‹ Le million du père Raclot [microforme]Chapitre 3 sur 102 · RL RS TS · texte numérisé non relu

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verts, ou sur les “die de la prairie, ou sur les grands blés jaunes prêts à couper,

qui couvraient la plaine. Dans ces instants, à quoi pensait-il? Quel était son rêve ?

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Alors, il avait l'ambition louable et légitime de posséder quelques carrés de terre, afin de pouvoir un peu travailler pour lui tout en continuant de travailler pour les autres.

Comme tous les paysans, Mathurin Raclot aimait la terre et il avait l'amour de l'argent.

D'instinct, il était devenu usurier. Peutêtre ignorait-il que l’honnéteté et la loi défendent le prêt à usure; dans tous les cas, il pratiquait l'usure sans le moindre scrupule. Il trouvait cela tout naturel.

On savait qu'il avait des économies, et il arrivait assez souvent que des personnes dans l’embarras s’adressaient à lui pour emprunter.

Voici ce qui se passait.

— Quelle est la Somme dont vous avez besoin? demandait-il.

— Cinquante francs.

— À quelle époque pourrez-vous rembourser?

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— Dans six mois, quand j'aurai fait telle ou telle vente.

— C'est bien, je vais vous prêter les cinquante francs qu'il vous faut, et vous allez me faire un billet de soixante francs.

Il va sans dire que le taux usuraire était le même pour n'importe quelle somme prêtée.

Mathurin Raclot savait très bien, d’ailleurs, à qui il avait affaire. Quand il se trouvait en face d’une personne dont la solvabilité était douteuse ou qui aurait pu trouver ses exigences exorbitantes, il répondait nettement qu'il n'avait pas d'argent à prêter.

Il avait commencé son vilain métier d’usurier avec quelques jeunes gens dépensiers qui venaient de temps à autre lui emprunter dix francs ou même cinq francs, et qui lui rendaient au bout de deux ou trois mois, — c'était chose convenue, — douze francs pour dix francs, six francs pour cinq francs.

Mathurin n'avait pas eu de peine à

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