ACTE CINQUIÈME
MIGHLL.
Ah ! ça, mais... je les attire aujourd'hui, les millions !
CROGHARD.
Pourquoi ?
MICHEL
Pour rien. Mon vieux Ghàp, les millions ça me connaît, et décidément, ça ne veut pas de moi... Remportez votre argent, moi, je garde Béatrice !
BÉATRICE
Mon Michel!...
Elle se jette dans ses bras.
CROGHARD.
Ça, c'est de l'amour I Et pour montrer que je suis beau joueur, je donne tout de même le million.
II tend le billet de loterie à Michel. MICHEL.
Non?...
CROGHARD.
C'est le dot de mameselle Béatrice.
MICHEL, confondu.
Ohl monsieur... (Prenant le billet.) Un chèque... il me donne un chèque?... (y jetant les yeux.) 27.009... C'est effrayant... je ne peux plus jeter les yeux sur un bout de papier, sans y voir ce chiffre...
BÉATRICE
Mais vous ne vous trompez pas, Michel. C'est le billet!
MICHEL
C'est le billet!... (indiquant Crochard.) Mais alors, monsieur?...
CROGHARD, reprenant son accent naturel.
Thomas Grochard, pour vous servir.
MICHEL
L'apache?... (sautant à son cou.) Ah! toi!... Tiens!...
GROCHARD.
Hé, là I
Ah! j'ai déjà vu des honnêtes gens! mais comme vous... Ecoutez Grochard... j'avais promis cinq cent mille francs à celui qui rapporterait le veston... je tiendrai parole...
GROCHARD.
Non, non! Le veston je l'ai rapporté, et je le garde, en souvenir de la môme... Mais les cinq cent mille francs, j'en veux pas.
BÉATRICE
Gomment, Monsieur Grochard ; mais ça vous permettrait de vous retirer des affraires...
MICHEL
De renoncer à toutes vos sales besognes...
GROCHARD.
Justement!