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— C'est vrai, mademoiselle ; mais ce n'eût pas été une raison; si j'eusse.été à Aubécourt, jour vous, mademoiselle, — et le notaire 29puya sur ces mots « pour VOUS », — j'aurais accompagné monsieur votre père à sa dernière demeure.
A ce propos, mademoiselle, j'ai eu le plaisir de voir, à Rosières, M. le général de Santenay, son fils et sa fille, qui sont de vos amis. C’est moi qui leur ai appris le décès de M. Raclot, et j'ai su hier, en arrivant, que MM. et M'* de Santenay étaont venus à Aubécourt pour assister aux obsèques de monsieur votre père.
— Ainsi, monsieur, répondit la jeune fille très émue, c'est à vous que je dois l'honneur que m'ont fait MM. et Mit de Santenay,'je vous remercie de tout mon cœur.
— Oh! mademoiselle !
— Je suis un: pauvre fille, monsieur, sans parents. n'ayant guère d'amis, et les marques de sympathie me sont chères.
— Mademoiselle, répliqua vivement le
2060 Le
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Million du père Raclot
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notaire, vous avez plus d'amis que vous ne le pensez, et moi-même...
— Encore une fois, merci, monsieur ; j'ai donc été bien mspirée en venant vous trouver.
— Si vous avez besoin de moi, made-
moiselle, je serai heureux de vous être agréable.
— Oui, monsieur, j'ai besoin de vous, et j'ai même beaucoup, beaucoup à vous demander.
— Pardon, mademoiselle, mais je dois
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vous dire que, n'étant pas le notaire de M. Raclot.…
— Ah! monsieur, interrompit la jeune fille, avez-vous donc déjà l'intention de vous récuser ?
— Non, certes; cependant.
— Monsieur, si je m'adresse à M. Rousselet, c'est que je ne veux pas m adresser à M. Bondoïis.
— Puis-je demander à M'° Raclot à quoi je suis redevable du choix dont elle m'honore ?
— Je viens à vous, monsieur, en toute confiance, parce que, successeur de M. Poncelet, vous n'avez pas voulu être le notaire de mon père.
— S'il en est ainsi, mademoiselle, je n'ai plus qu'à vous demander ce que je dois faire pour vous.
— Tout, monsieur, tout; ah! je vais ètre très exigeante.
— Soit, mademoiselle ; ce sera à moi de répondre à vos exigences et de me montrer digne de votre confiance.
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— Je suis une ignorante, monsieur, je n'entends absolument rien aux affaires.
— Je serai votre conseil.
— Sans doute, mais ce ne serait pas assez; c'est un mandat très étendu que je désire vous confier, monsieur, avec tout pouvoir d'agir en mon nom.
— Au mieux de vos intérêts.
— Au mieux des intérêts de la succession de mon père. Vous voulez bien accepter, n'est-ce pas?
— J'accepte, mademoiselle.
— Je ne connais pas l'importance de la fortune de mon père, monsieur, cependant j'ai entendu dire qu'il avait un million.
— Vous n'êtes pas exactement renseignée.
— Est-ce que vous connaissez, approximativement, bien entendu, la valeur de la succession ?
— Oui, mademoiselle.
— Eh bien, monsieur?
— Je ne crois pas être au-dessous de
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la vérité en vous disant que la fortune de M. Raclot peut étre évaluée à quinze cent mille francs, un million et demi.
— Oh! tant que cela! fit Marthe.
Dans sa pensée, ces paroles signifiaient :
« Que de victimes! »
— Vous ne vous trompez pas, monsieur ?
— Pas de beaucoup, mademoiselle.
— Pourtant, monsieur, comment pou- VEZ-VOUS Savoir +
— D'abord, par les actes de propriété qui sont dans mon étude, par ceux qui
existent chez mon confrère, M. Bondois, et, mieux encore, par la valeur réelle des biens successivement acquis par M. Raciot. En terres seulement, mademoiselle, la succession depasse un million; il nous reste à mettre en ligne de compte les valeurs mobilières, l'or et l'argent. Ici, je peux me tromper, car je n'ai pas fait l'inventaire du coffre-fort de M. Raclot; mais si j'établis mon calcul d’après les revenus annuels de monsieur votre père, — je