes dans la viande même, les autres dans le liquide qui baigne la préparation. Si l’on a affaire à des kystes durcis et opaques, on ajoute une goutte d’acide acétique et on replace de nouveau sous le microscope après une pression de quelques minutes. Si l’on trouve un ver suspect, on augmente le pouvoir grossissant jusqu à 100 ou 200 diamètres, pour mieux examiner la structure de l’objet vermiforme. La confusion peut avoir lieu avec des fibres musculaires contournées en spirale, avec des corpuscules de Miescher, ou des fibres textiles.
Corpuscules de Miescher ou de Rainey (, Synchy trium Miescherianum) . — Ce sont des éléments très communs dans les interstices des fibres mus-
culaires, et dans quelques autres régions du corps des animaux. Ils forment de vastes amas, analogues
Pig. 32G. — Corpuscules de Mieseher; eu haut et à droite ou aperçoit le Contenu granuleux répandu dans l’Interstice des Fibres musculaires. Gross. 30.
aux kystes de trichine , n’ayant toutefois qu’une ressemblance fort éloignée avec les contouib de ces kystes ou grains de ladrerie. Ces éléments
CORPUSCULES UE MIESCHER. 245 appartiennent au règne végétal . Le professeur Kühne se croit autorisé à les ranger parmi les Myxomy -
1 lg> 32T- Contenu d’un Corpuscule de Mieschcr rompu par Compression. (Très grossi.)
celes : leurs dimensions sont variables, leur coloration blanchâtre peut très bien les faire distinguer à 1 œil nu. La viande apparaît alors percée de nom-
breux trous et recouverte de stries grises et de couleur douteuse. Le plus souvent ces corpuscules sont formés d’une masse ovoïde ou sphérique, limitée par une membrane amorphe, pleine de granulations. Au microscope, ces grains ont une coloration plus foncée que les fibres de la viande. Quand la forme des corpuscules est elliptique, on peut les confondre avec les kystes de trichine. Une pression exercée sur le couvre-objet, rompt ces vésicules et en cbasse les granulations qui se répandent sur toutes les préparations.
Miescher découvrit ces éléments en 1843 dans la chair des souris. Quelques savants leur donnent le nom de vésicules psorospermiques , du nom de psovos'pevwies donné aux granulations qui s y trouvent. Ces granulations, sorties de la vésicule et soumises à un fort grossissement, prennent les formes que représentent les figures ci-contre. L usage de la viande infestée de ces corpuscules n’a produit jusqu’ici aucun effet nuisible; le goût même de la viande, n’offre rien de particulier.
Kystes hydatiques, Cysticerques, Taenia. — Les cysticerques se fixent dans 1 interstice des fibies musculaires, et forment des kystes hydatiques blanchâtres, translucides, plus ou moins cylindi iques, jeur grosseur ne variant qu’entre celle du giain de moutarde et celle du pois, ils sont visibles à l’œil nu.
CYSTICERQUES. 247
Les cysticerques sont enveloppés d’une capsule membraneuse blanche qui se confond avec les tissus voisins. On en
trouve dans la chair du porc, très souvent aussi dans celle du bœuf, de l’homme et de plusieurs autres animaux. Si l’on extrait le cysticerque de la vésicule qui l’enveloppe, et si on le porte dans l’eau chaude, la tête et le cou sortent peu à peu de la partie globuleuse du corps. Au
microscope, même à un faible grossissement, on aperçoit sur la tête quatre saillies, déprimées en leur milieu, ce sont des suçoirs; au-dessus et entre ces suçoirs se trouve une couronne de crochets de deux formes et de deux grosseurs différentes. Si le cysticerque atteint l’estomac de l’homme, ce qui arrive quand on faitusage de viande de porc et de bœuf ou de saucisson cru
Fig 331.
Couronne de Crochets du Tænia ordinaire. (Gross. 50.)
Fig. 328 à 330.
Kystes hydatiques. Tête du La Tête La Tête Cysticerque.
