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notaire d'Aubécourt, il s'était enfin décidé à faire le voyage.
Et il avait dit, en hochant la tête :
— Si seulement c'était pour me rendre la moitié de l'héritage de ma sœur, dont ce gueux de Raclot m'a fait
— Je ne sais pas de quoi il s’agit, avait répondu le mystérieux visiteur; mais je peux vous apprendre, si vous l’ignorez, que ce Raclot dont vous parlez est mort il y a quelques mois.
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Le lendemain, les Bertrand s'étaient rassemblés et, comme nous l'avons dit, avaient tenu conseil.
La lettre de M° Rousselet adressée à M. Jules Bertrand, et l’invitant à se rendre à Aubécourt, sans autre explication, fut commentée de toutes les manières.
— Nous avons une petite cousine là-bas, dit Antoine Bertrand, et ce serait bien malheureux si elle avait un mauvais cœur comme son père; jusqu'à preuve du contraire, nous pouvons croire qu'elle s'est souvenue de nous, mon père ; elle est riche, la petite cousine, et elle doit savoir que nous sommes pauvres ; qui sait si ce n’est pas elle qui vous fait appeler par le notaire afin de vous voir et de vous donner quelque chose ?
— Mon frère a peut-être bien deviné, dit M“ Maigrot, et, en l’écoutant, une idée m'est venue.
— Quelle idée ? demanda Julie.
— Que ces cinq mille francs qui nous
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ont été donnés peuvent bien être un cadeau de notre petite cousine Raclot.
— Oui, oui, Julie a raison, dirent les ‘autres.
— C'est bon, conclut le vieux Bertrand, j'irai à Aubécourt et nous verrons bien.
Comme nous l’avons dit, le vieillard et sa petite-fille venaient de paraître sur la place qu’ils traversaient, se dirigeant vers la maison du notaire qu’on leur avait indiquée.
Soudain, un jeune clerc, envoyé par M. Rousselet, sortit de la maison et marcha à la rencontre du vieillard.
— Monsieur, dit-il, vous êtes sans doute monsieur Jules Bertrand ?
— Oui, monsieur, c’est moi, et cette petite qui m’accompagne est la fille de mon fils Antoine.
— Alors, monsieur et mademoiselle, veuillez me suivre, s’il vous plaît.
Le clerc leur fit traverser la salle de
‘ l'étude, où les clercs travaillent et reçoi-
RRRRARA AAA ARR ARR AAA ARR ARR RAR vent les clients, puis les introduisit dans le cabinet du notaire.
— Monsieur et mademoiselle, dit le jeune homme, vous serez mieux ici que
sur la place ; veuillez vous asseoir et vous reposer, en attendant M. Rousselet.
— Monsieur, demanda le vieillard, pouvez-vous me dire pourquoi M. Roûs-
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vous
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selet m'a fait venir de Paris à Aubécourt ?
— Jel'ignore, monsieur, mais M. Rous:
selet vous l’apprendra ‘bientôt; ayez un peu de patience.
Sur ces mots, le clerc sortit du cabinet.
A onze heures un quart, l'office terminé, les fidèles sortirent de l’église.
Il y avait, à ce moment, une centaine de personnes qui attendaient sur la place.
On vit M'® Raclot descendre les quatre marches de pierre qui forment une sorte de perron devant le portail de l'église.
Elle tenait son livre d'heures àla main, et son lourd chapelet, terminé par une croix de métal blanc, pendait à sa ceinture.
On la montra à ceux qui ne la connaissaient pas.
— Voilà la fille de Mathurin Raclot,
disait-on.
— Ah! vraiment, c'est elle!
— Elle est singulièrement habillée.
— C'est la robe des novices de la congrégation des Dominicaines.
— Il y a aujourd'hui beaucoup de