ACTE DEUXIÈME
MICHEL
Merci. Tout à l'heure, un homme était là, à qui Grochard a vendu mon veston...
GHAMPAUBERT, avec éclat.
On a vendu le veston?
Ouil
GHAMPAUBERT.
Nous sommes perdus!
LA BÉGOTTERIE, étonné.
Ah?
MICHEL
J'ai couru derrière cet homme, mais j'ai tout de suite perdu sa trace...
LA BÉGOTTERIE.
Je me rappelle... Hélas! Je n'ai fait que l'apercevoir, cet homme... Avant d'exposer à Grochard le but de sa visite, il a paru désirer que je sortisse, et je suis sorti. Une quarantaine d'années, l'accent italien...
MICHEL
Oui, j'ai remarqué l'accent italien...
GHAMPAUBERT.
Et tu es sûr qu'il a emporté le veston ?
MICHEL
Devant moi... il l'a emporté devant moi...
GHAMPAUBERT.
Et tu l'as laissé faire?
MICHEL
Il avait à la main an paquet ficelé. Je ne supposais pas que ce fut le veston...
CHAMPAUBERT
Ah ! c'est trop fort!
LA BÉGOTTERIE.
Je vous demande pardon, messieurs, de me mêler de vos affaires, mais ce mystérieux veston n'appartient donc pas à Grochard ?
MICHEL
Il est à moi!
GHAMPAUBERT.
Il est à nous!
MICHEL
Et ce que je ne m'explique pas bien, c'est pourquoi ce maudit italien l'a payé 200 francs.
GHAMPAUBERT.
Deux cents francs?... C'est clair... il sait ce qu'il y a dedans!
LA BÉGOTTERIE.
Il y a quelque chose dedans ?
MICHEL
Non, il n'y a rien !
GHAMPAUBERT, avec force.
Rient
Messieurs, vous manquez de confiance, vous avez tort... car je me ressouviens qu'un objet que je possède, peut nous mettre sur la piste de l'Italien.
MICHEL
Quel objet ?
LA BÉGOTTERIE.
Ah! VOS confidences d'abord, les miennes ensuite!