à l’In- en térieur. dehors.
ou de viande mal cuite, il se développe, et devient tænia. La tète se fixe sur les parois du tube intestinal, la vésicule du cysticerque tombe, et on voit alors apparaître des anneaux aplatis en forme de ruban, appelés proglottis, dont le nombre dépasse plusieurs centaines, ce qui donne au tænia une longueur totale de 3 mètres, quelquefois même davantage. La tête du tænia ordinaire ( Tænia solium)
a environ 1 millimètre de large : le cou qui lui fait suite a de 10 à 15 millimètres de long; les anneaux qui viennent après ont de 1 à 13 millimètres de long, et sont d’autant plus petits qu’ils sont plus près de la tête. La largeur suit la même progression, de 1 à 6 millimètres.
11 y a dans chacun des anneaux de cette chaîne des organes génitaux : ce sont les derniers anneaux qui sont chargés de l’élaboration des œufs. Les anneaux atteignent à la longue un certain degré de maturité ; ils sont alors pleins d’œufs et se détachent spontanément pour être expulsés au dehors, avec le contenu du tube digestif. Les œufs sortent des anneaux par une ouverture spéciale placée sur le bord. L’œuf de tænia
Fig. 332.
Cysticerque du Tænia mediocanellata trouvé dans la Viande de Bœuf. Ce Cysticerque a de 3 à 5 Millimètres de long.
CYSTICERQUES. 249
a de 0imn,02 à O11"11, 03 de diamètre. Le microscope nous le montre sous forme d’un corps brunâtre, sphérique ou ovale. Parvenu dans l’estomac et les voies digestives de l’homme, du cochon ou de tout
Fig. 333 à 335. — Tœnia solium. — k Tête vue de Côté (fortement grossie); g Proglottis avec l’Utérus et l’Ouverture des Organes sexuels (grossi); e Oeuf de Tœnia solium avec sa Membrane enveloppanteon aperçoit à l’Intérieur une Masse gélatineuse et un Noyau. ’
autre animal, cet œuf évolue rapidement. L’embryon échappe de son enveloppe sous forme d’une vésicule hyaline, sur laquelle ne tardent pas à apparaître 4 à 6 crochets disposés par paires ; il est alors prêt à entreprendre ses migrations et à constituer, en se fixant sur un point donné, un cysticerque. C’est
chez le porc que le c.ysticerque trouve le terrain le plus favorable à son développement . Quelques auteurs désignent le tænia solium sous le nom de Tænia cucurbitain . Chez les autres Tæniadés, on retrouve des modes de génération et de développement analogues. Pour rechercher le ver solitaire et particulièrement la tête de ce parasite, pour se renseigner sur la teneur de la viande en cysticerques, une
simple loupe suffit. Pour reconnaître la présence des œufs, un grossissement de 50 diamèlres est nécessaire.
Un entozoaire très commun chez les poissons , c’est leBothriocéphale large ( Bothriocephalus latus ) que l’on rencontre aussi très fréquemment chez l’homme dans certaines contrées, telles que les cantons occidentaux de la Suisse, les départements français limitrophes, la Russie, la Suède, la Pologne : il est plus rare en Allemagne. Il atteint 5 et 8 mètres et possède jusqu’à 3 et 4000 anneaux courts et larges. La longueur des anneaux ne va pas au delà de 3 à 5 millimètres. La largeur ne dépasse pas 12. Le corps est rubané, la tête, qui a 1 millimètre de largeur en-
Fig. 336.
Cysticerques dans la Viande de Porc, vus à la Loupe.
CYSTICERQUES.
viron, se termine en massue mince et large. Sur les bords sont implantés des suçoirs en forme de fente.
Une autre espèce de Bothriocéphale, le Botli. cordatus n’est pas moins commun chez l’homme et
Fig. 337 à 339.
Bothriocephalus laïus. — Je Tête ; g Proglottis (Grandeur naturelle); e un Oeuf fortement grossi.
Fig. 340 à 312.
