‹ Le milieu buccal et son équilibre biologiqueChapitre 21 sur 21 · P'EQUILIBRE BIOLOGIQUE DU MILIEU BUCCAL · texte numérisé non relu

P'EQUILIBRE BIOLOGIQUE DU MILIEU BUCCAL

Bon nombre d’observateurs, frappés de l'intensité de l'attaque microbienne au niveau de la cavité bucco-pharyngée, se sont demandés pourquoi dans un milieu aussi septique, les plaies, les ulcérations, les fraumatismes buccaux s’infectaient si rarement, D'autre part, on s’est posé la question suivante : Pourquoi tous ces microbes qui, ailleurs, déchaîneraient une multitude de lésions, de maladies diverses, se comportaïient dans la bouche en simples parasites iroffensifs, malgré l'apport constant de nombre d'entre eux. « C’est, dit le Docteur Lebedinsky, qu'à l'état physiologique, il existe un équilibre biologique. » Et il continue : « Si on se rappelle que la vie n'est autre chose qu'une série d’actions ct de réactons, actions produites sur nos {ISsUSs, sur nos organes Par des agents mécaniques, physiques, chimiques et biologiques (actions microbiennes) ; réactions de notre Organisme produites par les microphages et les macrophages pour contrebalancer l'action des agents

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externes, on comprendra facilement que le maintien de l'équilibre entre les actions et les réactions constituera l’état physiologique, et que l’absence de cet équi- Ebre constituera l’état pathologique ou l’état apte à devenir pathologique (état d'aptitude morbide). L'état physiologique parfait n'existe pas, les êtres vivants en évolution permanente, leur vie n’étant qu’une adaptation continuelle aw milieu, lequel change aussi continuellement; les êtres vivants étant agités d’oscillätions réactionnelles continues, sont dans un état d'équilibre instable. Cet équilibre instable trouve son explication et sa cause dans les grandes lois de l’évolution d’après lesquelles l'être vivant se modifie avec les variations du milieu ambiant. La cavité buccale, ou plutôt le milieu buccal, subit les mêmes lois biologiques et pathologiques que l'organisme tout entier. Les rapports pathologiques de la cavité buccale avec l'organisme entier et les mêmes rapports de l’organisme avec la cavité buccale présentent un enchaînement de faits difficiles à expliquer sans connaissances approfondies de la pathologie générale et du milieu buccal en particulier, dans lequel se déroulent les différentes manifestations morbides. »

Mais qui dit équilibre dit état instable. Or, parmi les éléments du milieu buccal sujets à variations, nous avons les microbes et la salive.

Les microbes peuvent être influencés dans leur virulence, soit par une introduction massive, soit par une association, ou avec un autre microbe ou avec un parasite détournant à son profit le pouvoir bactéri-

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cide salivaire, soit alors que la salive diminue ou cesse son pouvoir défensif. |

La quantité et la qualité de la salive varient suivant les états de l'organisme, et d’une façon sensiblement constante suivant un état déterminé. Elle est diminuée nettement dans la fièvre typhoïde, un certain nombre de maladies de l'estomac, et elle est augmentée dans la mastication, les nausées précédant le vomissement, la suppression des règles, certaines affections des centres nerveux, des névroses, les douleurs dentaires, les mercuriaux, les iodiques, léther, le jaborandi. On constate aussi que lorsque la quantité de salive augmente, elle s’appauvrit en principes fixes. D'autre part, son chimisme peut s’augmenter de matériaux puisés dans la circulation : il en est ainsi de l’urée, dont la présence est insignifiante dans la salive normale, mais peut atteindre un chiffre très appréciable chez les brightiques. Chez les diabétiques on a rencontré du sucre (Lehmann, Pavy); d'autres, niant cette possibilité, ont trouvé de l’acétone (Mossler), de l'acide lactique (Lecorché). On a trouvé aussi des matières colorantes biliaires chez les malades atteints d’affections hépatiques. De même on retrouve certains médicaments après leur ingestion : le plomb (Pouchet, Binet, Hofmeister), le mercure (Bernasky, Gmelin, Gosselin), les iodures (CI. Bernard, Vulpian, Binet), les bromures, le phosphore (Rabuteau), les chlorates et azotates (Kühne), antimoine, etc. Enfin Michaels a montré la corrélation qui existe entre le

chimisme salivaire et les états diathésiques qui,

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la cavité buccale dans le diabète, dans l’albuminurie, dans l’arthritisme; comment expliquer les manifestations pathologiques de la cavité buccale dans les maladies infectieuses que, la rougeole, la variole, la scarlatine, la fièvre typhoïde, la grippe, comment expliquer les manifestations pathologiques de la cavité buccale dans les différentes intoxications : mercurielle, saturnine, phosphorique, et beaucoup d’autres, si ce n’est par l’absence .de l'équilibre biologique du milieu buccal ? Dans ces différents états morbides les rapports réciproques des éléments qui composent le milieu buccal ne sont plus en harmonie. Les perturbations générales de notre organisme ont modifié la qualité des éléments du milieu buccal. » Puis, passant à la seconde loi, il dit :

« L'équilibre général de tout notre organisme est en rapport direct avec l'équilibre biologique du milieu buccal. Que la balance de l'équilibre buecal penche d’un côté, l'équilibre général en souffrira, et cette absence d'équilibre se manifestera par différentes infections générales engendrées par des micro. organismes dont le point de départ est la cavité buccale. Comment expliquer, en effet, l'apparition . brusque des infections buccales, péribuecales et générales à évolution rapide, à marche cyclique ? Comment expliquer l’angine de Ludwig, l’érysipèle de la face, les amygdalites infectieuses, la pneumonie, l’'angine diphtérique, la scarlatine, la grippe et peutêtre beaucoup d’autres maladies infectieuses, si ce

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n'est par l’absence de l'équilibre biologique du milieu buccal ? »

« Certes, ajoute-t-il, il est difficile en l’état actuel d'expliquer Je mécanisme intime par lequel l’équilibre biologique du milieu buccal arrive à se rompre spontanément pour permettre tantôt au pneumocoque d’engendrer la pneumonie, au streptocoque “engendrer l’érysipèle… Il est encore plus difficile d'expliquer le mécanisme intime de l'infection rubéo- Jique, variolique, rhumatismale et de beaucoup d’autres infections générales dont les agents pathogènes demeurent encore inconnus et qui font peutêtre partie de la flore buccale. » ‘

Et nous adopterons comme conclusion, celle du travail du Docteur Lebedinsky :

« Tout ceci ne peut pas encore être résolu d’une façon définitive, Les recherches doivent être dirigées du côté des éléments qui composent le milieu: buccal e' sur les rapports réciproques de ces éléments. Nous ne doutons pas que les résultats des recherches ultérieures seront riches en applications pratiques et. qu'elles modifieront les conceptions actuelles sur la: pathologie infectieuse. »

Vu : Bou à imprimer : Vo et PERMIS d'imprimer : Le Président de Thèse, Le Recteur de l’Académie de Paris, GILBERT. LA PTE.

F \FE Le Doyen,

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