ACTE PREMIER
GROGHARD,
Chez qui suis-je ici ?
BÉATRICE
Chez le peintre Michel Bouflette.
GROGHARD.
Bien. La police est sur mes talons. Fillette, cache-moi...
Il s'élance vers la porte de droite.
BÉATRICE
Il y a du monde par là! (Crochard s'arrête.) Prenez l'escalier...
CROCHARD
Non. Il y a de la rousse en bas. Rousse en haut,
rousse en bas... Je suis bloqué! (Regardant par la fenêtre.) Ça y est... V'ià -mon flic!... Oh! nom de... Un veston! Filiette... passe- moi un veston!
BÉATRICE) l'aidant à mettre le veston de travail de Michel.
Voilà!...
Merci. Campe toi sur l'estrade à présent... et pose...
Vivement il a placé sur le chevalet une toile représentant des fleurs. Il a saisi la palette et regardant Béatrice, qui prend une pose, il feint de peindre avec attention. BÉATRICE, sur l'estrade.
Je comprends ! On va fiche la police dedans! c'est très drôle !
BENJAMIN» passant sa tête à travers la baie vitrée.
Pardon... excuse...
GROGHARD.
Eh bien quoi?... Eh bien quoi?... En voilà une façon d'entrer chez les gens'
BENJAMIN
C'est la mienne. Et d'abord, qui que vous êtes?
GROGHARD.
Michel Bouflette...
BENJAMIN
Eh bien, Michel Bouflette... que vous n'auriez pas entr'aperçu un cambrioleur de taille moyenne?
GROGHARD.
Un cambrioleur de taille moyenne...
BENJAMIN
Doué d'une chemise multicolore.
Ouij oui... Nous l'avons entr'aperçu. •
GROGHARD.
Il a traversé l'atelier comme une trombe, il a ouvert la porte, et il s'est engouffré dans l'escalier.
BENJAMIN, se tordant de rire.
L'imbécile I Nous le tenons... Il y a toute une escouade en bas !
GROGHARD, entre ses dents.
Qu'est-ce que je disais?
BENJAMIN
Merci du renseignement, monsieur Michel Bouflette.
GROGHARD.
Je ne vous reconduis pas, monsieur l'agent .. Vous voyez, je suis en plein travail.
BENJAMIN, redescendant.
Quéque chose qui m'étonne, c'est que vous regardez madame, et que vous reproduisez des fleurs!