Bothriocephalus cordatus. — h Tête vue de Face; kk Tête vue de Profil ; g Proglottis (grossi 3 fois).
chez le chien dans le nord du Groenland. On le trouve rarement sous une latitude plus basse. Ce Bothriocéphale se distingue surtout des précédents par la forme de la tête et de la partie antérieure du corps. La tête est courte, large, elle a la forme d’un cœur, et
est munie de ventouses plates. A la tête sont attachés les cucurbitains qui constituent le corps de l’animal.
Rotiféres. — Les, rôti fer es (. Rotatoria , Rôti fera) sont des infusoires microscopiques d’une organisation assez élevée, car plusieurs espèces présentent un appareil digestif, des organes sexuels hermaphrodites et des yeux. Leur queue se termine par deux ou trois prolongements; ils doivent leur nom à des organes spéciaux placés en avant du corps; ces organes en forme de roue , présentent des dentelures, ou sont munis de cils vihratiles, lesquels sont animés d’un mouvement continu, destiné à faire tournoyer les substances dont ils se nourrissent; de cette façon, l’organe lui-même a la forme d’une roue qui tourne. A l’aide de ces organes, ces animalcules introduisent dans leur tube intestinal des particules nutritives : d’un autre côté, les cils vibratiles servent en même temps d’appareils de locomotion, et impriment à ces infusoires aquatiques- un rapide mouvement. Les rotiféres se multiplient par des œufs.
Un infusoire très commun dans l’eau corrompue,
Fig. 313.
Lepadella o valût (grossie).
PHYLLOXERA. 253
est la Lepcideila ovalis que l’on voit fortement grossie, sur la figure ci-dessus.
Le Phylloxéra de la Vigne. — Le Phylloxéra vastatrix, insecte qui menace de détruire tous nos vignobles, a été importé en Europe sur des racines de plants américains. 11 a été trouvé, reconnu et décrit pour la première fois en 1868 dans la vallée inférieure du Rhône par le naturaliste Planchon. Ce parasite a totalement détruit plus du tiers des vignobles français. Il a fait également son apparition sur un grand nombre de points à la fois en Allemagne, en Autriche, en Angleterre, en Portugal, en Italie, partout introduit en général par des vignes américaines1. La vigueur et la résistance de ces plants expliquent les faibles ravages exercés par le Phylloxéra dans les vignes de l’Amérique.
Le Phylloxéra appartient à la classe des insectes et à l’ordre des hémiptères homoptères; il a beaucoup d’affinité avec les aphidiens, mais ne met pas au monde les jeunes vivants comme ces derniers. Il
1 Ou par des vignes d’Europe ïnfeete'es.
Fig. 344 à 347. — Phylloxéra aptère adulte (face ventrale) avec des Oeufs et un jeune âgé de 3 jours vu de dos (gross. 25).
dépose des œufs. Si l’on en croit les dernières recherches auxquelles il a donné lieu, il se présenterait à l’observateur sous plusieurs formes.
1° Comme insecte aptère, souterrain, attaquant en été les racines de la vigne. Avant d’avoir atteint cette phase de leur développement, les jeunes pas sent l’hiver dans les fentes, dans les rugosités des racines profondes, racines de la grosseur du doigt. Lorsqu’on enlève un fragment d’écorce, ils apparaissent sous forme de simples points jaunes, bruns ou olivâtres. En été, on les retrouve sous cette forme sur l’écorce des racines, en telle quantité que la racine semble recouverte d’une couche de poussière jaune.
Au printemps, les Phylloxéra changent leur peau brune pour une peau moins foncée, et gagnent alors les radicelles plus petites, où ils se fixent. Ils plongent leur trompe à trois soies dans le tissu cellulaire de la racine, sucent la sève et atteignent là leur plus grande dimension. Le puceron des racines adultes offre une couleur brun jaunâtre, il a 0imn,75 de long; on peut donc le distinguer très bien à l’aide d’une bonne loupe. Pendant la succion,
Fig. 348. — Jeune Phylloxéra avec sa Trompe enfoncée dans le Tissu cellulaire d’une Radicelle.
PHYLLOXERA
on voit sortir de la gaine qui renferme la trompe, trois dards minces et longs ; celui du milieu est le plus gros. L’insecte enfonce ces trois soies dans le tissu cellulaire de la racine, pour y puiser la sève. Tous ces pucerons sont femelles, et se reproduisent par parthénogenèse, c’est-à-dire qu’ils sont fécondés sans le concours d’aucun mâle. Ils pondent au lieu même où ils sont fixés 30 ou 40 œufs, de 0mm,24, qui sont d’abord
jaunes et devien- QgÉts A
nent bruns plus tard. Au bout de huit jours, les jeunes, de couleur jaunâtre, sortent de l’œuf et se mettent à marcher vivement jusqu’à ce qu’ils aient trouvé un endroit où enfoncer leur trompe. Quand ils ont vingt jours, ces jeunes pondent à leur tour. Cette multiplication se continue ainsi sans interruption pendant tout l’été.
D’après une nouvelle observation faite à Montpellier par M. Balbiani, il paraîtrait en octobre un puceron souterrain, possédant des suçoirs avortés. Ce puceron pondrait un seul œuf, appelé œuf d'hiver.
Fig. 349. — Renflements des Radicelles à la Suite des Piqûres du Phylloxéra (Grandeur naturelle).
Balbiani pense que c’est là une femelle, fécondée par un mâle qui n’a point encore été découvert.
2° L’insecte ailé. Le Dr Wittmack dit dans son Traité sur lephylloxera : « Quand les individus ap- « tères, qui sont jusqu’ici restés sous terre presque « constamment, se sont multipliés au printemps
« (0mm,8 à 0mm,9). leur tète est plus petite, la partie « thoracique plus nettement délimitée, le troisième « et dernier anneau des antennes est plus long. Les « nymphes se tiennent de préférence sur les racines « supérieures, quelquefois même sur le sol ou sous ce l’écorce du cep. Avant leur métamorphose, elles « changent de peau encore une fois et se transfor-
Fig. 350. — Phylloxéra ailé.
Gross. 20 Diamètres.
« et ont attaqué bon norn- « bre de racines, on voit « apparaître à la fin de « l’été(dèslemoisdejuinel « jusqu’en août en France, « en septembre et octobre « à Closternenbourg), on « voit apparaître, dis-je, « des individus pourvus de « fourreaux d’ailes, aux- « quels on a donné le nom « de Nymphes. Cesnym- « plies sont plus allongées « que les autres insectes
PHYLLOXERA
« ment en insectes ailés, pourvus de quatre longues « ailes transparentes, striées, minces, un peu plus « sombres sur les bords. Au repos, l’insecte ne « porte pas ses ailes verticales, comme les pucerons « ailés, mais horizontales, ce qui le fait ressembler, cc qu’on me passe l’expression, à un moucheron « élégant malgré son corps un peu épais.»
Ces Phylloxéras ailés s’élèvent toujours avant le coucher du soleil, voltigent autour de la cime des vignes. Ce sont des femelles qui déposent de 3 à 5 œufs de forme différente, sur les plus jeunes pousses de vigne, ou dans le duvet des bourgeons. Les plus gros d’entre ces œufs mesurent 0mm,4, les plus petits 0mm,26 de long b
‘Pour compléter l’histoire du cycle d’évolution du phylloxéra, il faut ajouter que des œufs pondus par les ailés sortent des insectes sans suçoir ni tube digestif, qui sont les uns mâles, les autres femelles. La femelle fécondée pond sur le bois de deux ans de la vigne ce que M. Balbiani a appelé l’œuf d’hiver, d’où sortira au printemps suivant le phylloxéra gallicole, c’est-à-dire celui qui, par sa piqûre, détermine sur les jeunes feuilles des galles phylloxériques. Consulter à cet égard le travail de M. Jules Lichtenstein, intitulé: Histoire du Phylloxéra , (1378), et dans lequel sont ingénieusement représentées, sous formé de tableau, les phases d’évolution souterraine ou aérienne de l’insecte.